27 février 2014

un peu, beaucoup, à la folie!

Classé dans : actualité — hervele @ 10 h 38 min

François Hollande étant en difficulté sur le plan économique, il devient pour le PS plus qu’urgent de satisfaire les clients électeurs en marquant son territoire par diverses productions législatives (je n’irai pas plus loin dans la comparaison canine) qui pourraient faire partie de la liste suivante et auraient comme point commun d’acheter du symbolique à peu de frais et de nuire un maximum à la partie du peuple français que la gauche perdu tout espoir de convaincre un jour.

Cette partie du peuple peut regrouper, de façon plus ou moins complète, les catégories sociales suivantes: catholiques, retraités, propriétaires fonciers, familles traditionnelles, militaires, agriculteurs, expatriés, professions libérales, et bien sûr les riches. Jeu: deviner le point commun entre eux!  C’est facile, au demeurant, ce sont tous des gens qui liraient ces mesures en pensant « oulala qu’est-ce qui nous tombe encore dessus » au lieu de « enfin un progrès vers une vraie société moderne ».

Je fournis donc, et à vocation de compléter l’un de mes précédents billets qui traitait surtout d’égalité homme-femme (voir ici), quelques idées à la gauche, d’une part parce que quand elles arrivent au compte-goutte on a du mal à se faire une idée du tableau entier, et d’autre part pour le plaisir de faire des pronostics, même s’il m’en coûte, et enfin, pour contrecarrer une mauvaise habitude de ce gouvernement consistant à ne jamais aller jusqu’au bout de ses logiques (sans doute pour ne pas effrayer la population).

main cachée poker PS

Qui veut vraiment le socialisme à l’état pur?

 

INSTITUTIONS

- Transformer la devine nationale en « Egalité – Fraternité – Liberté »

- pénaliser la critique de l’Europe et de l’euro

- Créer un « comité indépendant* d’évaluation républicain« , chargé de juger si tel ou tel parti est républicain ou non. *indépendant… du pouvoir peuple, bien entendu.

- inscrire dans notre constitution que la France est un pays multiculturel

- supprimer la francophonie

 

EDUCATION

- interdiction de l’éducation à la maison

- suppression des écoles libres, des grandes écoles

- remplacement du baccalauréat par un « entretien de fin d’études secondaires »

- interdiction de la fessée aux enfants, sur le modèle norvégien (qui ne marche plus)

 

FISCALITÉ – ECONOMIE

- abrogation des déductions fiscales pour dons aux associations non agréées par l’état

- la confiscation des stocks d’or des particuliers

- la saisie de 10% de l’épargne sur les comptes bancaires

- la suppression du quotient familial

- la déclaration de toutes les transactions en liquide entre particuliers et la création d’une TVA sur la revente d’objets d’occation (le site Leboncoin.fr étant un ennemi de la croissance)

- le prélèvement de l’impôt à la source

- l’interdiction d’héberger gratuitement quelqu’un (pas de loyer)

- proportionner au revenu toutes les taxes et redevances fixes, ainsi que tous les services publics (eau, tranports, soins, etc.)

 

EN VRAC

- Rendre la télévision obligatoire dans chaque foyer.

- l’interdiction de la propagande hétérosexuelle.

- le suicide assisté pour toute personne le demandant ou étant en incapacité de le demander.

- interdiction de travailler après 60 ans et du travail bénévole (je suis en retard!)

- interdiction de la chasse, du scoutisme.

- Cultes: interdiction de faire sonner les cloches des Eglises et obligation d’accepter de célébrer des mariages religieux homosexuels (avec possibilité de dérogation exceptionnelle pour certaines religions)

 

C’est là un premier jet, et je ferai évoluer la liste au gré de mes réflexions. Je ne suis pas le premier à faire ce genre d’exercice, si cela vous plaît je vous recommande la bande dessinée « SOS Bonheur » qui est un régal de dystopie.

Hervé.

17 octobre 2013

Hurlez ou mourez: voici la politique-arbitre

Classé dans : actualité,pensées,res publica,Valeurs — hervele @ 17 h 17 min

Notre démocratie est-elle devenue un nid d’oisillons hurlant pour leur pitance, leurs droits, leurs « bisous » ? Nous assistons, presque impuissants, à une évolution dangereuse qui avait pourtant été prédite il y a plus de 150 ans par Tocqueville. Analyse.

Hurlez ou mourez: voici la politique-arbitre dans actualité oisillons_an-150x150

Un nid avec des oisillons qui s’égosillent à qui mieux mieux. Ceux qui hurlent, les oisillons obèses, obtiennent la bouillie de leur maman, et poussent les autres par dessus bord ou les laissent dépérir misérablement…Voici la vision qui me vient à l’esprit lorsque je pense au fonctionnement de notre démocratie.

Partout, des groupes se lèvent pour réclamer de nouveaux droits. Les oisillons se font plus véhéments… Parfois ils en redemandent sans même avoir faim, des droits per se, en collectionneur compulsif. Attention! La somme des droits des individus, en démocratie, loin d’un champ sans limites est tout au plus un jardin clos de murs qu’il faut, comme le brownie, partager. Tout nouveau droit s’acquiert au détriment d’un autre, comme le droit au logement vient grignoter le droit de propriété, et comme le droit au mariage gay grignote le droit des enfants à un père et une mère.

Droit contre droit, lobby contre lobby, voila l’étendue des vains combats à venir dont la société américaine nous montre un avant-goût. L’avènement d’une telle société, judiciarisée au maximum, nous usera en frottements inutiles et en division des uns contre les autres, divisions dont se délecteront les politiques et les médias avides de bonnes aubaines électorales et de manichéisme facile. Une société diabolique, dans son sens étymologique de « celui qui divise« .

Garant historique de l’abolition du droit du plus fort, ainsi que le proclamait Rousseau dans son Contrat Social, l’Etat socialiste (car les précédents gouvernements l’étaient aussi) vient entériner un nouveau droit du plus fort dans celui qui sera le plus « revendicatif ». Régression démocratique inédite qui institue le citoyen lambda a-communautaire comme le nouveau « serf » de la société, celui qui n’a plus que des dîmes à payer et des devoirs aux droits atrophiés par les autres oisillons. Le français d’origine, mâle, blanc, hétérosexuel, petit employé non syndiqué de zone rurale est le nouveau maillon faible. Ou la femme seuleavec ses enfants, au physique quelconque et dans pauvreté: elle n’a l’oreille de personne. Les derniers servis, les sans-voix sont ceux qui ne sont pas encore nés, générations futures victimes du relativisme qui se font carrément évacuer leur œuf du nid, sont plus méprisées chaque jour: retraites à payer, dette à éponger… Ne dit-on pas pourtant que le degré de civilisation se mesure à la façon dont une société traite ses plus faibles?

Ouvrez un dictionnaire des blagues d’il y a vingt ans. Combien d’entre elles oseriez-vous faire en public devant un micro sans au préalable avoir appelé un bon avocat pour qu’il vous dise si vous avez le droit de rire de telle ou telle groupe social.

L’exemple le plus frappant est sans doute tiré de l’homosexualité. Il n’y avait jamais eu, jusqu’à date récente, de « communauté gay » constituée. Il n’existait pas, en face, de mot pour désigner un couple homme-femme, c’était juste… un couple normal. Contre cette normalité au sens pourtant statistique de « majorité numéraire », les homosexuels regroupés en communauté « discriminée » par les moqueries potaches (et un certain nombre de passages à l’acte plus graves dont il serait salutaire d’analyser la psychologie, phobie ou  peur, la peur étant l’incompréhension qui vient de l’absence de communication), incertaine embarcation qu’il a fallu flanquer d’une bouée « bi » et d’une bouée « trans », de déclarer un jour: « vous autres les couples normaux, vous êtes en fait des « hétérosexuels« ! PAF! Et que je te communautarise d’un coup de novlangue! L’objectif d’abattre la norme: atteint. Voire même un peu trop atteint et ça, ils ne l’avaient pas calculé: en supprimant la « norme », le père quoi, vous vous retrouvez à présent avec un frère…. rival et ennemi juré: une autre communauté, les hétérosexuels, qui se découvre elle aussi revendicatrice et, bien plus nombreuse dans les manifestations, donc dangereuse! Une communauté trop revendicatrice en fabrique une opposée par réaction.

De même les féministes, qui demandent la parité, risquent de se voir bientôt refuser les professions où elles étaient naturellement majoritaires! Les immigrés, se sont créé un ennemi dans le peuple plus ou moins imaginaire des « français de souche »; les blondes victimes de « stéréotypes », entraînent les roux dans leur sillage victimes eux de roucisme (terme officialisé), les syndicats refusant le travail du dimanche se voient contester leur domination par les salariés eux-mêmes, qui à leur tour se mettent à dos les artisans, forcés d’ouverture le dimanche sous peine de faillite, les clubs de foots qui font des pieds et des « mains » (pour une fois qu’ils peuvent lol) pour échapper à la taxe à 75%… Chacun se constituant en association, des pigeons, poussins, ou autres tondus rassemblent à présent les professions libérales contre les professions garanties. Que fait l’Etat? Il discute avec le premier arrivé, cherche à éviter le moussage médiatique, pis fait machine arrière toute lorsque arrive le second… Couac couac.

« J’entends ceux qui manifestent, mais j’entends aussi ceux qui ne manifestent pas«  assénait Villepin au moment du CPE. Phrase ô combien prophétique et à la fois déjà dépassée par la facilité déconcertante avec laquelle on crée maintenant un groupe facebook de 10000 personnes. Jadis, on entendait surtout ceux qui disaient « NON », maintenant c’est tout le monde, et voila une belle cacophonie ma foi! Une petite voix timide, sourde, disparaît dans le brouhaha, celle de l’intérêt général, qu’on serait d’ailleurs bien en peine de définir dans un micro-trottoir. Oui, car le « droit à » est devenu le dernier supermarché où l’on peut encore faire ses courses lorsqu’on a perdu tout pouvoir d’achat et tout projet commun. Frédérik Hayek l’avait prophétisé il y a un demi-siècle: voir ici.

Or il est gênant pour le pouvoir en place de découvrir que chaque citoyen a vocation à appartenir à plusieurs groupes constitués (par exemple: un médecin, homosexuel, automobiliste, parent d’élève, et catholique). En faisant cette constatation, le pouvoir découvre une nouvelle source de mécontentement profond et de baisse de popularité: un parti politique verra ses seuls soutiens indéfectibles dans ceux des citoyens dont toutes les appartenances sont « satisfaites » par le programme. On comprend vite, dès lors, qu’en élevant 0,5 à la puissance nn étant le nombre d’appartenances, on tend rapidement vers zéro.

Multiplication des communautarismes en lieu et place de la confiance en l’intérêt général 

impopularité et défiance croissante envers le politique

L’homme politique en est réduit à l’impopularité d’un arbitre de match de foot

…réduit à des bains de foule derrière une grille ou une voiture blindée

La voie de sortie est délicate devant un tel emballement: le retour à la réalité risque d’être violent pour un citoyen « drogué » à se voir acheté par des « bisous », comme dirait un célèbre bloggeur… Je prescris donc une cure de recul médiatique sur le fil d’actualité, une leçon d’apprentissage à dire « non » aux lobbies, une cuillère de patriotisme, et une séance de reprise en main de notre souveraineté qui nous échappe. Véritables OVNIs du paysage, sachons écouter ces deux ou trois hommes politiques qui n’ont jamais retourné leur veste depuis 30 ans et dont les médias ne parlent plus parce qu’ils disent justement toujours la même chose… ils pourraient, ceux-là, détenir une parcelle de cette sagesse perdue, de ce Graal de l’intérêt général aujourd’hui dévoyé.

Hervé Legourvière. Vous aimerez également mes autres billets :

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Mes arguments pour un jour férié par semaine, au hasard: le dimanche. 

30 septembre 2013

repos dominical

Classé dans : actualité,économie,res publica — hervele @ 23 h 13 min

Repos!

Il y a les libéraux, qui ne supportent pas qu’on empêche les gens de bonne volonté de travailler et qu’on se prive d’un surplus de croissance…

Il y a les anticléricaux, qui ne supportent pas que la loi française célèbre encore d’une certaine façon le jour du Seigneur..

Il y a les syndicalistes, qui ne supportent pas que les salariés passent des accords avec les patrons sans les consulter…

Parmi toutes ces voix assourdissantes, essayons de philosopher un peu sur ce méchant dimanche.

Primo, ne pas voir dans ce débat l’un des éternels combats entre la liberté et l’égalité serait passer à côté d’une mise en perspective intéressante. Liberté contre égalité, une lutte en filigrane de notre histoire moderne, on l’a vu dans les débats récente: liberté d’éduquer ses enfants librement contre égalité de l’éducation nationale. Liberté de se marier avec qui l’on veut contre égalité de tous les enfants, etc. Mais accroître l’égalité au prix de la liberté, c’est risquer de voir la liberté se venger un jour où l’autre, faire coucou par la fenêtre en disant: regarde, vous étiez plus égaux quand j’étais là… à ce sujet voir l’échec cuisant d’une mesure égalitaire phare: le CV anonyme a montré qu’il accentuait la discrimination entre candidats qui n’étaient plus jugés… que sur leurs fautes d’orthographe, facteur N°1 de distinction entre classes!

Qu’a à voir ce débat avec l’égalité? L’égalité entre les entrepreneurs, pardi. Et la liberté de ceux qui veulent se reposer le dimanche mais qui risquent bien d’être discriminés par un mécanisme très proche de la théorie des jeux puisque de deux commerces qui fermaient le dimanche, celui qui décide d’ouvrir mangera une énorme part de clientèle à l’autre, l’obligeant également à ouvrir sous peine de faillite. Au final, par contagion de proche en proche les commerçants travailleront à leur insu plus de jours pour un « gâteau » qui restera à peu près le même. On appelle cela une « lose-lose situation« .

Les économistes, les libéraux ont beau jeu de montrer l’efficacité sur l’emploi (ici), la consommation, la croissance. Mais quel est le prix social de cette croissance? Je pensais naïvement que l’état cherchait à rendre ses citoyens plus heureux et plus intelligents, non, il cherche à les faire consommer plus. Hélas, je ne pense pas qu’on ait jamais prouvé l’existence d’un lien entre consommation et bonheur individuel, à part dans les spots publicitaires. Voltaire, fervent athée, ne dédaignait pas la religion quand elle lui servait: « Il est à propos que le peuple soit guidé, et non pas qu’il soit instruit » et voyait en elle, comme chez certains révolutionnaires établis, un facteur d’ordre social au service des possédants dont il faisait partie. En lieu et place de religion, chanceux que nous sommes, nous avons le pouvoir d’achat! Et quelle divinité avide! Mais qu’a-t-on gagné, en somme, à troquer la messe du dimanche matin contre l’aller-retour au centre commercial?

Car entendons-nous bien, qui-est-ce qui demande à ce que l’on travaille le dimanche? Chez Sephora, ce sont les salariés avides d’un surplus de rémunération qui nous répètent à l’envi qu’ils y gagnent car « le dimanche est payé 50% de plus que les autres jours! » Il faut être stupide pour ne pas s’imaginer qu’une généralisation du travail le dimanche en fera un jour payé… comme les autres! Savez-vous ce qui me choque? Ce n’est pas qu’on refuse à des gens de travailler le dimanche. C’est c’est que notre économie soit tellement dévastée qu’on en arrive à devoir travailler le dimanche pour faire vivre sa famille convenablement. Alors que nous avons tout, je dis bien tout pour être un pays prospère et indépendant, nous nous sommes muselés et déplorons plaintivement cette situation… voulue. Voila pourquoi en Allemagne, il n’y a même pas débat…

Il est des arguments économiques, globalement pour le dimanche, et des arguments non-économiques globalement contre. Gardons toutefois en tête que ne plus laisser le consommateur oisif chez lui une seule journée, l’empêcher de réfléchir, de lire, de s’instruire, bref de se rendre compte qu’il peut être heureux autrement qu’en consommant, c’est aussi le but rêvé du capitalisme, un capitalisme d’asservissement qui emprunte à George Orwell. Et que dire du progrès social, ces luttes acharnées qui nous ont fait gagner petit à petit des jours de vacances, des horaires moins pénibles que ceux de nos pères? Est-ce le signal d’une prochaine machine-arrière? Non, nous ne sommes pas que des animaux en quête perpétuelle de pitance, et tant pis s’il nous en coûte 0,2 point de PIB!

Or on s’imagine bien que les magasins prêts à ouvrir le dimanche le feront aux mêmes horaires que les musées, les monuments, les bibliothèques… L’économie marchande rentrera en concurrence avec l’économie culturelle. Je vous laisse deviner laquelle gagnera. Mesure-t-on ce genre d’effet collatéral lorsqu’on avance des chiffres prometteurs?

C’est l’utilité contre la vertu en quelque sorte (voir mon autre billet sur cette question posée par Tocqueville). Peut-on concilier les deux? Sans doute, posez-vous la question suivante: que mangez-vous en famille le dimanche midi? Un gigot? Et croyez-vous que le bouchez qui vous vend le gigot pourrait maintenir sa boutique si vous passiez votre dimanche au centre commercial?

Hervé Legourvière (HerveLE)

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27 août 2013

refus + délégation = acceptation?

Classé dans : actualité,homme & femme,res publica,Valeurs — hervele @ 19 h 38 min

On a beaucoup parlé de liberté de conscience ces derniers temps. Celle des maires, des élus face à des lois moralement critiquables comme l’est la loi Taubira. Mais toute liberté de conscience qui s’oppose doit prouver qu’elle est directement moralement impliquée par les conséquences de la loi. On peut très bien argumenter qu’un mariage homosexuel (et surtout tout ce qui s’ensuit) cause un tort direct au maire. Mais mon point est que le fait de déléguer la célébration d’un mariage à un autre employé municipal, c’est admettre, in fine, que ledit mariage ne dérangeait pas tant que cela l’impétrant puisqu’il se fera quand même sous un autre stylo!

Or n’oublions pas que toute signature déléguée a même valeur que l’originale, et engage de la même façon. Car quelle différence entre un maire et son remplaçant? Le maire est responsable de tout ce qui se passe dans sa commune. S’il délègue, c’est qu’il cautionne. Point final. Si le maire veut manifester réellement son opposition, il refuse la délégation et s’expose au pénal, c’est cela le vrai courage. Car déléguer, c’est se défiler, ou c’est espérer tranquillement qu’éventuellement tous les autres s’y opposeront aussi et on aura juste bloqué le schmilblick sans que l’un ou l’autre soit tout à fait responsable… Du joli quoi! *

Prenons l’exemple d’un catholique qui refuserait un poste de méchant trader parce que le job est immoral: à votre avis qui prendra sa place? Un autre gentil catholique? Perdu: un type sans foi ni loi, il y a fort à parier, my dear. Ainsi de nombreuses personnes bien intentionnées épargnent leur conscience en n’assumant aucune responsabilité. Non, il faut faire le sale boulot soi-même, et il faut surtout le faire moins salement qu’un autre, là seulement on pourra être fier de soi. La droite se plaint que les étudiants journalistes aient tous voté hollande au 2è tour**? eh bien ils n’ont qu’à faire faire à leurs enfants des études de journalisme!

Les expériences de Milgram sur la psychologie sociale montrent qu’il est facile de se décharger de sa responsabilité sur quelqu’un d’autre, et que la conscience est très douée pour se dédouaner dès lors que ce n’est plus moi qui appuie sur la détente.

Hervé Legourvière (HerveLE)

 

* je ne blâme pas les maires, au contraire. Au salaire de misère auquel ils sont payés, je comprends qu’ils rechignent à prendre des risques pénaux! Quant on voit nos ministres, grassement payés mais responsables de rien…

** ce qui, au passage, rend caduque la confidentialité du vote! lol

6 août 2013

Ce que l’affaire Haziza montre des mauvais réflexes de la gauche…

Classé dans : actualité,res publica — hervele @ 1 h 47 min

L’actualité de la buzzosphère nous a fourni sur un plateau d’argent un véritable cas d’école de l’idéologie PS. Je me pince encore pour savoir si je ne rêve pas, mais non. L’affaire Haziza – Ayoub – Filippetti, deuxième prise:

Les faits sont les suivants: un type A diffuse une pétition demandant le licenciement d’un journaliste-présentateur B, sous prétexte que son travail de journaliste est militant et contraire à la déontologie du métier. La démarche est inédite, mais pourquoi pas. Tout se serait arrêté là si A n’était pas un blogueur influent d’extrême droite et si B n’était pas un journaliste en faveur de la cause israélienne. On comprend dès lors que rien qu’avec ces deux informations, on a l’huile, le jaune d’œuf et la crémière dans le même sac.

Mais ce n’est que le début. Les réactions de la gauche ont été de trois sortes (et de trois sortes exclusivement) à savoir:

1°) Une condamnation unanime de la pétition parce qu’elle a déclenché une avalanche (véridique!) de commentaires injurieux et antisémites.

2°) Une condamnation unanime de la pétition elle-même comme étant antisémite et nauséabonde.

3°) Des messages de soutien nombreux provenant d’élus et de ministres du gouvernement.

Donc je récapitule. Primo, il est rassurant de savoir que la France est un pays paisible qui coule des jours heureux et prospères puisque des ministres en vacances se sont dérangés pour une affaire aussi dérisoire qu’un échauffement des réseaux sociaux sur une pétition de 1500 signataires (une rame de métro, en somme).

Deuxio, il est intéressant de noter que toute critique du travail d’une personne, à partir du moment où elle est juive et de gauche, devient nécessairement antisémite aux yeux du PS (qui, au passage, n’a de cesse de dénoncer les attaques ad hominem mais se lâche en toute impunité pour l’occasion…)

Tertio, il faut bien remarquer que toute action qui aurait pour effet collatéral d’occasionner des débordements est condamnable. Méditez une seconde: cela revient à dire que l’acte, par exemple, de construire une maison richement meublée vous rendrait automatiquement complice et coupable du cambriolage qui pourrait vous arriver rien que parce que vous avez « tenté » et « favorisé » des actes délictueux. (On a vu ce type de raisonnement lors des manif pour tous dont les participants se sont tous soudain transformés en violents homophobes)

Enfin, l’apothéose nous fut donnée quelques jours plus tard par la réaction de la ministre de la culture. Cette dame publie (ou fait publier) un tweet de soutien au journaliste bourré de fautes d’orthographes*, bref prise en flagrant délit notre belle fait la pirouette et dénie toute responsabilité qu’elle rejette habilement sur d’hypothétiques collaborateurs.  Nous sommes donc là en plein syndrome CAHUZAC: « il y a eu cafouillage, on n’a pas été informé, c’était des lois du précédent quinquennat, c’est la canicule, la faute à Sarkozy, et puis même si c’est grave c’est justement l’occasion de s’améliorer c’est génial! » Tout, mais pas responsables. En ce qui me concerne, je suis heureux: j’ai enfin trouvé un travail où on est payé gros sans avoir aucune responsabilité, je vais être ministre de gauche.

Pour conclure, dans toute cette affaire qui est au final une affaire de critique des dérives du journalisme, jamais – je dis bien JAMAIS – une seule réaction de la gauche n’est venue pour soutenir et défendre, sur le fond, le TRAVAIL du fameux employé de France Télévision. Au lieu de cela, l’écran de fumée de la dénonciation et de la discrimination a été déployé à grand renforts de moyens et d’argent du contribuable.

Dormez tranquilles, citoyens!

Hervé Legourvière (HerveLE)

 

* La question de la délégation des comptes tweeter officiel est un autre sujet… la question de la transformation de la politique en communication-spectacle en est un autre encore…

 

 

1 août 2013

La nature à la rescousse de l’impôt

Classé dans : économie,res publica — hervele @ 0 h 09 min

Hausse, progression, accroissement, élévation, augmentation, la langue française regorge de mots pour décrire le sort actuel de l’impôt en France. Il faut que les riches paient, alors parlons un peu des riches et de la façon de les faire « payer »: les deux voies royales étant les droits de succession et l’ISF (« incitation à sortir de France » en est l’acronyme ironique). Mon but ici est de prouver qu’il est possible de remplacer ces deux méchants impôts contre-productifs par un mécanisme neutre et tout aussi efficace. En guise d’introduction je rappelle ici les quatre caractéristiques d’un bon impôt:

1°) assiette large 2°) taux faible 3°) simplicité 4°) (moralité, cette dernière étant plus « subjective »)

Comme vous, j’ai passé de nombreuses soirées à discuter avec des amis de la légitimité de pouvoir transmettre à ses enfants une partie plus ou moins grosse des fruits de son travail. Or ces réflexions qui rythment notre existence ne sont pas étrangères à son but même: transmettre, laisser une trace, avoir un meilleur sort que celui de ses parents, n’est-ce pas, justement, le fil rouge de notre passage sur Terre? Voilà bien un sujet « Rousseauiste » où précisément l’intérêt particulier peut diverger fortement de l’intérêt général, comme on peut à la fois vouloir payer moins mais accepter que tout le monde paie plus…

Premièrement y-t-’il contradiction entre la recherche d’égalité des chances et la possibilité d’hériter d’un certain patrimoine? Comme d’habitude, étudions d’abord les extrêmes et poussons le raisonnement aux limites. Si l’État vous permet d’hériter d’un patrimoine très, très supérieur à ce qu’un français moyen pourra jamais économiser, alors que vous n’avez rien foutu de votre vie, là oui c’est vilain. Inversement, si l’État vous empêche de léguer à vos enfants ne serait-ce que le disque vinyle préféré de votre vieille mère, là aussi c’est vilain. C’est donc qu’il y a un juste milieu, chouette encore un problème de curseur!

Sur un plan de principe, j’entends parfaitement les voix qui réclament la fin d’un impôt sur la « mort », et sur des sommes déjà imposées une, parfois deux fois! D’aucuns argumentent sur le côté profondément immoral d’un impôt qui ne vous touche que si vous avez économisé sagement toute votre vie mais vous épargne si vous avez tout claqué sans vous soucier de vos enfants… Aussi je fais les propositions suivantes:

1°) Ne pas taxer* les héritages dans la limite de ce qu’une personne travaillant au salaire minimum parvient à économiser en toute une vie (à moduler selon le nombre d’enfants, conjoints, etc.).

2°) Au delà de ce « plancher », proportionner le montant qu’on peut recevoir à la richesse qu’on a réussi à accumuler de nos propres mains, comme par exemple taxer peu les sommes jusqu’à 50% de votre patrimoine** , et beaucoup au delà. Ce qui permet à quelqu’un qui le veut vraiment de conserver la « demeure familiale ».

3°) Permettre à l’héritage de « sauter une génération » car la durée de vie s’allongeant inexorablement, on en vient aujourd’hui à ne profiter du coup de pouce de nos parents qu’à notre retraite, c’est-à-dire quand on a enfin remboursé l’emprunt mais qu’on vient de se casser le col du fémur. Bref, créer une puissante incitation pour que les gens épargnent pour leurs enfants.

En somme, si le but (louable) est de récupérer (i.e. faire circuler) l’argent des très riches, j’ai beaucoup mieux à proposer: faites-leur faire des gosses! La fécondité a souvent tendance à être inversement proportionnelle aux revenus, c’est malheureux. Rien de plus efficace pour diviser un patrimoine que de le répartir entre les enfants. L’état se payant sur la circulation des biens (= le « frottement » économique, tout ce qui bouge laisse des miettes à l’état), il s’y retrouvera forcément d’une façon ou d’une autre (ex. lors de la revente des biens héhéhé). Avec des patrimoines divisés donc plus modestes, le risque d’évasion fiscale ou d’expatriation, au demeurant, est considérablement réduit, pour preuve il suffit de comparer les barèmes d’imposition de nos voisins pour déchanter assez vite sur leur taux d’imposition des classes moyennes supérieures… Il n’y a que pour les millionnaires que c’est intéressant.

Même l’histoire nous l’explique on ne peut plus clairement lorsque par exemple l’héritage de Charlemagne fut dramatiquement séparé entre ses trois fils condamnant la France à oublier ses velléités de domination européenne pour un moment.

Pourquoi inciter les riches à faire des enfants? Parce qu’en général, ils ont les moyens de les éduquer, de les cultiver au mieux, et que c’est bénéfique pour la société dans son ensemble. Ne vous en déplaise, les enfants des riches vont dans des écoles privées, coutent moins en assistantes sociales, en gardiens de prisons, sont moins au chômage, ont une meilleure santé, cotisent plus et plus longtemps, créent plus d’entreprises, etc. Bref même si vous ne les aimez pas, les riches font baisser vos impôts. Du coup, je fais entièrement confiance à l’État pour imaginer tout un tas de dispositifs conditionnels en ce sens, c’est son boulot. Or jusqu’à présent, il a de façon absolument stupide encouragé les riches à avoir le moins d’enfants possible pour échapper à la division du patrimoine, tout en les rendant malheureux par des taux d’imposition staliniens tandis que la filiation les rendrait au contraire heureux de voir leur biens divisés: heureux dans leur malheur, on ne pouvait rêver mieux et c’est la nature qui l’a fait (cf. cette magnifique théorie du gène égoïste)! Donc Haro sur les riches célibataires, et subventions à gogo pour les familles nombreuses millionnaires***, qui ne le resteront de toute façon pas très longtemps!

Reste à savoir si le gouvernement socialiste verra d’un bon œil cette prolifération de futurs électeurs de droite potentiels… mais on leur fait confiance pour le lavage de cerveau!

Hervé Legourvière (HerveLE)

 

*Non, ce n’est pas un cadeau gratuit. Franchement, l’État a bien d’autres moyens de récupérer intelligemment des sous que celui-là…

**En retirant of course les apports d’autres sources: autres héritages éventuels, euro-millions, etc.

*** familles nombreuses stables, de préférence, mais je traiterai de cela dans un prochain billet.

16 juillet 2013

OGM, embryon humain… avec quel crayon tracer la limite?

Classé dans : actualité,pensées,Valeurs — hervele @ 22 h 19 min

Qu’est-ce qui peut bien pousser les parlementaires de gauche, le même jour à interdire les recherches sur les OGM et à autoriser celles sur l’embryon humain? J’avais déjà dénoncé sur ce site la contradiction des positions écologistes sur ces deux questions. Bien sûr, on n’en est pas encore à faire des OGM humains, mais la ligne est franchie et je ne vois pas de raison suffisante de s’arrêter en un point précis entre les deux rives que sont le moratoire complet sur nos embryons et en face le bidouillage généralisé du matériau humain.

La loi est ainsi faite qu’elle a besoin de tracer des limites entre des notions, et lorsque ces limites sont difficiles à établir elle fait toujours mieux de les tracer de façon exagérée trop d’un côté ou de l’autre, plutôt que de les tracer arbitrairement au milieu, car au milieu point de haut-fond où jeter l’ancre.

Ainsi en est-il, exemple frappant, du droit d’avorter établi, de façon totalement arbitraire à 14 (ou 22 pour l’IMG) semaines maximum (est-ce issu d’un compromis entre deux lobbies?), parce que voyez-vous, il ne se passe rien de spécial à 14 ou 22 semaines. Ce délai étant régulièrement prolongé, un peu comme pour le tunnel sous la manche on voit venir le jour inéluctable où il rejoindra le moment où la médecine arrive à faire naître des bébés prématurés (aujourd’hui c’est 21 semaines)… situation étrange où un bébé serait viable mais on aurait droit de vie et de mort dessus?… Aussi la loi gagnerait à grossir le trait, et à déclarer tout avortement* illégal ou bien tout avortement autorisé jusqu’à la naissance (aucun jugement de ma part ici sur lequel serait bon ou mauvais). Mais là encore, qu’y a-t-il de si différent entre une minute avant la naissance et une minute après? Rien, au fond, si ce n’est les 30cm qui séparent l’utérus de la sortie! **

Il en est ainsi de la loi sur la fin de vie (quelle distinction entre laisser mourir et arrêter d’alimenter…), de la loi sur les OGM (un OGM « naturel » est-il un OGM?), la GPA plus ou moins permise, la limite de 2 mois pour l’application réelle d’une peine de prison, le cannabis (pénalisé, mais toléré ans les salles spéciales) etc. de tout un tas de lois… Rien n’est plus frustrant que le flou législatif, le fameux « interdit-autorisé » qu’il crée autour de lui, parce que l’ancre est mal arrimée au fond et le flot fait balloter le navire. Assumer nos choix sociétaux et scientifiques, ne pas laisser nos voisins, la conjoncture, les cas particuliers ou les modes passagères de la population perturber ces choix par des frontières légales mal bâties, des principes clairs bafoués au prix du compromis.

Mais avant toute chose, pour qu’une loi soit solide, il faut que les mots qui la composent le soient aussi. Le mot « sociétal » qui  n’existait pas en 1958, au moment de l’écriture de la Constitution, a pourtant été utilisé par Hollande pour justifier l’impossibilité d’un référendum sur le mariage. Un mot, rien qu’un petit mot, dont le sens est flou, peut sceller un choix majeur de civilisation.

Or  « Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté«  a dit Confucius. Phrase à méditer plus que jamais.

 

Hervé Legourvière (HerveLE)

* hors vie de la mère en danger par exemple qui constitue un cas très clair.

** Et si j’étais vraiment cynique, je rajouterais que la prochaine limite claire que j’aperçois, la prochaine terre ferme à l’horizon, c’est le moment où l’enfant acquière la conscience de lui-même et par là même la caractéristique fondamentale de l’espèce humaine. Donc il serait presque plus logique d’autoriser l’avortement jusqu’aux 3 ans de l’enfant qu’à sa naissance… allons bon!

Nouvelle Marianne: merci google image mot clé « blonde »

Classé dans : actualité,parodie,res publica,Valeurs — hervele @ 12 h 08 min

Pardon d’avance d’ajouter une énième réaction au brouhaha qui a suivi l’annonce du nouveau timbre Marianne.

Le visuel ICI (je ne mets pas d’image sur le blog).

sur l’analyse graphique (uniquement) de la Marianne, je recommande cet article du nouvel observateur pertinent et critique.

Quant à la démarche du dessinateur, totalement militante, qui consiste à associer plus ou moins officiellement notre symbole national à une femen,  certains rétorquent que c’est seulement « inspiré de ».. mais bon pour pondre une telle image tout droit sortie d’un manga, avait-il besoin de s’inspirer précisément de cette femme , et le même résultat n’eut-il pas été obtenu en tapant « blonde » sur Google image?

Et notre devise nationale en sortirait grandie?!

Quid de la liberté, quand ces femmes demandent la suppression des religions?

Quid de l’égalité, quand conduites au poste pour des violences physiques, elles s’en tirent avec un simple contrôle d’identité?

Quid de la fraternité, quand elles disent à ceux qui ne sont pas d’accord d’aller « lécher leur cul »?

D’autres voix s’élèvent, celles qui sont là habituellement pour nous rappeler que ce n’est jamais un tout petit dixième de degré de plus dans la casserole de la grenouille qui va la faire cuire, ces voix pour minimiser l’évènement, « ce n’est qu’un timbre », « plus personne n’envoie de lettre », etc. Au demeurant, il y a plus de gens qui utiliseront ce timbre que de gens possédant un drapeau français, et pourtant l’outrage au drapeau est puni de prison, alors je ne sais pas… (cela est dans la droite ligne de notre président posant devant un drapeau français à l’envers = les symboles on s’en fiche pas mal)

La réaction de l’intéressée vient couronner le tout d’une couche de vulgarité et de haine religieuse, mais elle peut se le permettre à présent qu’elle est logée-blanchie par la République!

J’aurais aimé, en ces temps troublés où la politique est chahutée (ou cahu-tée ?) et minée par de bas intérêts particuliers, qu’au moins un signal positif puisse nous rappeler la noblesse de nos symboles nationaux. C’est raté…

Hervé Legourvière(HerveLE)

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Mes arguments pour un jour férié par semaine, au hasard: le dimanche. 

 

 

4 juillet 2013

Comment le gouvernement est en passe de juguler totalement l’immigration

Classé dans : parodie,res publica — hervele @ 3 h 37 min

Face aux chiffres de l’immigration en hausse chaque année ou presque, le gouvernement socialiste répugne à utiliser la manière forte et à taper du poing sur la table, sans doute de peur de se faire mal à la main. Et puis ça n’est pas dans ses gènes d’expulser, de reconduire, de contrôler…

A tous ceux qui continuent de dire que le PS ne fait rien et précipite l’apocalypse, eh bien je m’inscris en faux: le PS a bel et bien une stratégie qui vaut ce qu’elle vaut, la voici en exclusivité:

Il faut s’attaquer à la cause du problème, la cause du problème, d’après les principales chaines de télévision nationales, est que les immigrés viennent chez nous par amour de la France et de sa grandeur, pour le rêve républicain et les valeurs de démocratie qu’il garantit aux opprimés. Supprimons ces vains oripeaux, et plus personne ne voudra venir chez nous! Moralité: a commencé depuis 1 an un sérieux travail de sape en profondeur de notre nation, de notre histoire, de notre prestige, les notions de liberté d’aller et de venir sans être mis en garde à vue ne sont plus qu’un vague souvenir… Bref, toute la politique de gauche qui SEMBLE être une catastrophe pour notre beau pays n’est EN FAIT qu’un astucieux STRATAGÈME secret pour mieux tromper les milliers de migrants prêts sinon à nager vers leurs allocations notre étendard. Mais ils ne l’avoueront jamais, sinon ça ne serait plus un stratagème secret.

CQFD.

 Herve Legourvière (HerveLE)

3 juillet 2013

Que se passerait-il si tout le monde avait son bac+5?

Classé dans : économie,pensées — hervele @ 18 h 47 min

Les meilleurs élèves du lycée obtenaient parfois un 21/20 grâce à la question « bonus ». Fair enough! Cette pratique alors anecdotique a été érigée en règle dans l’épreuve du baccalauréat aujourd’hui et les circulaires internes demandent aux correcteurs de noter non plus sur 20, mais sur 24, cela fait quand même une hausse de plus de 15%. Cela n’a pas l’air de trop choquer les gens, et pourtant. Et pourtant… c’est ce qu’on appelle en économie, sans tourner autour du pot, une dévaluation en bonne et due forme. Tu as une note de 18? Pas de chance, elle n’en vaut plus que 15 maintenant… La dévaluation en économie est efficace (Chine, Suède…), elle renchérit le cout de la denrée étrangère, et rend plus compétitive à l’export (elle n’est bien entendu efficace que si les voisins ne font pas la même chose!). Nos étudiants titulaires du nouveau « bac » seraient-ils plus compétitifs? Hélas rien d’équivalent dans le domaine humain… Il est regrettable que la France pratique sans vergogne la dévaluation éducative, vouée à l’échec, et ne l’envisage pas dans le domaine monétaire où cela serait salutaire. Ce qu’on constate, et d’une façon générale dans des domaines aussi divers que l’éducation, la culture, l’intégration des minorités, le déficit des comptes publics, et j’en passe, c’est un abandon généralisé de nos niveaux d’exigence.

Dévaluation éducative égal plus de diplômes et d’années d’études pour quoi?

La hausse continuelle des taux de réussite au bac, le nombre croissant des étudiants faisant des études supérieures toujours plus longues pour au final mendier un stage devrait inciter tout observateur possédant 2 bras,  2 jambes et un cerveau à se poser certaines questions prudentes:

1°) Est-il vrai que notre société a besoin de personnes toujours plus qualifiées? Pourtant cela fait un bout de temps que la structure de notre économie est stable (avec une désindustrialisation en fond de tableau mais passons)

2°) A quoi sont censées servir toutes ces années d’études supplémentaires?A qualifier les gens dans un domaine toujours plus précis, ou au contraire à leur donner une culture générale la plus large possible, c’est-à-dire les « élever intellectuellement » pour qu’ils soient de meilleurs citoyens?

3°) En quoi un système d’il y a 40 ans (où le bac était une garantie suffisante sur votre CV pour vous faire embaucher dans n’importe quelle boite du CAC40 sur-le-champ), est-il forcément inférieur à un système où on vous traine d’entretien en entretien pour finir par vous avouer qu’un type avec un double master génie des procédés-philosophie, la pratique d’une 4è langue et président d’un club de dégustation de vin vous a finalement damé le pion? (et sous-question 2: En quoi l’argument des gens qui me traitent de « réactionnaire nostalgique d’une époque révolue » est-il pertinent?)

4°) Si tout le monde doit faire des études supérieures, alors pourquoi ne pourrait-on pas tout simplement mettre le bac après le master? (article intéressant à ce sujet trouvé ici sur le rôle du bac)

5°) On dit toujours que le travail est ce qu’il y a de plus formateur… non?

6°) Accepter un travail sous-qualifié ne crée-t-il pas un mal-être, un manque de valorisation voire une dépression? (sisi)

7°) Qui est censé assumer la charge toujours croissante d’un enfant à la maison pendant X années supplémentaires à l’heure où les solidarités générationnelles disparaissent et où même les parents sont touchés par la crise?

8°) Alors qu’on sait très bien qu’une économie a besoin de main d’œuvre peu qualifiée, que le manque d’ouvriers en début de chaîne est un frein énorme à la croissance, pourquoi est-ce tabou de parler du rôle de l’immigration alors qu’on sait très bien que les immigrés prennent en majorité ces emplois peu qualifiés? Qui a voulu cela, qui soutient cette dynamique et quels intérêts sont derrière? (question qui est soulevée par un lecteur qui aurait été sur des sites « nauséabonds »).

9°) Si je fais trop d’années d’études, est-ce que je ne risque pas de ne jamais avoir assez de trimestres pour ma retraite?

Bref, dévaluation, dilution des études sur un temps plus long (la relativité sans doute…), courses aux armements sur des diplômes « d’affichage », décalage entre offre et demande, démotivation profonde des candidats, tout n’est pas joli joli sur le marché du travail pour la génération qui arrive…

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  Herve Legourvière (HerveLE)

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