27 août 2013

refus + délégation = acceptation?

Classé dans : actualité,homme & femme,res publica,Valeurs — hervele @ 19 h 38 min

On a beaucoup parlé de liberté de conscience ces derniers temps. Celle des maires, des élus face à des lois moralement critiquables comme l’est la loi Taubira. Mais toute liberté de conscience qui s’oppose doit prouver qu’elle est directement moralement impliquée par les conséquences de la loi. On peut très bien argumenter qu’un mariage homosexuel (et surtout tout ce qui s’ensuit) cause un tort direct au maire. Mais mon point est que le fait de déléguer la célébration d’un mariage à un autre employé municipal, c’est admettre, in fine, que ledit mariage ne dérangeait pas tant que cela l’impétrant puisqu’il se fera quand même sous un autre stylo!

Or n’oublions pas que toute signature déléguée a même valeur que l’originale, et engage de la même façon. Car quelle différence entre un maire et son remplaçant? Le maire est responsable de tout ce qui se passe dans sa commune. S’il délègue, c’est qu’il cautionne. Point final. Si le maire veut manifester réellement son opposition, il refuse la délégation et s’expose au pénal, c’est cela le vrai courage. Car déléguer, c’est se défiler, ou c’est espérer tranquillement qu’éventuellement tous les autres s’y opposeront aussi et on aura juste bloqué le schmilblick sans que l’un ou l’autre soit tout à fait responsable… Du joli quoi! *

Prenons l’exemple d’un catholique qui refuserait un poste de méchant trader parce que le job est immoral: à votre avis qui prendra sa place? Un autre gentil catholique? Perdu: un type sans foi ni loi, il y a fort à parier, my dear. Ainsi de nombreuses personnes bien intentionnées épargnent leur conscience en n’assumant aucune responsabilité. Non, il faut faire le sale boulot soi-même, et il faut surtout le faire moins salement qu’un autre, là seulement on pourra être fier de soi. La droite se plaint que les étudiants journalistes aient tous voté hollande au 2è tour**? eh bien ils n’ont qu’à faire faire à leurs enfants des études de journalisme!

Les expériences de Milgram sur la psychologie sociale montrent qu’il est facile de se décharger de sa responsabilité sur quelqu’un d’autre, et que la conscience est très douée pour se dédouaner dès lors que ce n’est plus moi qui appuie sur la détente.

Hervé Legourvière (HerveLE)

 

* je ne blâme pas les maires, au contraire. Au salaire de misère auquel ils sont payés, je comprends qu’ils rechignent à prendre des risques pénaux! Quant on voit nos ministres, grassement payés mais responsables de rien…

** ce qui, au passage, rend caduque la confidentialité du vote! lol

13 août 2013

Si vous ne digérez pas les principes, prenez une dose de pragmatisme!

Classé dans : actualité,homme & femme,pensées,res publica,Valeurs — hervele @ 0 h 32 min

Parcourant le métro londonien, j’arrêtai mon regard sur la plaque fixée sous la tirette d’arrêt d’urgence. M’attendant à y voir la sèche mention d’un article de loi en punissant l’usage abusif et le rappel à la règle (qu’il est toujours tentant de défier), quelle ne fut pas ma surprise en découvrant un petit texte sympathique expliquant qu’en cas de malaise il est tout à fait contre-productif d’utiliser ce dispositif parce que les secours mettraient trois fois plus de temps à arriver au beau milieu d’un tunnel qu’à la prochaine station…

Exemple insignifiant, mais absolument symptomatique du gouffre qui existe entre l’état d’esprit anglais et français au regard de la règle commune, minuscule coin de rame de métro où était symbolisé le précepte qui avait vraisemblablement porté la culture anglo-saxonne à la première place des nations depuis 3 siècles.

Le formidable ouvrage De La Démocratie en Amérique vante les mérites d’une jeune nation qui a toujours su se donner comme règle l’utilité d’une action pour la société plutôt que sa moralité. Ou alors, l’utilité avec la moralité comme effet collatéral, comme « bonus ». Mais si presque toujours les deux vont de conserve, l’utilité mène plus surement au but recherché et le principe, quoique plus noble, manque souvent sa cible*. L’idée n’est même pas anglaise et c’est notre bon Montaigne qui l’a énoncée au XVIè siècle: « Quand, pour sa droicture, je ne suyvray pas le droict chemin, je le suyvray pour avoir trouve, par expérience, qu’au bout du compte c’est communément le plus heureux et le plus utile.» Tocqueville enfonce le clou: « Je doute que les hommes fussent plus vertueux dans les siècles aristocratiques que dans les autres, mais il est certain qu’on y parlait sans cesse des beautés de la vertu; ils n’étudiaient qu’en secret par quel côté elle est utile. (…) Aux États-Unis, on ne dit presque point que la vertu est belle. On soutient qu’elle est utile, et on le prouve tous les jours. » Il est inutile de tirer l’arrêt d’urgence, alors effectivement… personne ne s’amuse à le faire comme chez nous!

Le français dans sa grande noblesse n’a jamais daigné vendre son âme au « pragmatisme » – pouah – et y a toujours préféré l’idéal plus difficile de la vertu.

Où est-ce que je veux en venir et quelle application au débat politique?

Eh bien je dis que depuis mai 68, nous avons abandonné la vertu mais paradoxalement, de façon assez pitoyable, on n’a jamais autant hurlé au respect des principes républicains. Les principes républicains, ils sont inscrits au dessus de tous nos édifices. Hélas, il faudrait qu’un jour ils en descendent pour aller s’appliquer dans nos lois: quel principe intangible est encore respecté par l’État? Quelle autorité publique ne recule pas désormais devant l’émotion médiatique? Ne surtout pas choquer, mais la lâcheté, c’est justement quand on ne veut froisser personne et qu’on finit par tout détruire! Quand plus aucun politicien n’a le courage de démissionner après un désaveu public, quand la justice s’émeut et ne prononce que pour ménager les sensibilités et les intentions de votes communautaires, quand la laïcité se marchande comme une monnaie d’échange pour calmer un temps des revendications, quand le deux poids deux mesures et le clientélisme sont le diapason de l’action socialiste… il est temps de nous tourner vers nos ennemis jurés pour prendre une bonne leçon de pragmatisme! Et j’en suis le premier désolé, moi qui militait dans un précédent billet pour des lois affranchies du compromis, des principes clairs et intangibles…

Pourtant, dans l’affaire du voile islamique qui nous intéresse aujourd’hui, ce ne sont pas les idées qui manquent: il eut été facile de faire passer la pilule avec l’utilité de la sécurité intérieure: dissimulation = interdiction (pas de cagoules pendant les manifestations, pas de masques de Mickey pendant les braquages, pas de vitres teintées sur les voitures, pas de voile dans l’espace public**). Il eut été possible, quoique plus cocasse, d’interdire pour l’hygiène, le problème du manque de vitamine D, les risques accrus de noyades, la sécurité routières des piétons, l’absence de bandes réfléchissantes la nuit, que sais-je encore! Ça, c’est le pragmatisme, ça apaise, ça permet d’avancer, mais ça ne marche pas chez nous…

Hervé Legourvière (HerveLE)

 

*Plus loin: « L’intérêt bien entendu est une doctrine peu haute, mais claire et sûre. Elle ne cherche pas à atteindre de grands objets; mais elle atteint sans trop d’efforts tous ceux auxquels elle vise. Comme elle est à la portée de toutes les intelligences, chacun la saisit aisément et la retient sans peine. S’accommodant merveilleusement aux faiblesses des hommes, elle obtient facilement un grand empire, et il ne lui est point difficile de le conserver, parce qu’elle retourne l’intérêt personnel contre lui-même et se sert, pour diriger les passions, de l’aiguillon qui les excite. La doctrine de l’intérêt bien entendu ne produit pas de grands dévouements; mais elle suggère chaque jour de petits sacrifices; à elle seule, elle ne saurait faire un homme vertueux; mais elle forme une multitude de citoyens, réglés, tempérants, modérés, prévoyants, maîtres d’eux-mêmes; et, si elle ne conduit pas directement à la vertu par la volonté, elle en rapproche insensiblement par les habitudes. Si la doctrine de l’intérêt bien entendu venait à dominer entièrement le monde moral, les vertus extraordinaires seraient sans doute plus rares. Mais je pense aussi qu’alors les grossières dépravations seraient moins communes. La doctrine de l’intérêt bien entendu empêche peut-être quelques hommes de monter fort au-dessus du niveau ordinaire de l’humanité; mais un grand nombre d’autres qui tombaient au-dessous la rencontrent et s’y retiennent. Considérez quelques individus, elle les abaisse. Envisagez l’espèce, elle l’élève. »

**il ne s’agit aucunement d’une comparaison, juste une énumération…

 

16 juillet 2013

OGM, embryon humain… avec quel crayon tracer la limite?

Classé dans : actualité,pensées,Valeurs — hervele @ 22 h 19 min

Qu’est-ce qui peut bien pousser les parlementaires de gauche, le même jour à interdire les recherches sur les OGM et à autoriser celles sur l’embryon humain? J’avais déjà dénoncé sur ce site la contradiction des positions écologistes sur ces deux questions. Bien sûr, on n’en est pas encore à faire des OGM humains, mais la ligne est franchie et je ne vois pas de raison suffisante de s’arrêter en un point précis entre les deux rives que sont le moratoire complet sur nos embryons et en face le bidouillage généralisé du matériau humain.

La loi est ainsi faite qu’elle a besoin de tracer des limites entre des notions, et lorsque ces limites sont difficiles à établir elle fait toujours mieux de les tracer de façon exagérée trop d’un côté ou de l’autre, plutôt que de les tracer arbitrairement au milieu, car au milieu point de haut-fond où jeter l’ancre.

Ainsi en est-il, exemple frappant, du droit d’avorter établi, de façon totalement arbitraire à 14 (ou 22 pour l’IMG) semaines maximum (est-ce issu d’un compromis entre deux lobbies?), parce que voyez-vous, il ne se passe rien de spécial à 14 ou 22 semaines. Ce délai étant régulièrement prolongé, un peu comme pour le tunnel sous la manche on voit venir le jour inéluctable où il rejoindra le moment où la médecine arrive à faire naître des bébés prématurés (aujourd’hui c’est 21 semaines)… situation étrange où un bébé serait viable mais on aurait droit de vie et de mort dessus?… Aussi la loi gagnerait à grossir le trait, et à déclarer tout avortement* illégal ou bien tout avortement autorisé jusqu’à la naissance (aucun jugement de ma part ici sur lequel serait bon ou mauvais). Mais là encore, qu’y a-t-il de si différent entre une minute avant la naissance et une minute après? Rien, au fond, si ce n’est les 30cm qui séparent l’utérus de la sortie! **

Il en est ainsi de la loi sur la fin de vie (quelle distinction entre laisser mourir et arrêter d’alimenter…), de la loi sur les OGM (un OGM « naturel » est-il un OGM?), la GPA plus ou moins permise, la limite de 2 mois pour l’application réelle d’une peine de prison, le cannabis (pénalisé, mais toléré ans les salles spéciales) etc. de tout un tas de lois… Rien n’est plus frustrant que le flou législatif, le fameux « interdit-autorisé » qu’il crée autour de lui, parce que l’ancre est mal arrimée au fond et le flot fait balloter le navire. Assumer nos choix sociétaux et scientifiques, ne pas laisser nos voisins, la conjoncture, les cas particuliers ou les modes passagères de la population perturber ces choix par des frontières légales mal bâties, des principes clairs bafoués au prix du compromis.

Mais avant toute chose, pour qu’une loi soit solide, il faut que les mots qui la composent le soient aussi. Le mot « sociétal » qui  n’existait pas en 1958, au moment de l’écriture de la Constitution, a pourtant été utilisé par Hollande pour justifier l’impossibilité d’un référendum sur le mariage. Un mot, rien qu’un petit mot, dont le sens est flou, peut sceller un choix majeur de civilisation.

Or  « Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté«  a dit Confucius. Phrase à méditer plus que jamais.

 

Hervé Legourvière (HerveLE)

* hors vie de la mère en danger par exemple qui constitue un cas très clair.

** Et si j’étais vraiment cynique, je rajouterais que la prochaine limite claire que j’aperçois, la prochaine terre ferme à l’horizon, c’est le moment où l’enfant acquière la conscience de lui-même et par là même la caractéristique fondamentale de l’espèce humaine. Donc il serait presque plus logique d’autoriser l’avortement jusqu’aux 3 ans de l’enfant qu’à sa naissance… allons bon!

Nouvelle Marianne: merci google image mot clé « blonde »

Classé dans : actualité,parodie,res publica,Valeurs — hervele @ 12 h 08 min

Pardon d’avance d’ajouter une énième réaction au brouhaha qui a suivi l’annonce du nouveau timbre Marianne.

Le visuel ICI (je ne mets pas d’image sur le blog).

sur l’analyse graphique (uniquement) de la Marianne, je recommande cet article du nouvel observateur pertinent et critique.

Quant à la démarche du dessinateur, totalement militante, qui consiste à associer plus ou moins officiellement notre symbole national à une femen,  certains rétorquent que c’est seulement « inspiré de ».. mais bon pour pondre une telle image tout droit sortie d’un manga, avait-il besoin de s’inspirer précisément de cette femme , et le même résultat n’eut-il pas été obtenu en tapant « blonde » sur Google image?

Et notre devise nationale en sortirait grandie?!

Quid de la liberté, quand ces femmes demandent la suppression des religions?

Quid de l’égalité, quand conduites au poste pour des violences physiques, elles s’en tirent avec un simple contrôle d’identité?

Quid de la fraternité, quand elles disent à ceux qui ne sont pas d’accord d’aller « lécher leur cul »?

D’autres voix s’élèvent, celles qui sont là habituellement pour nous rappeler que ce n’est jamais un tout petit dixième de degré de plus dans la casserole de la grenouille qui va la faire cuire, ces voix pour minimiser l’évènement, « ce n’est qu’un timbre », « plus personne n’envoie de lettre », etc. Au demeurant, il y a plus de gens qui utiliseront ce timbre que de gens possédant un drapeau français, et pourtant l’outrage au drapeau est puni de prison, alors je ne sais pas… (cela est dans la droite ligne de notre président posant devant un drapeau français à l’envers = les symboles on s’en fiche pas mal)

La réaction de l’intéressée vient couronner le tout d’une couche de vulgarité et de haine religieuse, mais elle peut se le permettre à présent qu’elle est logée-blanchie par la République!

J’aurais aimé, en ces temps troublés où la politique est chahutée (ou cahu-tée ?) et minée par de bas intérêts particuliers, qu’au moins un signal positif puisse nous rappeler la noblesse de nos symboles nationaux. C’est raté…

Hervé Legourvière(HerveLE)

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Mes arguments pour un jour férié par semaine, au hasard: le dimanche. 

 

 

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