5 décembre 2013

au bon flamby, restaurant libre

Classé dans : actualité,parodie — hervele @ 22 h 32 min
au bon flamby, restaurant.

au bon flamby, restaurant.

17 octobre 2013

Hurlez ou mourez: voici la politique-arbitre

Classé dans : actualité,pensées,res publica,Valeurs — hervele @ 17 h 17 min

Notre démocratie est-elle devenue un nid d’oisillons hurlant pour leur pitance, leurs droits, leurs « bisous » ? Nous assistons, presque impuissants, à une évolution dangereuse qui avait pourtant été prédite il y a plus de 150 ans par Tocqueville. Analyse.

Hurlez ou mourez: voici la politique-arbitre dans actualité oisillons_an-150x150

Un nid avec des oisillons qui s’égosillent à qui mieux mieux. Ceux qui hurlent, les oisillons obèses, obtiennent la bouillie de leur maman, et poussent les autres par dessus bord ou les laissent dépérir misérablement…Voici la vision qui me vient à l’esprit lorsque je pense au fonctionnement de notre démocratie.

Partout, des groupes se lèvent pour réclamer de nouveaux droits. Les oisillons se font plus véhéments… Parfois ils en redemandent sans même avoir faim, des droits per se, en collectionneur compulsif. Attention! La somme des droits des individus, en démocratie, loin d’un champ sans limites est tout au plus un jardin clos de murs qu’il faut, comme le brownie, partager. Tout nouveau droit s’acquiert au détriment d’un autre, comme le droit au logement vient grignoter le droit de propriété, et comme le droit au mariage gay grignote le droit des enfants à un père et une mère.

Droit contre droit, lobby contre lobby, voila l’étendue des vains combats à venir dont la société américaine nous montre un avant-goût. L’avènement d’une telle société, judiciarisée au maximum, nous usera en frottements inutiles et en division des uns contre les autres, divisions dont se délecteront les politiques et les médias avides de bonnes aubaines électorales et de manichéisme facile. Une société diabolique, dans son sens étymologique de « celui qui divise« .

Garant historique de l’abolition du droit du plus fort, ainsi que le proclamait Rousseau dans son Contrat Social, l’Etat socialiste (car les précédents gouvernements l’étaient aussi) vient entériner un nouveau droit du plus fort dans celui qui sera le plus « revendicatif ». Régression démocratique inédite qui institue le citoyen lambda a-communautaire comme le nouveau « serf » de la société, celui qui n’a plus que des dîmes à payer et des devoirs aux droits atrophiés par les autres oisillons. Le français d’origine, mâle, blanc, hétérosexuel, petit employé non syndiqué de zone rurale est le nouveau maillon faible. Ou la femme seuleavec ses enfants, au physique quelconque et dans pauvreté: elle n’a l’oreille de personne. Les derniers servis, les sans-voix sont ceux qui ne sont pas encore nés, générations futures victimes du relativisme qui se font carrément évacuer leur œuf du nid, sont plus méprisées chaque jour: retraites à payer, dette à éponger… Ne dit-on pas pourtant que le degré de civilisation se mesure à la façon dont une société traite ses plus faibles?

Ouvrez un dictionnaire des blagues d’il y a vingt ans. Combien d’entre elles oseriez-vous faire en public devant un micro sans au préalable avoir appelé un bon avocat pour qu’il vous dise si vous avez le droit de rire de telle ou telle groupe social.

L’exemple le plus frappant est sans doute tiré de l’homosexualité. Il n’y avait jamais eu, jusqu’à date récente, de « communauté gay » constituée. Il n’existait pas, en face, de mot pour désigner un couple homme-femme, c’était juste… un couple normal. Contre cette normalité au sens pourtant statistique de « majorité numéraire », les homosexuels regroupés en communauté « discriminée » par les moqueries potaches (et un certain nombre de passages à l’acte plus graves dont il serait salutaire d’analyser la psychologie, phobie ou  peur, la peur étant l’incompréhension qui vient de l’absence de communication), incertaine embarcation qu’il a fallu flanquer d’une bouée « bi » et d’une bouée « trans », de déclarer un jour: « vous autres les couples normaux, vous êtes en fait des « hétérosexuels« ! PAF! Et que je te communautarise d’un coup de novlangue! L’objectif d’abattre la norme: atteint. Voire même un peu trop atteint et ça, ils ne l’avaient pas calculé: en supprimant la « norme », le père quoi, vous vous retrouvez à présent avec un frère…. rival et ennemi juré: une autre communauté, les hétérosexuels, qui se découvre elle aussi revendicatrice et, bien plus nombreuse dans les manifestations, donc dangereuse! Une communauté trop revendicatrice en fabrique une opposée par réaction.

De même les féministes, qui demandent la parité, risquent de se voir bientôt refuser les professions où elles étaient naturellement majoritaires! Les immigrés, se sont créé un ennemi dans le peuple plus ou moins imaginaire des « français de souche »; les blondes victimes de « stéréotypes », entraînent les roux dans leur sillage victimes eux de roucisme (terme officialisé), les syndicats refusant le travail du dimanche se voient contester leur domination par les salariés eux-mêmes, qui à leur tour se mettent à dos les artisans, forcés d’ouverture le dimanche sous peine de faillite, les clubs de foots qui font des pieds et des « mains » (pour une fois qu’ils peuvent lol) pour échapper à la taxe à 75%… Chacun se constituant en association, des pigeons, poussins, ou autres tondus rassemblent à présent les professions libérales contre les professions garanties. Que fait l’Etat? Il discute avec le premier arrivé, cherche à éviter le moussage médiatique, pis fait machine arrière toute lorsque arrive le second… Couac couac.

« J’entends ceux qui manifestent, mais j’entends aussi ceux qui ne manifestent pas«  assénait Villepin au moment du CPE. Phrase ô combien prophétique et à la fois déjà dépassée par la facilité déconcertante avec laquelle on crée maintenant un groupe facebook de 10000 personnes. Jadis, on entendait surtout ceux qui disaient « NON », maintenant c’est tout le monde, et voila une belle cacophonie ma foi! Une petite voix timide, sourde, disparaît dans le brouhaha, celle de l’intérêt général, qu’on serait d’ailleurs bien en peine de définir dans un micro-trottoir. Oui, car le « droit à » est devenu le dernier supermarché où l’on peut encore faire ses courses lorsqu’on a perdu tout pouvoir d’achat et tout projet commun. Frédérik Hayek l’avait prophétisé il y a un demi-siècle: voir ici.

Or il est gênant pour le pouvoir en place de découvrir que chaque citoyen a vocation à appartenir à plusieurs groupes constitués (par exemple: un médecin, homosexuel, automobiliste, parent d’élève, et catholique). En faisant cette constatation, le pouvoir découvre une nouvelle source de mécontentement profond et de baisse de popularité: un parti politique verra ses seuls soutiens indéfectibles dans ceux des citoyens dont toutes les appartenances sont « satisfaites » par le programme. On comprend vite, dès lors, qu’en élevant 0,5 à la puissance nn étant le nombre d’appartenances, on tend rapidement vers zéro.

Multiplication des communautarismes en lieu et place de la confiance en l’intérêt général 

impopularité et défiance croissante envers le politique

L’homme politique en est réduit à l’impopularité d’un arbitre de match de foot

…réduit à des bains de foule derrière une grille ou une voiture blindée

La voie de sortie est délicate devant un tel emballement: le retour à la réalité risque d’être violent pour un citoyen « drogué » à se voir acheté par des « bisous », comme dirait un célèbre bloggeur… Je prescris donc une cure de recul médiatique sur le fil d’actualité, une leçon d’apprentissage à dire « non » aux lobbies, une cuillère de patriotisme, et une séance de reprise en main de notre souveraineté qui nous échappe. Véritables OVNIs du paysage, sachons écouter ces deux ou trois hommes politiques qui n’ont jamais retourné leur veste depuis 30 ans et dont les médias ne parlent plus parce qu’ils disent justement toujours la même chose… ils pourraient, ceux-là, détenir une parcelle de cette sagesse perdue, de ce Graal de l’intérêt général aujourd’hui dévoyé.

Hervé Legourvière. Vous aimerez également mes autres billets :

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Mes arguments pour un jour férié par semaine, au hasard: le dimanche. 

30 septembre 2013

repos dominical

Classé dans : actualité,économie,res publica — hervele @ 23 h 13 min

Repos!

Il y a les libéraux, qui ne supportent pas qu’on empêche les gens de bonne volonté de travailler et qu’on se prive d’un surplus de croissance…

Il y a les anticléricaux, qui ne supportent pas que la loi française célèbre encore d’une certaine façon le jour du Seigneur..

Il y a les syndicalistes, qui ne supportent pas que les salariés passent des accords avec les patrons sans les consulter…

Parmi toutes ces voix assourdissantes, essayons de philosopher un peu sur ce méchant dimanche.

Primo, ne pas voir dans ce débat l’un des éternels combats entre la liberté et l’égalité serait passer à côté d’une mise en perspective intéressante. Liberté contre égalité, une lutte en filigrane de notre histoire moderne, on l’a vu dans les débats récente: liberté d’éduquer ses enfants librement contre égalité de l’éducation nationale. Liberté de se marier avec qui l’on veut contre égalité de tous les enfants, etc. Mais accroître l’égalité au prix de la liberté, c’est risquer de voir la liberté se venger un jour où l’autre, faire coucou par la fenêtre en disant: regarde, vous étiez plus égaux quand j’étais là… à ce sujet voir l’échec cuisant d’une mesure égalitaire phare: le CV anonyme a montré qu’il accentuait la discrimination entre candidats qui n’étaient plus jugés… que sur leurs fautes d’orthographe, facteur N°1 de distinction entre classes!

Qu’a à voir ce débat avec l’égalité? L’égalité entre les entrepreneurs, pardi. Et la liberté de ceux qui veulent se reposer le dimanche mais qui risquent bien d’être discriminés par un mécanisme très proche de la théorie des jeux puisque de deux commerces qui fermaient le dimanche, celui qui décide d’ouvrir mangera une énorme part de clientèle à l’autre, l’obligeant également à ouvrir sous peine de faillite. Au final, par contagion de proche en proche les commerçants travailleront à leur insu plus de jours pour un « gâteau » qui restera à peu près le même. On appelle cela une « lose-lose situation« .

Les économistes, les libéraux ont beau jeu de montrer l’efficacité sur l’emploi (ici), la consommation, la croissance. Mais quel est le prix social de cette croissance? Je pensais naïvement que l’état cherchait à rendre ses citoyens plus heureux et plus intelligents, non, il cherche à les faire consommer plus. Hélas, je ne pense pas qu’on ait jamais prouvé l’existence d’un lien entre consommation et bonheur individuel, à part dans les spots publicitaires. Voltaire, fervent athée, ne dédaignait pas la religion quand elle lui servait: « Il est à propos que le peuple soit guidé, et non pas qu’il soit instruit » et voyait en elle, comme chez certains révolutionnaires établis, un facteur d’ordre social au service des possédants dont il faisait partie. En lieu et place de religion, chanceux que nous sommes, nous avons le pouvoir d’achat! Et quelle divinité avide! Mais qu’a-t-on gagné, en somme, à troquer la messe du dimanche matin contre l’aller-retour au centre commercial?

Car entendons-nous bien, qui-est-ce qui demande à ce que l’on travaille le dimanche? Chez Sephora, ce sont les salariés avides d’un surplus de rémunération qui nous répètent à l’envi qu’ils y gagnent car « le dimanche est payé 50% de plus que les autres jours! » Il faut être stupide pour ne pas s’imaginer qu’une généralisation du travail le dimanche en fera un jour payé… comme les autres! Savez-vous ce qui me choque? Ce n’est pas qu’on refuse à des gens de travailler le dimanche. C’est c’est que notre économie soit tellement dévastée qu’on en arrive à devoir travailler le dimanche pour faire vivre sa famille convenablement. Alors que nous avons tout, je dis bien tout pour être un pays prospère et indépendant, nous nous sommes muselés et déplorons plaintivement cette situation… voulue. Voila pourquoi en Allemagne, il n’y a même pas débat…

Il est des arguments économiques, globalement pour le dimanche, et des arguments non-économiques globalement contre. Gardons toutefois en tête que ne plus laisser le consommateur oisif chez lui une seule journée, l’empêcher de réfléchir, de lire, de s’instruire, bref de se rendre compte qu’il peut être heureux autrement qu’en consommant, c’est aussi le but rêvé du capitalisme, un capitalisme d’asservissement qui emprunte à George Orwell. Et que dire du progrès social, ces luttes acharnées qui nous ont fait gagner petit à petit des jours de vacances, des horaires moins pénibles que ceux de nos pères? Est-ce le signal d’une prochaine machine-arrière? Non, nous ne sommes pas que des animaux en quête perpétuelle de pitance, et tant pis s’il nous en coûte 0,2 point de PIB!

Or on s’imagine bien que les magasins prêts à ouvrir le dimanche le feront aux mêmes horaires que les musées, les monuments, les bibliothèques… L’économie marchande rentrera en concurrence avec l’économie culturelle. Je vous laisse deviner laquelle gagnera. Mesure-t-on ce genre d’effet collatéral lorsqu’on avance des chiffres prometteurs?

C’est l’utilité contre la vertu en quelque sorte (voir mon autre billet sur cette question posée par Tocqueville). Peut-on concilier les deux? Sans doute, posez-vous la question suivante: que mangez-vous en famille le dimanche midi? Un gigot? Et croyez-vous que le bouchez qui vous vend le gigot pourrait maintenir sa boutique si vous passiez votre dimanche au centre commercial?

Hervé Legourvière (HerveLE)

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27 août 2013

refus + délégation = acceptation?

Classé dans : actualité,homme & femme,res publica,Valeurs — hervele @ 19 h 38 min

On a beaucoup parlé de liberté de conscience ces derniers temps. Celle des maires, des élus face à des lois moralement critiquables comme l’est la loi Taubira. Mais toute liberté de conscience qui s’oppose doit prouver qu’elle est directement moralement impliquée par les conséquences de la loi. On peut très bien argumenter qu’un mariage homosexuel (et surtout tout ce qui s’ensuit) cause un tort direct au maire. Mais mon point est que le fait de déléguer la célébration d’un mariage à un autre employé municipal, c’est admettre, in fine, que ledit mariage ne dérangeait pas tant que cela l’impétrant puisqu’il se fera quand même sous un autre stylo!

Or n’oublions pas que toute signature déléguée a même valeur que l’originale, et engage de la même façon. Car quelle différence entre un maire et son remplaçant? Le maire est responsable de tout ce qui se passe dans sa commune. S’il délègue, c’est qu’il cautionne. Point final. Si le maire veut manifester réellement son opposition, il refuse la délégation et s’expose au pénal, c’est cela le vrai courage. Car déléguer, c’est se défiler, ou c’est espérer tranquillement qu’éventuellement tous les autres s’y opposeront aussi et on aura juste bloqué le schmilblick sans que l’un ou l’autre soit tout à fait responsable… Du joli quoi! *

Prenons l’exemple d’un catholique qui refuserait un poste de méchant trader parce que le job est immoral: à votre avis qui prendra sa place? Un autre gentil catholique? Perdu: un type sans foi ni loi, il y a fort à parier, my dear. Ainsi de nombreuses personnes bien intentionnées épargnent leur conscience en n’assumant aucune responsabilité. Non, il faut faire le sale boulot soi-même, et il faut surtout le faire moins salement qu’un autre, là seulement on pourra être fier de soi. La droite se plaint que les étudiants journalistes aient tous voté hollande au 2è tour**? eh bien ils n’ont qu’à faire faire à leurs enfants des études de journalisme!

Les expériences de Milgram sur la psychologie sociale montrent qu’il est facile de se décharger de sa responsabilité sur quelqu’un d’autre, et que la conscience est très douée pour se dédouaner dès lors que ce n’est plus moi qui appuie sur la détente.

Hervé Legourvière (HerveLE)

 

* je ne blâme pas les maires, au contraire. Au salaire de misère auquel ils sont payés, je comprends qu’ils rechignent à prendre des risques pénaux! Quant on voit nos ministres, grassement payés mais responsables de rien…

** ce qui, au passage, rend caduque la confidentialité du vote! lol

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