10 septembre 2013

Femmes, prenez le pouvoir!

Classé dans : homme & femme — hervele @ 0 h 46 min

2/3 des mères célibataires sont en grande difficulté financière, d’après le Secours Populaire. Pendant ce temps, le gouvernement utilise les honoraires de ses fonctionnaires sur deux gros dossiers critiques sans lesquels la France perdrait sûrement son parmi les nations: il lance le débat sur la PMA pour tous (= créer des tas d’enfants sans père), et il lance les formations sur le gender dans les écoles pour faire comprendre aux élèves que hommes et femmes, zéro différence.

Vous souffrez du genou droit? Le gouvernement vous ampute la jambe gauche! Inadéquation la plus totale entre le problème et la réponse apportée…

Mais quoi de plus désolant, en réalité, qu’une mère contrainte d’élever seule son enfant?

On pourrait dire, dans un certain sens, les mouvements féministes d’émancipation ont creusé leur tombe: n’ont-elles pas voulu libérer les femmes du carcan du mariage, divorcer quand bon leur semble, vivre avec un homme puis un autre, avoir des enfants quand elles veulent? Et les voilà aujourd’hui qui s’en plaignent? La femme libre se retrouve à présent… libre avec ses enfants sur les bras*! Pas étonnant que certaines voix chez les féministes décrètent « tant que la femme ne sera pas libérée de l’enfantement, elle ne sera jamais libre« . Elles ont un peu raison, hélas, mais surtout tort car la liberté de la femme doit s’exercer, nous allons y revenir, avant la procréation! Et puis voir l’enfantement comme une prison, ne serait-ce qu’envers les couples stériles cela est parfaitement odieux.

Toute femme doit savoir au fond d’elle même une chose, c’est que jusqu’à nouvel ordre c’est elle qui porte l’enfant; ce simple fait la rend unique – presque totalitaire – décisionnaire sur l’homme qui méritera d’être le père. Ce que je dis là, ce ne sont pas que des mots, c’est Darwin n’en déplaise à tous ceux dont les cheveux se dressent sur la tête dès qu’on leur rappelle l’origine animale de notre espèce, parce qu’ils voudraient bien l’oublier. La sélection (inter)sexuelle, corolaire de la sélection naturelle fait que chez presque toutes les espèces animales, la femelle choisit son partenaire (et si c’était le mâle qui donnait la vie… eh bien il s’appellerait femelle!…, cf. les travaux de R. Trivers).

Femmes, prenez le pouvoir! Le pouvoir immense que vous avez, celui de dire « Non, ce ne sera pas toi », et sa variante « Oui, à condition que ». Mais combien il est difficile pour l’orgueil d’un homme de l’entendre, ne lui répète-t-on pas à longueur de journée que homme et femme sont identiques… alors il ne comprend pas! Bref, demandez aux hommes de s’engager, rendez public cet engagement devant le monde, célébrez-le sans lésiner. Ces trois bêtes conseils, c’est la définition du mariage: Mariez-vous! Et ne laissez pas des avocats régler vos problèmes : vous avez 50% de chances que l’autre ait un meilleur avocat que vous alors qu’un conseiller conjugal résout 90% de vos problèmes (et ceux de votre conjoint par la même occasion).

Ne soyons pas aveugles non plus, nous ne sommes pas tous des top-modèles et il y a des femmes qui ne peuvent pas se permettre de « choisir » parmi une foule de prétendants. A celles-là, je réponds que oui, la société est cruelle car elle semble ne s’adresser qu’à ceux qui ont tout pour eux**. Qu’elles n’abandonnent pas leurs prérogatives! Qu’elles gardent confiance en elles, qu’elles n’acceptent pas de se mentir à elles-mêmes en croyant qu’un enfant retiendra et rendra « sédentaire » le partenaire (pari ô combien risqué): au reste cela n’a jamais été le cas, la multiplication des familles recomposées – dont le bonheur paisible et « moderne » reste la plupart du temps un miroir aux alouettes – est là pour le rappeler. Qu’elles réalisent qu’une femme exigeante possède déjà au moins une qualité très appréciée des hommes: cette exigence est ce qui nous oblige à nous faire violence et nous tirer vers le haut. En la matière, d’ailleurs, la présidence actuelle nous fournit un excellent contre-exemple!

Nous vivons une époque de profonde crise de l’engagement avec en face de nous toute une génération à qui on a expliqué qu’il suffisait de porter un jeans Levis et des Ray-Ban pour rester éternellement libres et épanouis… Et au bout du compte, voter des lois comme le PACS (qui n’est que la légalisation de la répudiation par simple e-mail à la préfecture) sans rien expliquer aux jeunes sur l’engagement, c’est faire avancer une forme néfaste de liberté qui engendre beaucoup de souffrance. Car si il est heureux que la société aide les mères seules, elle a la fâcheuse tendance à en fabriquer… au lieu de tout faire pour encourager les femmes à obtenir le maximum de garanties que leur enfant sera élevé dans les meilleurs conditions.

J’aime à proposer, par exemple, que le PACS se transforme automatiquement en mariage dès lors que le femme attend un enfant (l’arrivée d’un enfant est un engagement « subi » qui en fait fuir beaucoup). Cela serait, oui, une loi responsable.

Hervé Legourvière (HerveLE)

* Où libre, peut-être, comme Simone de Beauvoir et son pacte d’infidélité avec Sartre qui nous semble plus, avec le recul, comme un pacte du « je fais ce que je veux et tu souffres de jalousie en silence »

** Malheureusement il n’y a qu’Israël qui légifère sur la maigreur des mannequins dans les publicités…

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13 août 2013

Si vous ne digérez pas les principes, prenez une dose de pragmatisme!

Classé dans : actualité,homme & femme,pensées,res publica,Valeurs — hervele @ 0 h 32 min

Parcourant le métro londonien, j’arrêtai mon regard sur la plaque fixée sous la tirette d’arrêt d’urgence. M’attendant à y voir la sèche mention d’un article de loi en punissant l’usage abusif et le rappel à la règle (qu’il est toujours tentant de défier), quelle ne fut pas ma surprise en découvrant un petit texte sympathique expliquant qu’en cas de malaise il est tout à fait contre-productif d’utiliser ce dispositif parce que les secours mettraient trois fois plus de temps à arriver au beau milieu d’un tunnel qu’à la prochaine station…

Exemple insignifiant, mais absolument symptomatique du gouffre qui existe entre l’état d’esprit anglais et français au regard de la règle commune, minuscule coin de rame de métro où était symbolisé le précepte qui avait vraisemblablement porté la culture anglo-saxonne à la première place des nations depuis 3 siècles.

Le formidable ouvrage De La Démocratie en Amérique vante les mérites d’une jeune nation qui a toujours su se donner comme règle l’utilité d’une action pour la société plutôt que sa moralité. Ou alors, l’utilité avec la moralité comme effet collatéral, comme « bonus ». Mais si presque toujours les deux vont de conserve, l’utilité mène plus surement au but recherché et le principe, quoique plus noble, manque souvent sa cible*. L’idée n’est même pas anglaise et c’est notre bon Montaigne qui l’a énoncée au XVIè siècle: « Quand, pour sa droicture, je ne suyvray pas le droict chemin, je le suyvray pour avoir trouve, par expérience, qu’au bout du compte c’est communément le plus heureux et le plus utile.» Tocqueville enfonce le clou: « Je doute que les hommes fussent plus vertueux dans les siècles aristocratiques que dans les autres, mais il est certain qu’on y parlait sans cesse des beautés de la vertu; ils n’étudiaient qu’en secret par quel côté elle est utile. (…) Aux États-Unis, on ne dit presque point que la vertu est belle. On soutient qu’elle est utile, et on le prouve tous les jours. » Il est inutile de tirer l’arrêt d’urgence, alors effectivement… personne ne s’amuse à le faire comme chez nous!

Le français dans sa grande noblesse n’a jamais daigné vendre son âme au « pragmatisme » – pouah – et y a toujours préféré l’idéal plus difficile de la vertu.

Où est-ce que je veux en venir et quelle application au débat politique?

Eh bien je dis que depuis mai 68, nous avons abandonné la vertu mais paradoxalement, de façon assez pitoyable, on n’a jamais autant hurlé au respect des principes républicains. Les principes républicains, ils sont inscrits au dessus de tous nos édifices. Hélas, il faudrait qu’un jour ils en descendent pour aller s’appliquer dans nos lois: quel principe intangible est encore respecté par l’État? Quelle autorité publique ne recule pas désormais devant l’émotion médiatique? Ne surtout pas choquer, mais la lâcheté, c’est justement quand on ne veut froisser personne et qu’on finit par tout détruire! Quand plus aucun politicien n’a le courage de démissionner après un désaveu public, quand la justice s’émeut et ne prononce que pour ménager les sensibilités et les intentions de votes communautaires, quand la laïcité se marchande comme une monnaie d’échange pour calmer un temps des revendications, quand le deux poids deux mesures et le clientélisme sont le diapason de l’action socialiste… il est temps de nous tourner vers nos ennemis jurés pour prendre une bonne leçon de pragmatisme! Et j’en suis le premier désolé, moi qui militait dans un précédent billet pour des lois affranchies du compromis, des principes clairs et intangibles…

Pourtant, dans l’affaire du voile islamique qui nous intéresse aujourd’hui, ce ne sont pas les idées qui manquent: il eut été facile de faire passer la pilule avec l’utilité de la sécurité intérieure: dissimulation = interdiction (pas de cagoules pendant les manifestations, pas de masques de Mickey pendant les braquages, pas de vitres teintées sur les voitures, pas de voile dans l’espace public**). Il eut été possible, quoique plus cocasse, d’interdire pour l’hygiène, le problème du manque de vitamine D, les risques accrus de noyades, la sécurité routières des piétons, l’absence de bandes réfléchissantes la nuit, que sais-je encore! Ça, c’est le pragmatisme, ça apaise, ça permet d’avancer, mais ça ne marche pas chez nous…

Hervé Legourvière (HerveLE)

 

*Plus loin: « L’intérêt bien entendu est une doctrine peu haute, mais claire et sûre. Elle ne cherche pas à atteindre de grands objets; mais elle atteint sans trop d’efforts tous ceux auxquels elle vise. Comme elle est à la portée de toutes les intelligences, chacun la saisit aisément et la retient sans peine. S’accommodant merveilleusement aux faiblesses des hommes, elle obtient facilement un grand empire, et il ne lui est point difficile de le conserver, parce qu’elle retourne l’intérêt personnel contre lui-même et se sert, pour diriger les passions, de l’aiguillon qui les excite. La doctrine de l’intérêt bien entendu ne produit pas de grands dévouements; mais elle suggère chaque jour de petits sacrifices; à elle seule, elle ne saurait faire un homme vertueux; mais elle forme une multitude de citoyens, réglés, tempérants, modérés, prévoyants, maîtres d’eux-mêmes; et, si elle ne conduit pas directement à la vertu par la volonté, elle en rapproche insensiblement par les habitudes. Si la doctrine de l’intérêt bien entendu venait à dominer entièrement le monde moral, les vertus extraordinaires seraient sans doute plus rares. Mais je pense aussi qu’alors les grossières dépravations seraient moins communes. La doctrine de l’intérêt bien entendu empêche peut-être quelques hommes de monter fort au-dessus du niveau ordinaire de l’humanité; mais un grand nombre d’autres qui tombaient au-dessous la rencontrent et s’y retiennent. Considérez quelques individus, elle les abaisse. Envisagez l’espèce, elle l’élève. »

**il ne s’agit aucunement d’une comparaison, juste une énumération…

 

3 juillet 2013

Que se passerait-il si tout le monde avait son bac+5?

Classé dans : économie,pensées — hervele @ 18 h 47 min

Les meilleurs élèves du lycée obtenaient parfois un 21/20 grâce à la question « bonus ». Fair enough! Cette pratique alors anecdotique a été érigée en règle dans l’épreuve du baccalauréat aujourd’hui et les circulaires internes demandent aux correcteurs de noter non plus sur 20, mais sur 24, cela fait quand même une hausse de plus de 15%. Cela n’a pas l’air de trop choquer les gens, et pourtant. Et pourtant… c’est ce qu’on appelle en économie, sans tourner autour du pot, une dévaluation en bonne et due forme. Tu as une note de 18? Pas de chance, elle n’en vaut plus que 15 maintenant… La dévaluation en économie est efficace (Chine, Suède…), elle renchérit le cout de la denrée étrangère, et rend plus compétitive à l’export (elle n’est bien entendu efficace que si les voisins ne font pas la même chose!). Nos étudiants titulaires du nouveau « bac » seraient-ils plus compétitifs? Hélas rien d’équivalent dans le domaine humain… Il est regrettable que la France pratique sans vergogne la dévaluation éducative, vouée à l’échec, et ne l’envisage pas dans le domaine monétaire où cela serait salutaire. Ce qu’on constate, et d’une façon générale dans des domaines aussi divers que l’éducation, la culture, l’intégration des minorités, le déficit des comptes publics, et j’en passe, c’est un abandon généralisé de nos niveaux d’exigence.

Dévaluation éducative égal plus de diplômes et d’années d’études pour quoi?

La hausse continuelle des taux de réussite au bac, le nombre croissant des étudiants faisant des études supérieures toujours plus longues pour au final mendier un stage devrait inciter tout observateur possédant 2 bras,  2 jambes et un cerveau à se poser certaines questions prudentes:

1°) Est-il vrai que notre société a besoin de personnes toujours plus qualifiées? Pourtant cela fait un bout de temps que la structure de notre économie est stable (avec une désindustrialisation en fond de tableau mais passons)

2°) A quoi sont censées servir toutes ces années d’études supplémentaires?A qualifier les gens dans un domaine toujours plus précis, ou au contraire à leur donner une culture générale la plus large possible, c’est-à-dire les « élever intellectuellement » pour qu’ils soient de meilleurs citoyens?

3°) En quoi un système d’il y a 40 ans (où le bac était une garantie suffisante sur votre CV pour vous faire embaucher dans n’importe quelle boite du CAC40 sur-le-champ), est-il forcément inférieur à un système où on vous traine d’entretien en entretien pour finir par vous avouer qu’un type avec un double master génie des procédés-philosophie, la pratique d’une 4è langue et président d’un club de dégustation de vin vous a finalement damé le pion? (et sous-question 2: En quoi l’argument des gens qui me traitent de « réactionnaire nostalgique d’une époque révolue » est-il pertinent?)

4°) Si tout le monde doit faire des études supérieures, alors pourquoi ne pourrait-on pas tout simplement mettre le bac après le master? (article intéressant à ce sujet trouvé ici sur le rôle du bac)

5°) On dit toujours que le travail est ce qu’il y a de plus formateur… non?

6°) Accepter un travail sous-qualifié ne crée-t-il pas un mal-être, un manque de valorisation voire une dépression? (sisi)

7°) Qui est censé assumer la charge toujours croissante d’un enfant à la maison pendant X années supplémentaires à l’heure où les solidarités générationnelles disparaissent et où même les parents sont touchés par la crise?

8°) Alors qu’on sait très bien qu’une économie a besoin de main d’œuvre peu qualifiée, que le manque d’ouvriers en début de chaîne est un frein énorme à la croissance, pourquoi est-ce tabou de parler du rôle de l’immigration alors qu’on sait très bien que les immigrés prennent en majorité ces emplois peu qualifiés? Qui a voulu cela, qui soutient cette dynamique et quels intérêts sont derrière? (question qui est soulevée par un lecteur qui aurait été sur des sites « nauséabonds »).

9°) Si je fais trop d’années d’études, est-ce que je ne risque pas de ne jamais avoir assez de trimestres pour ma retraite?

Bref, dévaluation, dilution des études sur un temps plus long (la relativité sans doute…), courses aux armements sur des diplômes « d’affichage », décalage entre offre et demande, démotivation profonde des candidats, tout n’est pas joli joli sur le marché du travail pour la génération qui arrive…

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  Herve Legourvière (HerveLE)

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