5 juillet 2013

Faut-il avoir peur du risque nucléaire (militaire)?

Classé dans : actualité,pensées — hervele @ 14 h 40 min

Risques de crise nucléaire en Iran et en Corée du Nord: quelques réactions en vrac (et non en chaîne)

Faut-il avoir peur du risque nucléaire?

Il faut bien admettre que depuis l’attaque de deux villes japonaises par little boy et fat boy, les « nukes » n’ont fait aucune victime intentionnelle en 70 ans. On a eu des crises, oui, avec le point culminant à Cuba en 1962 où on aurait frôlé la catastrophe. Mais existe-t-il une menace qui s’est aussi peu concrétisée et qui pourtant a fait l’objet d’autant de scénarios hollywoodiens?

C’est pourquoi j’affirme, avec aplomb (c’est pour me protéger des radiations), que l’invention de l’arme nucléaire mériterait sérieusement le prix Nobel de la Paix. Certaine m’accuseront d’être totalement cynique envers les victimes japonaises, j’en suis conscient et leur sort a été dramatique bien entendu. Il est toujours délicat de donner du poids aux victimes qu’il n’y a pas eu et l’humanité est bien peu prolixe en remerciements pour des gens qui ne se rendent pas compte qu’ils ont été sauvés à un moment donné. Tout comme les accidents de la route où on parle de « 300 victimes évitées » on est toujours un peu dans du virtuel. On ne pourrait hélas confirmer qu’elles ont été vraiment évitées que le jour où un type inventera la machine à voyager dans le temps.

Bref, j’affirme également que l’Europe ne doit le demi-siècle de paix ininterrompue qui a suivi sa construction, qu’à la présence de deux blocs d’hyper-puissances tous deux munis de l’arme atomique. Qui peut affirmer qu’un conflit franco-allemand n’aurait pas pu se reproduire, sans la menace nucléaire planant, telle une épée de Damoclès, sur les partis en présence?

D’un point de vue purement « mathématique »: vous pouvez retrancher 200 000 soldats de 300 000, vous pouvez comparer des tank avec des avions, mais la capacité de destruction presque « infinie » de la bombe fait que l’infini sur l’infini restera toujours indéterminé. C’est finalement ce qui, la plupart du temps, dissuade d’attaquer. Bombe H contre bombe H, on ne pourra jamais savoir qui sera le vainqueur (il n’en aura probablement pas d’ailleurs). La seule utilisation* de l’arme, au Japon, restera il y a fort à parier unique dans l’histoire, et vient surtout du fait qu’ils étaient les seuls à l’avoir à l’époque!

Étonnant de s’imaginer qu’un tel instrument de mort a peut-être sauvé 10 fois plus de gens qu’il n’en a tué.

*intentionnelle, militaire, je ne parle pas d’un accident ou d’un acte terroriste

 Herve Legourvière (HerveLE)

25 juin 2013

« J’vais le dire à mes parents » contre « même pas mal »: résumé désabusé des relations internationales

Classé dans : pensées — hervele @ 2 h 22 min

Pourquoi a-ton parfois l’impression que les pays se comportent entre eux comme des enfants dans une cour de récréation? Alors qu’une nouvelle version de la guerre froide est en train de se dessiner en Syrie (OTAN vs RUSSIE, avec des complications locales), alors que les conférences de paix se font dans des hôtels de plus en plus luxueux, avec toujours plus de petits-fours et de discussions courtoises dans le langage feutré et alambiqué qui est celui des ambassades, les relations entre états demeurent désespérément dans le registre comportemental d’un enfant de 8 ans, starring:

- La loi du talion et son éternel cycle de vengeances (tu m’as volé ma bille, je te vole ton yo-yo, etc.)

- Le donnant/donnant: pas question que je fasse une bonne action avant que toi tu en fasses une, donc statu quo.

- Le chantage: je ne t’inviterai jamais à ma boum tant que tu ne feras pas ça et ça… et son pendant, la protection mafieuse: tu n’as pas à t’inquiéter et on est en bonnes relations tant que…

- Le manichéisme: si tu n’es pas avec nous tu es contre nous.

- L’intimidation: je peux appeler mon grand-frère si je veux.

L’exemple récent des velléités nucléaires de l’Iran (de la méfiance d’Israël et de son grand frère américain) ou encore des sanctions commerciales de type « Talion » entre la Chine et l’Europe étaient assez édifiant de ce point de vue.

La réponse est peut-être simple, simple comme de dire que plus les intérêts en jeu s’accroissent, plus le type de relation s’appauvrit et se radicalise, ou que cela tient au fait que les États souverains ne peuvent pas être assimilés à des individus d’une société qui se soumettent à une loi commune décidée à la majorité et garantissant un ordre juste. La loi qui s’applique entre pays souverains est la loi du plus fort, point. Au reste il est intéressant de se demander alors pourquoi partant d’un état de nature (Rousseau) soumis à la violence les états n’ont pas suivi la même trajectoire en se mettant d’accord sur une gouvernance commune, en déléguant leur souveraineté à un pouvoir supérieur. Pourquoi l’Europe ne fonctionne-t-elle pas? N’est-ce pas que le risque encouru par un individu qui sort de la société est tout simplement la mort, alors qu’il est moindre pour un état, toujours capable de vivre en autarcie… ou de survivre sous le joug d’un autre?

Est-ce que, au contraire, l’éloignement de l’éventualité d’une guerre (l’annihilation d’un plus faible par un plus fort) entre nations occidentales n’a pas justement conduit à ce durcissement des relations, à ce jeu d’esbroufe et d’intimidation qui vient remplacer l’affrontement direct entre blocs alliés?

Mais ce ne sont là que des hypothèses lancées en l’air.

On aimerait, hélas, voir de temps à autres des comportements altruistes, de la « politesse » que diable! On aimerait qu’un jour un pays ayant reçu une aide financière ou une remise de dette fasse un remerciement public aux citoyens du pays créditeur. Eh quoi, est-ce parce que la bonne action était motivée par des raisons peu avouables que le receveur se passe de remerciement? Que de mauvaise éducation dans les relations internationales: A quand des excuses pour un avion détruit à la frontière?

Qu’est-ce que cela ferait du bien d’entendre un dirigeant jouer le jeu de la vérité: « voila, nous ne signons pas ce traité car nous n’avons pas envie de froisser tel pays et nous avons peur d’être en position de faiblesse »…au lieu des sempiternels mots creux et concepts fleuves. Mais je m’égare et j’idéalise.

Toujours est-il que la cour de récréation, ça a toujours plu aux masses. Les peuples se flattent de voir leur chef déclarer en substance « si tu me touches, je te tape très fort ». Et je me demande si en démocratie les citoyens ne sont pas « gavés », saturés de vivre au quotidien dans des relations bridées, feutrées et hypocrites (qu’est-ce que la politesse, sinon de l’hypocrisie?) et alors une part d’eux-mêmes rêve d’en découdre avec cette loi du plus fort, de se frotter à l’autre! Ça doit être la raison pour laquelle la politique internationale occupe autant de pages dans les journaux quotidiens.

  Herve Legourvière (LerveLE)

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