17 octobre 2013

Hurlez ou mourez: voici la politique-arbitre

Classé dans : actualité,pensées,res publica,Valeurs — hervele @ 17 h 17 min

Notre démocratie est-elle devenue un nid d’oisillons hurlant pour leur pitance, leurs droits, leurs « bisous » ? Nous assistons, presque impuissants, à une évolution dangereuse qui avait pourtant été prédite il y a plus de 150 ans par Tocqueville. Analyse.

Hurlez ou mourez: voici la politique-arbitre dans actualité oisillons_an-150x150

Un nid avec des oisillons qui s’égosillent à qui mieux mieux. Ceux qui hurlent, les oisillons obèses, obtiennent la bouillie de leur maman, et poussent les autres par dessus bord ou les laissent dépérir misérablement…Voici la vision qui me vient à l’esprit lorsque je pense au fonctionnement de notre démocratie.

Partout, des groupes se lèvent pour réclamer de nouveaux droits. Les oisillons se font plus véhéments… Parfois ils en redemandent sans même avoir faim, des droits per se, en collectionneur compulsif. Attention! La somme des droits des individus, en démocratie, loin d’un champ sans limites est tout au plus un jardin clos de murs qu’il faut, comme le brownie, partager. Tout nouveau droit s’acquiert au détriment d’un autre, comme le droit au logement vient grignoter le droit de propriété, et comme le droit au mariage gay grignote le droit des enfants à un père et une mère.

Droit contre droit, lobby contre lobby, voila l’étendue des vains combats à venir dont la société américaine nous montre un avant-goût. L’avènement d’une telle société, judiciarisée au maximum, nous usera en frottements inutiles et en division des uns contre les autres, divisions dont se délecteront les politiques et les médias avides de bonnes aubaines électorales et de manichéisme facile. Une société diabolique, dans son sens étymologique de « celui qui divise« .

Garant historique de l’abolition du droit du plus fort, ainsi que le proclamait Rousseau dans son Contrat Social, l’Etat socialiste (car les précédents gouvernements l’étaient aussi) vient entériner un nouveau droit du plus fort dans celui qui sera le plus « revendicatif ». Régression démocratique inédite qui institue le citoyen lambda a-communautaire comme le nouveau « serf » de la société, celui qui n’a plus que des dîmes à payer et des devoirs aux droits atrophiés par les autres oisillons. Le français d’origine, mâle, blanc, hétérosexuel, petit employé non syndiqué de zone rurale est le nouveau maillon faible. Ou la femme seuleavec ses enfants, au physique quelconque et dans pauvreté: elle n’a l’oreille de personne. Les derniers servis, les sans-voix sont ceux qui ne sont pas encore nés, générations futures victimes du relativisme qui se font carrément évacuer leur œuf du nid, sont plus méprisées chaque jour: retraites à payer, dette à éponger… Ne dit-on pas pourtant que le degré de civilisation se mesure à la façon dont une société traite ses plus faibles?

Ouvrez un dictionnaire des blagues d’il y a vingt ans. Combien d’entre elles oseriez-vous faire en public devant un micro sans au préalable avoir appelé un bon avocat pour qu’il vous dise si vous avez le droit de rire de telle ou telle groupe social.

L’exemple le plus frappant est sans doute tiré de l’homosexualité. Il n’y avait jamais eu, jusqu’à date récente, de « communauté gay » constituée. Il n’existait pas, en face, de mot pour désigner un couple homme-femme, c’était juste… un couple normal. Contre cette normalité au sens pourtant statistique de « majorité numéraire », les homosexuels regroupés en communauté « discriminée » par les moqueries potaches (et un certain nombre de passages à l’acte plus graves dont il serait salutaire d’analyser la psychologie, phobie ou  peur, la peur étant l’incompréhension qui vient de l’absence de communication), incertaine embarcation qu’il a fallu flanquer d’une bouée « bi » et d’une bouée « trans », de déclarer un jour: « vous autres les couples normaux, vous êtes en fait des « hétérosexuels« ! PAF! Et que je te communautarise d’un coup de novlangue! L’objectif d’abattre la norme: atteint. Voire même un peu trop atteint et ça, ils ne l’avaient pas calculé: en supprimant la « norme », le père quoi, vous vous retrouvez à présent avec un frère…. rival et ennemi juré: une autre communauté, les hétérosexuels, qui se découvre elle aussi revendicatrice et, bien plus nombreuse dans les manifestations, donc dangereuse! Une communauté trop revendicatrice en fabrique une opposée par réaction.

De même les féministes, qui demandent la parité, risquent de se voir bientôt refuser les professions où elles étaient naturellement majoritaires! Les immigrés, se sont créé un ennemi dans le peuple plus ou moins imaginaire des « français de souche »; les blondes victimes de « stéréotypes », entraînent les roux dans leur sillage victimes eux de roucisme (terme officialisé), les syndicats refusant le travail du dimanche se voient contester leur domination par les salariés eux-mêmes, qui à leur tour se mettent à dos les artisans, forcés d’ouverture le dimanche sous peine de faillite, les clubs de foots qui font des pieds et des « mains » (pour une fois qu’ils peuvent lol) pour échapper à la taxe à 75%… Chacun se constituant en association, des pigeons, poussins, ou autres tondus rassemblent à présent les professions libérales contre les professions garanties. Que fait l’Etat? Il discute avec le premier arrivé, cherche à éviter le moussage médiatique, pis fait machine arrière toute lorsque arrive le second… Couac couac.

« J’entends ceux qui manifestent, mais j’entends aussi ceux qui ne manifestent pas«  assénait Villepin au moment du CPE. Phrase ô combien prophétique et à la fois déjà dépassée par la facilité déconcertante avec laquelle on crée maintenant un groupe facebook de 10000 personnes. Jadis, on entendait surtout ceux qui disaient « NON », maintenant c’est tout le monde, et voila une belle cacophonie ma foi! Une petite voix timide, sourde, disparaît dans le brouhaha, celle de l’intérêt général, qu’on serait d’ailleurs bien en peine de définir dans un micro-trottoir. Oui, car le « droit à » est devenu le dernier supermarché où l’on peut encore faire ses courses lorsqu’on a perdu tout pouvoir d’achat et tout projet commun. Frédérik Hayek l’avait prophétisé il y a un demi-siècle: voir ici.

Or il est gênant pour le pouvoir en place de découvrir que chaque citoyen a vocation à appartenir à plusieurs groupes constitués (par exemple: un médecin, homosexuel, automobiliste, parent d’élève, et catholique). En faisant cette constatation, le pouvoir découvre une nouvelle source de mécontentement profond et de baisse de popularité: un parti politique verra ses seuls soutiens indéfectibles dans ceux des citoyens dont toutes les appartenances sont « satisfaites » par le programme. On comprend vite, dès lors, qu’en élevant 0,5 à la puissance nn étant le nombre d’appartenances, on tend rapidement vers zéro.

Multiplication des communautarismes en lieu et place de la confiance en l’intérêt général 

impopularité et défiance croissante envers le politique

L’homme politique en est réduit à l’impopularité d’un arbitre de match de foot

…réduit à des bains de foule derrière une grille ou une voiture blindée

La voie de sortie est délicate devant un tel emballement: le retour à la réalité risque d’être violent pour un citoyen « drogué » à se voir acheté par des « bisous », comme dirait un célèbre bloggeur… Je prescris donc une cure de recul médiatique sur le fil d’actualité, une leçon d’apprentissage à dire « non » aux lobbies, une cuillère de patriotisme, et une séance de reprise en main de notre souveraineté qui nous échappe. Véritables OVNIs du paysage, sachons écouter ces deux ou trois hommes politiques qui n’ont jamais retourné leur veste depuis 30 ans et dont les médias ne parlent plus parce qu’ils disent justement toujours la même chose… ils pourraient, ceux-là, détenir une parcelle de cette sagesse perdue, de ce Graal de l’intérêt général aujourd’hui dévoyé.

Hervé Legourvière. Vous aimerez également mes autres billets :

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Mes arguments pour un jour férié par semaine, au hasard: le dimanche. 

30 septembre 2013

repos dominical

Classé dans : actualité,économie,res publica — hervele @ 23 h 13 min

Repos!

Il y a les libéraux, qui ne supportent pas qu’on empêche les gens de bonne volonté de travailler et qu’on se prive d’un surplus de croissance…

Il y a les anticléricaux, qui ne supportent pas que la loi française célèbre encore d’une certaine façon le jour du Seigneur..

Il y a les syndicalistes, qui ne supportent pas que les salariés passent des accords avec les patrons sans les consulter…

Parmi toutes ces voix assourdissantes, essayons de philosopher un peu sur ce méchant dimanche.

Primo, ne pas voir dans ce débat l’un des éternels combats entre la liberté et l’égalité serait passer à côté d’une mise en perspective intéressante. Liberté contre égalité, une lutte en filigrane de notre histoire moderne, on l’a vu dans les débats récente: liberté d’éduquer ses enfants librement contre égalité de l’éducation nationale. Liberté de se marier avec qui l’on veut contre égalité de tous les enfants, etc. Mais accroître l’égalité au prix de la liberté, c’est risquer de voir la liberté se venger un jour où l’autre, faire coucou par la fenêtre en disant: regarde, vous étiez plus égaux quand j’étais là… à ce sujet voir l’échec cuisant d’une mesure égalitaire phare: le CV anonyme a montré qu’il accentuait la discrimination entre candidats qui n’étaient plus jugés… que sur leurs fautes d’orthographe, facteur N°1 de distinction entre classes!

Qu’a à voir ce débat avec l’égalité? L’égalité entre les entrepreneurs, pardi. Et la liberté de ceux qui veulent se reposer le dimanche mais qui risquent bien d’être discriminés par un mécanisme très proche de la théorie des jeux puisque de deux commerces qui fermaient le dimanche, celui qui décide d’ouvrir mangera une énorme part de clientèle à l’autre, l’obligeant également à ouvrir sous peine de faillite. Au final, par contagion de proche en proche les commerçants travailleront à leur insu plus de jours pour un « gâteau » qui restera à peu près le même. On appelle cela une « lose-lose situation« .

Les économistes, les libéraux ont beau jeu de montrer l’efficacité sur l’emploi (ici), la consommation, la croissance. Mais quel est le prix social de cette croissance? Je pensais naïvement que l’état cherchait à rendre ses citoyens plus heureux et plus intelligents, non, il cherche à les faire consommer plus. Hélas, je ne pense pas qu’on ait jamais prouvé l’existence d’un lien entre consommation et bonheur individuel, à part dans les spots publicitaires. Voltaire, fervent athée, ne dédaignait pas la religion quand elle lui servait: « Il est à propos que le peuple soit guidé, et non pas qu’il soit instruit » et voyait en elle, comme chez certains révolutionnaires établis, un facteur d’ordre social au service des possédants dont il faisait partie. En lieu et place de religion, chanceux que nous sommes, nous avons le pouvoir d’achat! Et quelle divinité avide! Mais qu’a-t-on gagné, en somme, à troquer la messe du dimanche matin contre l’aller-retour au centre commercial?

Car entendons-nous bien, qui-est-ce qui demande à ce que l’on travaille le dimanche? Chez Sephora, ce sont les salariés avides d’un surplus de rémunération qui nous répètent à l’envi qu’ils y gagnent car « le dimanche est payé 50% de plus que les autres jours! » Il faut être stupide pour ne pas s’imaginer qu’une généralisation du travail le dimanche en fera un jour payé… comme les autres! Savez-vous ce qui me choque? Ce n’est pas qu’on refuse à des gens de travailler le dimanche. C’est c’est que notre économie soit tellement dévastée qu’on en arrive à devoir travailler le dimanche pour faire vivre sa famille convenablement. Alors que nous avons tout, je dis bien tout pour être un pays prospère et indépendant, nous nous sommes muselés et déplorons plaintivement cette situation… voulue. Voila pourquoi en Allemagne, il n’y a même pas débat…

Il est des arguments économiques, globalement pour le dimanche, et des arguments non-économiques globalement contre. Gardons toutefois en tête que ne plus laisser le consommateur oisif chez lui une seule journée, l’empêcher de réfléchir, de lire, de s’instruire, bref de se rendre compte qu’il peut être heureux autrement qu’en consommant, c’est aussi le but rêvé du capitalisme, un capitalisme d’asservissement qui emprunte à George Orwell. Et que dire du progrès social, ces luttes acharnées qui nous ont fait gagner petit à petit des jours de vacances, des horaires moins pénibles que ceux de nos pères? Est-ce le signal d’une prochaine machine-arrière? Non, nous ne sommes pas que des animaux en quête perpétuelle de pitance, et tant pis s’il nous en coûte 0,2 point de PIB!

Or on s’imagine bien que les magasins prêts à ouvrir le dimanche le feront aux mêmes horaires que les musées, les monuments, les bibliothèques… L’économie marchande rentrera en concurrence avec l’économie culturelle. Je vous laisse deviner laquelle gagnera. Mesure-t-on ce genre d’effet collatéral lorsqu’on avance des chiffres prometteurs?

C’est l’utilité contre la vertu en quelque sorte (voir mon autre billet sur cette question posée par Tocqueville). Peut-on concilier les deux? Sans doute, posez-vous la question suivante: que mangez-vous en famille le dimanche midi? Un gigot? Et croyez-vous que le bouchez qui vous vend le gigot pourrait maintenir sa boutique si vous passiez votre dimanche au centre commercial?

Hervé Legourvière (HerveLE)

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20 septembre 2013

Aldous Huxley porte plainte contre hollande pour plagiat

Classé dans : actualité,homme & femme,parodie,res publica — hervele @ 10 h 30 min

 

« — Offrez-leur encore une fois les fleurs et les livres. Les infirmières obéirent; mais à l’approche des roses, à la simple vue de ces images gaiement coloriées du minet, du cocorico et du mouton noir qui fait bêê, bêê, les enfants se reculèrent avec horreur; leurs hurlements s’accrurent soudain en intensité. —  Observez, dit triomphalement le Directeur, observez. Les livres et les bruits intenses, les fleurs et les secousses électriques, déjà, dans l’esprit de l’enfant, ces couples étaient liés de façon compromettante ; et, au bout de deux cents répétitions de la même leçon ou d’une autre semblable, ils seraient mariés indissolublement. Ce que l’homme a uni, la nature est impuissante à le séparer. — Ils grandiront avec ce que les psychologues appelaient une haine « instinctive » des livres et des fleurs. Des réflexes inaltérablement conditionnés. Ils seront à l’abri des livres et de la botanique pendant toute leur vie. — » 

Aldous Huxley, Le Meilleur des Mondes

(Note: le titre du billet est fictif)

Sur l’incapacité congénitale et autruchière de nos politiques (surtout ceux en poste) à penser ne serait-ce que le prolongement d’une bête tendance linéaire, oui il y aurait fort à dire. De quelle tendance est-ce que je parle? Peu ou prou, celle qui consiste à marcher résolument droit vers le mur; celle qui consiste à accumuler loi après loi des propositions stupides visant à rendre par la force et contre leur gré les individus de plus en plus égaux et de moins en moins libres, exactement comme dans le roman d’anticipation cité, tout en leur rendant de plus en plus insupportable l’écart d’inégalité résiduelle. Voilà ce dont il est question aujourd’hui, il est question de cette fan(t)a(s)tique et œcuménique théorie du genre.

Tout commence il y a un peu plus d’un siècle. Mais la France, si elle s’est honorée très tôt dans l’abolition de d’esclavage, va à un rythme plutôt pépère sur le sujet des droits des femmes. Une fois l’égalité des droits enfin acquise, et la constitution saturée d’égalité homme-femme, on ne s’est pas arrêté en si bon chemin. On a commencé à en déverser un peu partout, comme dans le code du travail qui est bien plus volumineux et propice à épancher cette soif d’égalité. On s’est attaché à donner à la femme les mêmes chances, en espérant voir les mêmes résultats. Mais là hic: on butte sur un socle, l’objectif d’égalité parfaite est là, tout proche, à portée de main, mais impossible de l’atteindre complètement. Flûte alors! Et chez nos voisins itou! Qu’à cela ne tienne, fi des chartes, des jurisprudences et du droit des entreprises, on va sortir l’arme chimique* de la théorie du genre, inventée – pas si récemment d’ailleurs – aux US.

*Je dis « chimique » parce que la première grande réussite de cette théorie est d’avoir transformé un jeune garçon handicapé à la naissance en petite fille grâce aux hormones et de l’avoir quelques années plus tard conduit au suicide lui et son frère jumeau.

Elle dit, en gros, que si on n’arrive pas à réduire l’écart observé entre homme et femme, ce n’est pas du tout parce qu’il y aurait des différences biologiques, psychologiques et comportementales irréductibles, non non, c’est juste qu’il faut tout simplement changer notre définition de l’homme et de la femme

Bref, on le voit la théorie du genre est une locomotive folle qui est en train d’échapper complètement aux vraies féministes qui l’avaient lancée. Elle a été récupérée au passage par les lobbies gays, qui ont vu en elle le cheval de Troie leur permettant – il était temps! – d’imposer leur(s) modèle(s) sur la même marche du podium que le modèle PME (père-mère-enfants) voire un peu plus haut si possible, car rien n’est jamais tout à fait égal en ce bas monde. Oui: si l’homme et la femme ne sont que constructions culturelles et éducatives, alors toute combinaison quelconque des éléments {homme, femme} fait une aussi bonne famille. Affirmer le contraire, c’est caca.

Comme je le dis toujours, ne nous arrêtons pas au milieu du chemin (c’est dangereux surtout s’il y a des voitures), allons jusqu’au bout des raisonnements et poussons cette théorie du genre dans ses retranchements les plus obscurs.

L’exercice consiste à lister d’une part ce qui se trame dans le domaine de la lutte contre les discriminations homme-femme, et on verra qu’il y a quelques d’excellentes choses, et aussi tout ce qui peut encore être imaginé au-delà d’un point que je qualifierais de « raisonnable et sain »; c’est là que mon article deviendra tragicomique.

Les mesures de coercition égalitaire viennent bien sûr progressivement (vous vous rappelez la grenouille qu’on cuit à petit feu); je les décline en 5 catégories, celles qui n’existent pas encore, que je qualifierai d’hypothèses pures. Puis celles, bien réelles, qui se déclinent tout d’abord gentiment, comme des idées bien-pensantes sur les plateaux télé (phase 1), dans les blogs du Monde et les magazines féminins à la mode*. Puis les mesures seront testées dans les administrations et la fonction publique, vitrines de l’idéologie étatique (phase 2).  Malgré l’absence de résultats positifs, on enclenchera la phase 3 qui est l’élargissement aux entreprises, aux écoles, aux crèches, aux lieux accueillant du public et tutti quanti. Enfin, lorsque les citoyens auront été bien déconstruits, on passera à la dernière phase 4: la pénalisation des traitements inégalitaires dans la vie privée des gens, au sein mêmes des familles. Concrètement, oui, dans une volonté d’apaisement cela fonctionnera sur dénonciation. Mais assez de théorie, place à un avant-goût de la société égalitaire de demain.

 * Malin! Car les femmes enceintes, jeunes mamans ou en mal avec leur corps sont des personnes vulnérables en manque cruel de conseils de tout genre, bref un public parfait pour semer la bonne parole.

ENFANCE

Imposer au père à celui des deux parents qui n’a pas donné naissance à l’enfant de prendre un congé parental lui aussi, sous peine de sanction financière: perte ou réduction des allocations (phase 4).

Expérimenter des crèches « asexuées »: pas de jouets classiques de type voitures ou poupées, de peur de constater qu’effectivement il y a une orientation naturelle de certains… (déjà en cours: phase 2). Les enfants ne joueront qu’avec des formes géométriques sans article devant (le carré, le triangle, le cercle… beurk !).

Les contes pour enfant mettant en scène des familles « traditionnelles » uniquement ne seront plus proposés en crèche, voire carrément interdits, ces dernières remplacées par des couples multiformes, des ruptures fréquentes, quelques des relations homosexuelles (phase 3). Et il ne faut suuuurtout pas que les images de petites filles aient l’air de petites filles !

Les parents qui refusent de soumettre leurs enfants aux cours obligatoires d’éducation sexuelle seront envoyés en prison (phase 4 en Allemagne et Espagne). Si les parents décident de scolariser leurs enfants à la maison, ils risquent tout simplement de se les faire « enlever » (phase 4 en Allemagne).

Il sera créé un corps « d’inspecteurs de l’égalité » qui viendront pratiquer des contrôles aléatoires au domicile des parents ayant choisi d’élever chez eux leurs nourrissons. Parents qui risqueront la perte les allocations si jamais – shocking ! –  on découvrait dans les tiroirs du placard des vêtements bleu ou roses ; pire, si des petites voitures sont proposées au garçon, alors là on retirera carrément l’enfant à ces parents haineux (hypothèse). De quoi se plaignent-ils, tout enfant appartient à l’Etat (entendu récemment sur les bancs de l’A.N.) !

Enfin, un parent se faisant appeler « papa » ou « maman » par son enfant dans la rue pourra être conduit au poste pour une amende forfaitaire de 1500euros pour discrimination publique envers les couples de même sexe. (hypothèse)

ESPACE PUBLIC

Normes de construction des sanitaires pour imposer le même nombre de WC hommes et WC femmes dans tous les bâtiments administratifs ou accueillant du public (hypothèse). Au diable la sagesse populaire, on obligera par décret les femmes à uriner mois souvent, ou on les opérera de la vessie si c’est le prix de l’égalité!

Obligation pour les hommes d’uriner assis (phase 2 dans certains pays nordiques). Pour éviter toute récidive, on abattra les arbres sur les aires d’autoroute, trop propices aux épanchements virils.

Puisque les logos des toilettes (femme à jupe et homme avec chapeau/moustache, ou variantes) semblent perturber énormément certaines personnes qui y voient un vaste complot freudo-marxisto-machiste, supprimons-les carrément. Nous incluons également dans cette rubrique tous les panneaux du code de la route représentant des écoliers, des femmes, etc. (phase 1)

Instauration d’une amende de 2è classe pour tous ceux qui laisseraient leur place à une faible femme dans un transport en commun. Honte aux machos ! (hypothèse)

On aura enfin des prêtresses et des imamesses (quel joli mot !) (phase 1) ; on aura des vêtements unisexes pour les fonctionnaires (de bonnes idées à prendre chez nos amis les Khmers rouges)

Enfin pour faire un clin d’œil à l’introduction de l’article, de nombreux fleuristes feront faillite et une taxe prohibitive sur les fleurs servira à payer des mesures pro-égalité. La bonne nouvelle, c’est qu’il sera discriminatoire pour mon coiffeur de pratiquer un prix différent pour les hommes et les femmes : c’est la mienne qui va être contente ! (hypothèse)

LANGAGE

Aaaahh le langage… querelle des anciens et des modernes. Depuis la féminisation des noms de professions  (Madame la Ministre, phase 2), la grammaire est dans le viseur !

Modification de toutes les expressions de langage pouvant porter une discrimination, à commencer par les mots de père ou mère (phase 1/2) et leurs dérivés tentaculaires (il y en a partout dans la langue, quelle plaie !) ; en vrac : les femmes et les enfants d’abord / homme de main / homme à tout faire / barbapapa / pas mort d’homme / la mère de tous les vices / mère poule / remède de grand-mère / le père-Noël / l’instinct maternel / materner quelqu’un / école maternelle / prises mâles ou femelles / Ecole maternelle (phase 1) / maternité / investissement ou usage en père de famille / tel père tel fils, etc. Les dictionnaires récalcitrants perdront leur agrément scolaire. (hypothèse)

L’Homme pour désigner le genre humain ? Pouah ! Les noms latins de nos ancêtres préhistoriques ? Pouah ! (hypothèse)

A l’instar de nos amis anglo-saxons en avance sur tout, un genre neutre sera instauré* pour désigner tous les objets (dont les enfants avant qu’ils choisissent leur sexe). Pourquoi UN sac à main mais UNE voiture (phase 1) ? En attendant les censeurs se consoleront avec les participes passés et les petites parenthèses: « tout(e) femme** ou homme** enceint(e) devra suivre un(e) formation approprié(e) à l’égalité ». (phase 2/3)

*il existe déjà, c’est le masculin qui porte le neutre, mais peu importe…

**J’ai tiré au sort sur lequel des deux apparaîtrait en premier dans la phrase.

ENTREPRISES

Politique de quotas (phase 3), dans les fonctions électives puis dans les entreprises, avec lesquelles je suis plutôt en désaccord pour les raisons suivantes (précédent billet).

Stricte parité dans les effectifs des entreprises. Stricte, j’ai dit. En conséquence, aucune entreprise ne pourra avoir un nombre impair de salarié. Les embauches se feront par deux… Et vous pourrez très bien vous faire virer juste pour « équilibrer » le licenciement d’une personne de sexe opposé. (hypothèse) Attention à vous si vous organisez une réunion de travail entre 2 hommes et une femme.

Prisons (je mets ici à défaut d’une catégorie appropriée) : La mixité totale, bien sûr (hypothèse), afin d’empêcher des petits plaisantins de profiter indûment des facilités de changement de sexe ou de mariage bidon : ici ou ici.

ETAT CIVIL

Suppression du terme de Mademoiselle dans les papiers officiels (Phase 3)

Concernant les noms de familles lors du mariage, assez de la domination masculine: chacun gardera le sien, et les enfants auront un nouveau nom qui sera constitué de la moitié* du nom du père et de la moitié de la mère : on espère vivement que Mme DUBOIS et M. TROUVILLE n’auront que des chats … (Voir mon autre billet sur le sujet) (hypothèse)

autorisation de déclarer un enfant « sans sexe » (phase 4 en Allemagne dès le 1er Novembre!).

Les prénoms hermaphrodites/androgynes (Camille, Dominique, Térence, Noël, Claude, Lou, Jackie, Gwenaëll, Morgan, Sacha, Alex, tous les noms de voiture aussi, etc. **) seront largement répandus dans la presse people et les manuels d’école (phase 1). Avec à la clé une prime aux parents qui auront choisi un prénom qui « lutte contre les stéréotypes ». (hypothèse)

Il deviendra vite évident qu’il faudra interdire toute étude statistique demandant aux gens leur sexe. La CNIL y veillera soigneusement. (hypothèse) Vous imaginez, des statistiques de délinquance selon le sexe pourraient montrer que les femmes sont « naturellement » moins violentes, ce qui est une pure hérésie.

*Hélas on pourrait accoler les deux mais vous imaginez vite le problème au bout de 3 ou 4 générations…

**On me signale que Noël a été retiré de la liste pour une raison inconnue.

ART, PRESSE & SPECTACLE

Autant vous dire tout de suite que ça va chauffer pour les types comme John Gray (auteur du bestseller les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus) et un tel terroriste pourra s’estimer heureux si la Russie ou l’Equateur lui accorde l’asile politique. (hypothèse)

En littérature, cela va faire très, très mal, surtout dans les lettres classiques envahies à souhait de clichés nauséabonds (article). Il faudra censurer déprioriser des centaines de passages dans les classes de français. En définitive, l’ensemble de la peinture, de la sculpture classique n’est-il pas machiste et n’encourage-t-il pas l’homme à dire non aux travaux domestiques ? (hypothèse)

SPORT

On vient d’apprendre que le fameux match de tennis où une joueuse avait battu en 1973 un ancien champion retraité avait été truqué ! Honte aux journalistes vendus à l’ordre sexué qui ont osé publier ça. Il y a encore du chemin à faire et je propose désormais que les chaînes de sport doivent obligatoirement diffuser autant d’événements masculins que féminins. Non, mieux, toutes les disciplines seront mixtes, point barre. On imagine la rigolade pour des sports comme la boxe, l’haltérophilie… pour lesquels il faudra bien autoriser le « dopage pour tous » sans quoi les différences naturelles seraient trop « voyantes »… (hypothèse)

SEXUALITE

Ultime graal des sex-trémistes, la sexualité et sa douloureuse asymétrie. Que faire pour « normaliser » cette partie de la vie (plus très) privée où, quoi qu’on fasse, l’homme, parce qu’il pénètre la femme, se retrouve toujours en position plus ou moins dominante ? Et là, tenez-vous bien, nous sommes déjà entrés en phase 1. On commence à lire des choses, des gens qui disent que ça serait bien un jour de rendre symétriques les relations sexuelles. Quèsaco ? Concrètement, ils veulent promouvoir la sexualité orale et « manuelle », et supprimer le rapport sexuel traditionnel*.

– « Mais pour faire des enfants il faut bien encore en passer par la !? » Pas de panique, Madame Dubois, les enfants conçus à l’ancienne, c’est-à-dire hors Fécondation In Vitro, seront déclarés non-conformes » (hypothèse). Je m’arrête là, car l’avocat d’Aldous Huxley fronce les sourcils.

* Impossible? On suggère bien aux adolescents de s’essayer aux rapports homosexuels (phase 2

FIN

Un  jour la France entrera en guerre, et notre armée parfaitement mixte sera mise en déroute par une armée adverse 95% masculine, malgré les diverses menaces de procès qu’on leur aura envoyées (hypothèse).

*******

Que dire, que rajouter à ce tableau ? Juste qu’il y a des gens pour qui tout ceci est réellement un idéal de société, et que certains d’entre eux sont aux commandes de la France grâce à nos bulletins de vote…

Hervé Legourvière (HerveLE)

Note: le titre du post est fictif. Consultez mes autres articles sur le même thème:

La fête des « individus » une fête enfin égalitaire              Sur le point commun entre OGM et embryon humain      Parité et Egalité: les frères ennemis                    Un homme doit-il prendre le nom de sa femme?

22 juin 2013

Parité et Egalité, les frères ennemis

Classé dans : homme & femme,Valeurs — hervele @ 1 h 16 min

Parmi les figures de style inculquées en cours de français, il en est une dont je me souviens bien, c’est l’oxymore. Mais les exemples illustres servis par Victor Hugo ou Corneille  – cette obscure clarté… – sont aujourd’hui largement surclassés par l’imagination de nos politiciens, dans le terme de « discrimination positive ».

« Discrimination positive ». Prenez une seconde pour méditer le choc des deux mots…

Cet étrange principe vise à favoriser telle ou telle catégorie de personne pour corriger une inégalité de fait. Très à la mode chez certains de nos voisins (Nordiques, USA, etc.) , il connaît de plus en plus de détracteurs, tant sur ses résultats que sur son principe. Mais notre pays est champion pour redécouvrir les idées des voisins après qu’elle se sont avérées mauvaises. On parle bien de la même chose lorsqu’on fait de la parité des sexes, c’est à dire demander par exemple qu’il y ait 40% de femmes dans les conseils d’administration.

Or les juristes qui se sont penchés sur le mariage pour tous l’ont répété: deux situations différentes doivent être traitées différemment en droit et l’égalité s’entend entre situations comparables. Bref, imaginez une seconde des manifestations de célibataires sans enfants réclamant, au nom de « l’égalité » d’avoir droit aux allocations familiales! Tous les médias s’exclameraient « Mais c’est absurde! Ils n’ont rien compris! ».

L’égalité étant bien le principe selon lequel l’État doit s’efforcer de garantir le même traitement à deux situations de même nature, la question est alors de savoir si un homme et une femme sont nécessairement de même nature ou pas? De deux choses l’une,

- soit ils sont de même nature, comparables en tous points à quelques différences anatomiques près, alors l’État garantit le même traitement et la même législation et il est insupportable que des textes de loi s’appliquent différemment à des hommes et à des femmes. Cela tue dans l’œuf toute politique de parité, et à fortiori celles qu’on rencontre actuellement à savoir une version asymétrique: la loi pénalise les organisations où les hommes sont majoritaires, mais pas celles où ce sont les femmes! Insupportable asymétrie – qui est au passage dénoncée par certaines féministes de bon sens en ce qu’elles assimilent la femme à un être inférieur! L’hypothèse « de même nature » mène à des positions intenables et on ne construit jamais des urinoirs dans les toilettes dames.

- soit on déclare qu’une politique de parité homme-femme est légitime et bonne, à ce moment on est OBLIGE d’entériner le fait que hommes et femmes n’ont pas la même nature. C’est d’ailleurs le bon sens. Un texte de loi qui attribue un congé allaitement à un homme serait écrit par des idiots.

Il existe pourtant des domaines où le législateur comprend très bien ce genre de différences. Dans les jeux paralympiques, les sourds n’ont jamais le droit de concourir aux mêmes épreuves que les invalides. On a créé des catégories pour compenser les différents niveaux de handicap (c’est l’équivalent des quotas). On valide donc implicitement le fait que chaque type de handicap est de « nature » différente. Car si tel n’était pas le cas, on n’aurait qu’à faire concourir tout le monde en même temps, et les sourds gagneraient toujours car leur handicap est minime pour la plupart des épreuves sportives. (C’est un raisonnement, loin de moi l’idée de dire que l’un ou l’autre des sexes serait « handicapé »)

En fait, vouloir à la fois traiter les deux sexes comme une seule réalité indifférenciée, et faire bénéficier les femmes d’une politique de quotas en leur faveur, c’est vouloir le beurre et l’argent du beurre. Et c’est aussi être contre-productif, en créant un sentiment d’injustice et au bout du compte un clivage entre les deux groupes qu’on cherche justement à « réconcilier ». Ainsi vouloir égaliser à tout prix les salaires moyens des femmes alors même qu’il est prouvé qu’elles ne travaillent pas (et ne souhaitent pas travailler) autant d’heures par semaine que les hommes en moyenne, n’est-ce pas déjà créer une inégalité supérieure à celle qu’on veut gommer?

Au demeurant, voir les mêmes qui distillent l’idéologie du genre réclamer des quotas paritaires m’amuse beaucoup, car ils admettent par là même qu’il y a bien une différence de nature irréductible entre les sexes… quel journaliste honnête (encore une figure de style?) osera les mettre devant leurs contradictions?

Herve Legourvière (LerveLE)

16 juin 2013

La fête des parents

Classé dans : actualité,homme & femme,Valeurs — hervele @ 0 h 31 min

Si vous aviez la télévision ou Wikipedia, vous auriez sans doute appris récemment qu’avant d’être une fête surtout commerciale, la fête des mères est célébrée dans de très nombreux pays et civilisations depuis des siècles. La fête des pères, qui a aussi existé dans le catholicisme, n’est en revanche officialisée que depuis une cinquantaine d’années; elle est moins fêtée mais prétend aujourd’hui à un statut équivalent.

Analyse: il est difficile de ne pas faire le parallèle entre cette différence de « notoriété » qui s’estompe petit à petit, et la convergence égalitaire entre les hommes et les femmes dans la vie quotidienne et les comportements. A l’heure où l’homme fait la vaisselle, prend un congé paternité, s’épile, en face les comportements féminins se « masculinisent » (et c’est la triste vérité de l’explosion des chiffres du cancer du poumon chez les femmes), pourquoi devrait-on encore célébrer plus la fête des mères que celle des pères?

Il me semble que le « schéma » familial de la mère au foyer accomplissant la quasi-totalité des tâches ménagères et de garde des enfants, en vigueur pendant des décennies, justifiait cent fois la célébration toute particulière de la mère pour son dévouement sans limites, une injustice au quotidien pourrait-on dire. Et une journée par an pour réparer cette injustice (On me signale « deux », ah oui il y a la journée de la femme), c’était bien peu.

Qu’à cela ne tienne. La joyeuse théorie du genre veut, depuis, nous faire avaler que hommes et femmes être blanc bonnet bonnet blanc kif kif bourricot. C’est d’ailleurs prouvé: une psychologue féministe américaine (jeu: devinez son orientation sexuelle) y a réfléchi pendant longtemps et a reçu beaucoup de subventions pour en parler. Du coup, au diable la tradition, hop on fusionne les deux fêtes sus-mentionnées en une seule fête des parents! Et ça prouve bien au passage que la théorie du genre est vraie puisqu’on l’applique dans certaines écoles!

Quoiiiiii? Des critiques? Qui ose? Et paf, la parade vient instantanément:

- « Oui mais la fête des mères était discriminatoire pour tous les orphelins, Monsieur! »

Silence gêné dans la salle. M. Dufoin se demande s’il n’existerait pas un lobby des orphelins qui pourrait par malheur lui coller un procès s’il continuait de s’acharner à fêter sa maman…

L’argument de la discrimination, un petit coup de culpabilisation… ET VAINQUEUR PAR K/O !

Un petit malin au fond de la salle:

« Pourquoi alors on n’interdit pas le mariage, c’est discriminatoire envers les moches qui ne trouvent pas de partenaire? »

Là, ils ont carrément appelé la sécurité.

 

C’est pourquoi, comme je dis souvent à mes enfants quand ils traversent la rue: il ne faut jamais s’arrêter au milieu du chemin; alors poussons les raisonnements jusqu’au bout, voyons où cela nous mène: si discrimination il y a je propose carrément de remplacer toutes ces fêtes par une seule (qui durerait 1 semaine du coup): La FETE des INDIDIVUS. Enfin un terme technique et statistique qui n’est discriminatoire pour personne, enfin une société réenchantée où chacun se fête lui-même sans avoir à penser aux autres.

 

Tout ceci est quand même bien triste, heureusement personne ne m’empêchera de finir cet article sur une note joyeuse: le fa#.

 

Herve Legourvière (HerveLE)

 

14 juin 2013

HOMME vs FEMMES, il serait temps de déclarer match nul

Classé dans : homme & femme,Valeurs — hervele @ 18 h 08 min

ERREUR 404: le débat n’est surement pas de savoir en faveur de quel sexe il faut se placer, comme si l’on était dans une arène et qu’il ne pouvait y avoir qu’un vainqueur ! (voir à ce sujet la pièce d’Aristophane L’Assemblée des femmes). Pourtant c’est ce que veulent certains mouvements féministes. Le débat consiste plutôt à faire la part des choses entre deux notions aussi radicalement éloignées l’une de l’autre que ne l’est un homme du lit d’une femme lorsqu’il lui dit « on baise? »:

Bref, je parle de la similitude, d’une part, et de la complémentarité d’autre part.

 

La similitude est ce qui caractérise, par exemple, deux hommes ou deux femmes. Prônez la similitude entre hommes et femmes et, d’une part, vous ne l’atteindrez jamais à moins d’user de méthodes dictatoriales, d’autre part ce que vous n’aurez pas gommé deviendra parfaitement intolérable. Comme le démontrait Tocqueville ici, plus l’égalité progresse objectivement dans une société et plus l’inégalité résiduelle est ressentie comme insupportable. Pire que loi des rendements décroissants.

 

On se demande aujourd’hui pourquoi Mathurin et Margot, braves paysans du Moyen-âge, acceptaient si bien leur sort face à l’aristocratie. La réponse est simple : ils étaient persuadés d’être différents, voire inférieurs. Bien heureusement les lumières nous ont révélé que les hommes ont la même dignité et les mêmes droits quelle que soit leur naissance. Mais pas égaux tout court, attention. Et s’il est une différence de taille et impossible à réduire, c’est bien celle du sexe. C’est d’ailleurs la première information dont deux personnes s’enquièrent lorsqu’elles se rencontrent, très loin devant l’âge ou les études. Or beaucoup plus qu’une différence, c’est une vraie complémentarité. Alors que nos braves paysans auraient pu se débrouiller sans l’aristocratie ou le clergé, Margot ne peut se passer de Mathurin, Mathurin ne peut vivre heureux sans Margot. (Je précise qu’ils sont hétérosexuels)

 

De même que si je veux repeindre un pan de mon mur blanc je n’arriverai jamais à atteindre exactement la même teinte, et chaque tentative ne fera que faire jurer une peu plus les deux couleurs, aussi j’ai tout intérêt à repeindre cette partie du mur avec une couleur « complémentaire » ou « assortie », qui empêchera toute comparaison et créera une harmonie naturelle. Mais non, nos politiques, à défaut de trouver une teinte assortie veulent tout repeindre avec la nouvelle teinte et effacer l’autre, ils veulent tout mettre au ton du féminisme et en finir avec le vieux mâle (lire à ce sujet l’excellente analyse d’Eric Zemmour dans ce livre).

 

Ainsi, la complémentarité implique par nature l’égalité parfaite. Il n’y a plus de comparaison, plus matière à revendication. La femme porte la vie, elle a besoin de protection. L’homme lui apporte ce qu’elle n’a pas et réciproquement. Si je ne peux vivre sans toi, et toi sans mois, alors nous sommes absolument égaux.

 

La quête de l’égalité est, en réalité, une des pires idées fixes de la gauche. Elle ne sévit pas que dans le domaine de la représentation des sexes, loin de là.

 

La quête de l’égalité sans limite est une sorte de gros éléphant lancé à pleine vitesse et qui va balayer sur son passage la fragile porcelaine de la liberté individuelle, la fine faïence du bien commun, en ne laissant derrière lui que les débris du communautarisme et la division du pays…

 

 Herve Legourvière (HerveLE)

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