1 août 2013

La nature à la rescousse de l’impôt

Classé dans : économie,res publica — hervele @ 0 h 09 min

Hausse, progression, accroissement, élévation, augmentation, la langue française regorge de mots pour décrire le sort actuel de l’impôt en France. Il faut que les riches paient, alors parlons un peu des riches et de la façon de les faire « payer »: les deux voies royales étant les droits de succession et l’ISF (« incitation à sortir de France » en est l’acronyme ironique). Mon but ici est de prouver qu’il est possible de remplacer ces deux méchants impôts contre-productifs par un mécanisme neutre et tout aussi efficace. En guise d’introduction je rappelle ici les quatre caractéristiques d’un bon impôt:

1°) assiette large 2°) taux faible 3°) simplicité 4°) (moralité, cette dernière étant plus « subjective »)

Comme vous, j’ai passé de nombreuses soirées à discuter avec des amis de la légitimité de pouvoir transmettre à ses enfants une partie plus ou moins grosse des fruits de son travail. Or ces réflexions qui rythment notre existence ne sont pas étrangères à son but même: transmettre, laisser une trace, avoir un meilleur sort que celui de ses parents, n’est-ce pas, justement, le fil rouge de notre passage sur Terre? Voilà bien un sujet « Rousseauiste » où précisément l’intérêt particulier peut diverger fortement de l’intérêt général, comme on peut à la fois vouloir payer moins mais accepter que tout le monde paie plus…

Premièrement y-t-’il contradiction entre la recherche d’égalité des chances et la possibilité d’hériter d’un certain patrimoine? Comme d’habitude, étudions d’abord les extrêmes et poussons le raisonnement aux limites. Si l’État vous permet d’hériter d’un patrimoine très, très supérieur à ce qu’un français moyen pourra jamais économiser, alors que vous n’avez rien foutu de votre vie, là oui c’est vilain. Inversement, si l’État vous empêche de léguer à vos enfants ne serait-ce que le disque vinyle préféré de votre vieille mère, là aussi c’est vilain. C’est donc qu’il y a un juste milieu, chouette encore un problème de curseur!

Sur un plan de principe, j’entends parfaitement les voix qui réclament la fin d’un impôt sur la « mort », et sur des sommes déjà imposées une, parfois deux fois! D’aucuns argumentent sur le côté profondément immoral d’un impôt qui ne vous touche que si vous avez économisé sagement toute votre vie mais vous épargne si vous avez tout claqué sans vous soucier de vos enfants… Aussi je fais les propositions suivantes:

1°) Ne pas taxer* les héritages dans la limite de ce qu’une personne travaillant au salaire minimum parvient à économiser en toute une vie (à moduler selon le nombre d’enfants, conjoints, etc.).

2°) Au delà de ce « plancher », proportionner le montant qu’on peut recevoir à la richesse qu’on a réussi à accumuler de nos propres mains, comme par exemple taxer peu les sommes jusqu’à 50% de votre patrimoine** , et beaucoup au delà. Ce qui permet à quelqu’un qui le veut vraiment de conserver la « demeure familiale ».

3°) Permettre à l’héritage de « sauter une génération » car la durée de vie s’allongeant inexorablement, on en vient aujourd’hui à ne profiter du coup de pouce de nos parents qu’à notre retraite, c’est-à-dire quand on a enfin remboursé l’emprunt mais qu’on vient de se casser le col du fémur. Bref, créer une puissante incitation pour que les gens épargnent pour leurs enfants.

En somme, si le but (louable) est de récupérer (i.e. faire circuler) l’argent des très riches, j’ai beaucoup mieux à proposer: faites-leur faire des gosses! La fécondité a souvent tendance à être inversement proportionnelle aux revenus, c’est malheureux. Rien de plus efficace pour diviser un patrimoine que de le répartir entre les enfants. L’état se payant sur la circulation des biens (= le « frottement » économique, tout ce qui bouge laisse des miettes à l’état), il s’y retrouvera forcément d’une façon ou d’une autre (ex. lors de la revente des biens héhéhé). Avec des patrimoines divisés donc plus modestes, le risque d’évasion fiscale ou d’expatriation, au demeurant, est considérablement réduit, pour preuve il suffit de comparer les barèmes d’imposition de nos voisins pour déchanter assez vite sur leur taux d’imposition des classes moyennes supérieures… Il n’y a que pour les millionnaires que c’est intéressant.

Même l’histoire nous l’explique on ne peut plus clairement lorsque par exemple l’héritage de Charlemagne fut dramatiquement séparé entre ses trois fils condamnant la France à oublier ses velléités de domination européenne pour un moment.

Pourquoi inciter les riches à faire des enfants? Parce qu’en général, ils ont les moyens de les éduquer, de les cultiver au mieux, et que c’est bénéfique pour la société dans son ensemble. Ne vous en déplaise, les enfants des riches vont dans des écoles privées, coutent moins en assistantes sociales, en gardiens de prisons, sont moins au chômage, ont une meilleure santé, cotisent plus et plus longtemps, créent plus d’entreprises, etc. Bref même si vous ne les aimez pas, les riches font baisser vos impôts. Du coup, je fais entièrement confiance à l’État pour imaginer tout un tas de dispositifs conditionnels en ce sens, c’est son boulot. Or jusqu’à présent, il a de façon absolument stupide encouragé les riches à avoir le moins d’enfants possible pour échapper à la division du patrimoine, tout en les rendant malheureux par des taux d’imposition staliniens tandis que la filiation les rendrait au contraire heureux de voir leur biens divisés: heureux dans leur malheur, on ne pouvait rêver mieux et c’est la nature qui l’a fait (cf. cette magnifique théorie du gène égoïste)! Donc Haro sur les riches célibataires, et subventions à gogo pour les familles nombreuses millionnaires***, qui ne le resteront de toute façon pas très longtemps!

Reste à savoir si le gouvernement socialiste verra d’un bon œil cette prolifération de futurs électeurs de droite potentiels… mais on leur fait confiance pour le lavage de cerveau!

Hervé Legourvière (HerveLE)

 

*Non, ce n’est pas un cadeau gratuit. Franchement, l’État a bien d’autres moyens de récupérer intelligemment des sous que celui-là…

**En retirant of course les apports d’autres sources: autres héritages éventuels, euro-millions, etc.

*** familles nombreuses stables, de préférence, mais je traiterai de cela dans un prochain billet.

16 juillet 2013

OGM, embryon humain… avec quel crayon tracer la limite?

Classé dans : actualité,pensées,Valeurs — hervele @ 22 h 19 min

Qu’est-ce qui peut bien pousser les parlementaires de gauche, le même jour à interdire les recherches sur les OGM et à autoriser celles sur l’embryon humain? J’avais déjà dénoncé sur ce site la contradiction des positions écologistes sur ces deux questions. Bien sûr, on n’en est pas encore à faire des OGM humains, mais la ligne est franchie et je ne vois pas de raison suffisante de s’arrêter en un point précis entre les deux rives que sont le moratoire complet sur nos embryons et en face le bidouillage généralisé du matériau humain.

La loi est ainsi faite qu’elle a besoin de tracer des limites entre des notions, et lorsque ces limites sont difficiles à établir elle fait toujours mieux de les tracer de façon exagérée trop d’un côté ou de l’autre, plutôt que de les tracer arbitrairement au milieu, car au milieu point de haut-fond où jeter l’ancre.

Ainsi en est-il, exemple frappant, du droit d’avorter établi, de façon totalement arbitraire à 14 (ou 22 pour l’IMG) semaines maximum (est-ce issu d’un compromis entre deux lobbies?), parce que voyez-vous, il ne se passe rien de spécial à 14 ou 22 semaines. Ce délai étant régulièrement prolongé, un peu comme pour le tunnel sous la manche on voit venir le jour inéluctable où il rejoindra le moment où la médecine arrive à faire naître des bébés prématurés (aujourd’hui c’est 21 semaines)… situation étrange où un bébé serait viable mais on aurait droit de vie et de mort dessus?… Aussi la loi gagnerait à grossir le trait, et à déclarer tout avortement* illégal ou bien tout avortement autorisé jusqu’à la naissance (aucun jugement de ma part ici sur lequel serait bon ou mauvais). Mais là encore, qu’y a-t-il de si différent entre une minute avant la naissance et une minute après? Rien, au fond, si ce n’est les 30cm qui séparent l’utérus de la sortie! **

Il en est ainsi de la loi sur la fin de vie (quelle distinction entre laisser mourir et arrêter d’alimenter…), de la loi sur les OGM (un OGM « naturel » est-il un OGM?), la GPA plus ou moins permise, la limite de 2 mois pour l’application réelle d’une peine de prison, le cannabis (pénalisé, mais toléré ans les salles spéciales) etc. de tout un tas de lois… Rien n’est plus frustrant que le flou législatif, le fameux « interdit-autorisé » qu’il crée autour de lui, parce que l’ancre est mal arrimée au fond et le flot fait balloter le navire. Assumer nos choix sociétaux et scientifiques, ne pas laisser nos voisins, la conjoncture, les cas particuliers ou les modes passagères de la population perturber ces choix par des frontières légales mal bâties, des principes clairs bafoués au prix du compromis.

Mais avant toute chose, pour qu’une loi soit solide, il faut que les mots qui la composent le soient aussi. Le mot « sociétal » qui  n’existait pas en 1958, au moment de l’écriture de la Constitution, a pourtant été utilisé par Hollande pour justifier l’impossibilité d’un référendum sur le mariage. Un mot, rien qu’un petit mot, dont le sens est flou, peut sceller un choix majeur de civilisation.

Or  « Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté«  a dit Confucius. Phrase à méditer plus que jamais.

 

Hervé Legourvière (HerveLE)

* hors vie de la mère en danger par exemple qui constitue un cas très clair.

** Et si j’étais vraiment cynique, je rajouterais que la prochaine limite claire que j’aperçois, la prochaine terre ferme à l’horizon, c’est le moment où l’enfant acquière la conscience de lui-même et par là même la caractéristique fondamentale de l’espèce humaine. Donc il serait presque plus logique d’autoriser l’avortement jusqu’aux 3 ans de l’enfant qu’à sa naissance… allons bon!

Nouvelle Marianne: merci google image mot clé « blonde »

Classé dans : actualité,parodie,res publica,Valeurs — hervele @ 12 h 08 min

Pardon d’avance d’ajouter une énième réaction au brouhaha qui a suivi l’annonce du nouveau timbre Marianne.

Le visuel ICI (je ne mets pas d’image sur le blog).

sur l’analyse graphique (uniquement) de la Marianne, je recommande cet article du nouvel observateur pertinent et critique.

Quant à la démarche du dessinateur, totalement militante, qui consiste à associer plus ou moins officiellement notre symbole national à une femen,  certains rétorquent que c’est seulement « inspiré de ».. mais bon pour pondre une telle image tout droit sortie d’un manga, avait-il besoin de s’inspirer précisément de cette femme , et le même résultat n’eut-il pas été obtenu en tapant « blonde » sur Google image?

Et notre devise nationale en sortirait grandie?!

Quid de la liberté, quand ces femmes demandent la suppression des religions?

Quid de l’égalité, quand conduites au poste pour des violences physiques, elles s’en tirent avec un simple contrôle d’identité?

Quid de la fraternité, quand elles disent à ceux qui ne sont pas d’accord d’aller « lécher leur cul »?

D’autres voix s’élèvent, celles qui sont là habituellement pour nous rappeler que ce n’est jamais un tout petit dixième de degré de plus dans la casserole de la grenouille qui va la faire cuire, ces voix pour minimiser l’évènement, « ce n’est qu’un timbre », « plus personne n’envoie de lettre », etc. Au demeurant, il y a plus de gens qui utiliseront ce timbre que de gens possédant un drapeau français, et pourtant l’outrage au drapeau est puni de prison, alors je ne sais pas… (cela est dans la droite ligne de notre président posant devant un drapeau français à l’envers = les symboles on s’en fiche pas mal)

La réaction de l’intéressée vient couronner le tout d’une couche de vulgarité et de haine religieuse, mais elle peut se le permettre à présent qu’elle est logée-blanchie par la République!

J’aurais aimé, en ces temps troublés où la politique est chahutée (ou cahu-tée ?) et minée par de bas intérêts particuliers, qu’au moins un signal positif puisse nous rappeler la noblesse de nos symboles nationaux. C’est raté…

Hervé Legourvière(HerveLE)

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Mes arguments pour un jour férié par semaine, au hasard: le dimanche. 

 

 

11 juillet 2013

Charlie Hebdo ou comment accli-mater des religions à la laïcité

Classé dans : actualité,parodie,Valeurs — hervele @ 2 h 47 min

Charlie Hebdo: les fidèles doivent-ils tendre l’autre joue ou dénoncer une atteinte blasphématoire?

Le petit journal satyrique a encore frappé, cette fois c’est l’Islam qui fait les frais d’une une (Word me propose « effacer le mot répété » lol) qui tient plus de l’inscription au Tipp-Ex sur une table de lycée que d’un trait d’esprit mûri par une grosse journée de brainstorming. On attend dorénavant des attaques sur tous ceux qui ont jusque là été épargnés, j’ai nommé les roux, les végétariens, les Belges, les ambidextres… bref, tous ceux qui sont toujours dans le fameux avion de la blague.

Qu’à cela ne tienne, pour le moment Charlie Hebdo concentre ses attaques sur la deuxième religion française et sur la religion historique (réciproquement l’islam et le catholicisme (les deux étant devancées, personne ne le sait, par l’astrologie en nombre d’officiants)).

L’histoire littéraire, montre qu’une œuvre pamphlétaire est d’autant plus réussie qu’elle dénonce d’un sujet 1°) sensible 2°) censuré 3°) propice à des abus. A certaines époques l’Église faisait sans problème un « check all », mais aujourd’hui? Ici la question centrale est : pourquoi les musulmans s’offusquent beaucoup plus que les cathos de ce genre de dessin? Et qui a raison, c’est-à-dire quel est le comportement le plus efficient en termes de « marketing » pour une religion? (deux pièces dans le cochon!).

Premièrement ces dessins respectent la loi française qui ne reconnait pas le blasphème. Est-ce une bonne chose? Oui (et au passage la loi de 1905 a été faite tout autant pour protéger l’Etat de l’Église que l’inverse…).  Les musulmans par leur indignation montrent qu’ils n’ont pas intégré cette loi dans leur culture, pas apprivoisé la laïcité, et qu’il y a encore du chemin à faire. Il faut que la main passe et repasse pour assouplir le cuir!

Bref, si nous voulons que ce journal continue à vendre, offusquons-nous à chaque fois, nous faisons ses choux gras; mais si au contraire nous voulons que les caricatures s’arrêtent, rien de plus simple: le mépris! Faisons comprendre au monde que les cathos ont accepté les règles de la vie laïque, qu’ils sont au dessus de la mêlée, que leur foi est infiniment plus solide que ces quolibets de caniveau, et qu’enfin, à la limite, ils se voient érigés en victimes injustes d’une presse qui pour vendre ne sait plus que salir. Circulez, y’a rien à voir.

Tocqueville, encore une fois, le disait prophétiquement: ce n’est que le jour où une religion renonce enfin à son pouvoir temporel sur les fidèles qu’elle acquiert, aussitôt, un pouvoir spirituel d’autant plus fort et légitime sur eux, qu’il sera »choisi » et non « subi ».

 

Hervé Legourvière (HerveLE)

 

5 juillet 2013

Faut-il avoir peur du risque nucléaire (militaire)?

Classé dans : actualité,pensées — hervele @ 14 h 40 min

Risques de crise nucléaire en Iran et en Corée du Nord: quelques réactions en vrac (et non en chaîne)

Faut-il avoir peur du risque nucléaire?

Il faut bien admettre que depuis l’attaque de deux villes japonaises par little boy et fat boy, les « nukes » n’ont fait aucune victime intentionnelle en 70 ans. On a eu des crises, oui, avec le point culminant à Cuba en 1962 où on aurait frôlé la catastrophe. Mais existe-t-il une menace qui s’est aussi peu concrétisée et qui pourtant a fait l’objet d’autant de scénarios hollywoodiens?

C’est pourquoi j’affirme, avec aplomb (c’est pour me protéger des radiations), que l’invention de l’arme nucléaire mériterait sérieusement le prix Nobel de la Paix. Certaine m’accuseront d’être totalement cynique envers les victimes japonaises, j’en suis conscient et leur sort a été dramatique bien entendu. Il est toujours délicat de donner du poids aux victimes qu’il n’y a pas eu et l’humanité est bien peu prolixe en remerciements pour des gens qui ne se rendent pas compte qu’ils ont été sauvés à un moment donné. Tout comme les accidents de la route où on parle de « 300 victimes évitées » on est toujours un peu dans du virtuel. On ne pourrait hélas confirmer qu’elles ont été vraiment évitées que le jour où un type inventera la machine à voyager dans le temps.

Bref, j’affirme également que l’Europe ne doit le demi-siècle de paix ininterrompue qui a suivi sa construction, qu’à la présence de deux blocs d’hyper-puissances tous deux munis de l’arme atomique. Qui peut affirmer qu’un conflit franco-allemand n’aurait pas pu se reproduire, sans la menace nucléaire planant, telle une épée de Damoclès, sur les partis en présence?

D’un point de vue purement « mathématique »: vous pouvez retrancher 200 000 soldats de 300 000, vous pouvez comparer des tank avec des avions, mais la capacité de destruction presque « infinie » de la bombe fait que l’infini sur l’infini restera toujours indéterminé. C’est finalement ce qui, la plupart du temps, dissuade d’attaquer. Bombe H contre bombe H, on ne pourra jamais savoir qui sera le vainqueur (il n’en aura probablement pas d’ailleurs). La seule utilisation* de l’arme, au Japon, restera il y a fort à parier unique dans l’histoire, et vient surtout du fait qu’ils étaient les seuls à l’avoir à l’époque!

Étonnant de s’imaginer qu’un tel instrument de mort a peut-être sauvé 10 fois plus de gens qu’il n’en a tué.

*intentionnelle, militaire, je ne parle pas d’un accident ou d’un acte terroriste

 Herve Legourvière (HerveLE)

4 juillet 2013

Comment le gouvernement est en passe de juguler totalement l’immigration

Classé dans : parodie,res publica — hervele @ 3 h 37 min

Face aux chiffres de l’immigration en hausse chaque année ou presque, le gouvernement socialiste répugne à utiliser la manière forte et à taper du poing sur la table, sans doute de peur de se faire mal à la main. Et puis ça n’est pas dans ses gènes d’expulser, de reconduire, de contrôler…

A tous ceux qui continuent de dire que le PS ne fait rien et précipite l’apocalypse, eh bien je m’inscris en faux: le PS a bel et bien une stratégie qui vaut ce qu’elle vaut, la voici en exclusivité:

Il faut s’attaquer à la cause du problème, la cause du problème, d’après les principales chaines de télévision nationales, est que les immigrés viennent chez nous par amour de la France et de sa grandeur, pour le rêve républicain et les valeurs de démocratie qu’il garantit aux opprimés. Supprimons ces vains oripeaux, et plus personne ne voudra venir chez nous! Moralité: a commencé depuis 1 an un sérieux travail de sape en profondeur de notre nation, de notre histoire, de notre prestige, les notions de liberté d’aller et de venir sans être mis en garde à vue ne sont plus qu’un vague souvenir… Bref, toute la politique de gauche qui SEMBLE être une catastrophe pour notre beau pays n’est EN FAIT qu’un astucieux STRATAGÈME secret pour mieux tromper les milliers de migrants prêts sinon à nager vers leurs allocations notre étendard. Mais ils ne l’avoueront jamais, sinon ça ne serait plus un stratagème secret.

CQFD.

 Herve Legourvière (HerveLE)

3 juillet 2013

Que se passerait-il si tout le monde avait son bac+5?

Classé dans : économie,pensées — hervele @ 18 h 47 min

Les meilleurs élèves du lycée obtenaient parfois un 21/20 grâce à la question « bonus ». Fair enough! Cette pratique alors anecdotique a été érigée en règle dans l’épreuve du baccalauréat aujourd’hui et les circulaires internes demandent aux correcteurs de noter non plus sur 20, mais sur 24, cela fait quand même une hausse de plus de 15%. Cela n’a pas l’air de trop choquer les gens, et pourtant. Et pourtant… c’est ce qu’on appelle en économie, sans tourner autour du pot, une dévaluation en bonne et due forme. Tu as une note de 18? Pas de chance, elle n’en vaut plus que 15 maintenant… La dévaluation en économie est efficace (Chine, Suède…), elle renchérit le cout de la denrée étrangère, et rend plus compétitive à l’export (elle n’est bien entendu efficace que si les voisins ne font pas la même chose!). Nos étudiants titulaires du nouveau « bac » seraient-ils plus compétitifs? Hélas rien d’équivalent dans le domaine humain… Il est regrettable que la France pratique sans vergogne la dévaluation éducative, vouée à l’échec, et ne l’envisage pas dans le domaine monétaire où cela serait salutaire. Ce qu’on constate, et d’une façon générale dans des domaines aussi divers que l’éducation, la culture, l’intégration des minorités, le déficit des comptes publics, et j’en passe, c’est un abandon généralisé de nos niveaux d’exigence.

Dévaluation éducative égal plus de diplômes et d’années d’études pour quoi?

La hausse continuelle des taux de réussite au bac, le nombre croissant des étudiants faisant des études supérieures toujours plus longues pour au final mendier un stage devrait inciter tout observateur possédant 2 bras,  2 jambes et un cerveau à se poser certaines questions prudentes:

1°) Est-il vrai que notre société a besoin de personnes toujours plus qualifiées? Pourtant cela fait un bout de temps que la structure de notre économie est stable (avec une désindustrialisation en fond de tableau mais passons)

2°) A quoi sont censées servir toutes ces années d’études supplémentaires?A qualifier les gens dans un domaine toujours plus précis, ou au contraire à leur donner une culture générale la plus large possible, c’est-à-dire les « élever intellectuellement » pour qu’ils soient de meilleurs citoyens?

3°) En quoi un système d’il y a 40 ans (où le bac était une garantie suffisante sur votre CV pour vous faire embaucher dans n’importe quelle boite du CAC40 sur-le-champ), est-il forcément inférieur à un système où on vous traine d’entretien en entretien pour finir par vous avouer qu’un type avec un double master génie des procédés-philosophie, la pratique d’une 4è langue et président d’un club de dégustation de vin vous a finalement damé le pion? (et sous-question 2: En quoi l’argument des gens qui me traitent de « réactionnaire nostalgique d’une époque révolue » est-il pertinent?)

4°) Si tout le monde doit faire des études supérieures, alors pourquoi ne pourrait-on pas tout simplement mettre le bac après le master? (article intéressant à ce sujet trouvé ici sur le rôle du bac)

5°) On dit toujours que le travail est ce qu’il y a de plus formateur… non?

6°) Accepter un travail sous-qualifié ne crée-t-il pas un mal-être, un manque de valorisation voire une dépression? (sisi)

7°) Qui est censé assumer la charge toujours croissante d’un enfant à la maison pendant X années supplémentaires à l’heure où les solidarités générationnelles disparaissent et où même les parents sont touchés par la crise?

8°) Alors qu’on sait très bien qu’une économie a besoin de main d’œuvre peu qualifiée, que le manque d’ouvriers en début de chaîne est un frein énorme à la croissance, pourquoi est-ce tabou de parler du rôle de l’immigration alors qu’on sait très bien que les immigrés prennent en majorité ces emplois peu qualifiés? Qui a voulu cela, qui soutient cette dynamique et quels intérêts sont derrière? (question qui est soulevée par un lecteur qui aurait été sur des sites « nauséabonds »).

9°) Si je fais trop d’années d’études, est-ce que je ne risque pas de ne jamais avoir assez de trimestres pour ma retraite?

Bref, dévaluation, dilution des études sur un temps plus long (la relativité sans doute…), courses aux armements sur des diplômes « d’affichage », décalage entre offre et demande, démotivation profonde des candidats, tout n’est pas joli joli sur le marché du travail pour la génération qui arrive…

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  Herve Legourvière (HerveLE)

2 juillet 2013

les veilleurs debout

Classé dans : actualité,res publica,Valeurs — hervele @ 1 h 07 min

Poème au veilleur devant les statues du palais de justice

 

Elle lui murmurait « tes efforts sont en vain
Mon corps entier est d’os, le tien n’est que fatigue;
Quelle cause perdue, de quel pouvoir divin
Penses-tu que tes heures seront la frêle digue?

D’autres que toi, ma foi, ont résisté naguère.
D’autres ont versé leur sang pour que je reste libre! »
Ainsi parlait Thémis, aux balances de pierre,
du veilleur silencieux questionnant l’équilibre.

Le garde attend son ordre: il se prend à douter
« A quoi bon suis-je ainsi, tout caparaçonné! »
Déjà, dans ses lointains cabinets, courroucé,

De l’armure, cherchant le défaut où entrer
Le pouvoir impuissant craint que son heure arrive.
Veillez tous, mes amis, afin qu’un peuple vive.

 

 Herve Legourvière (HerveLE)

25 juin 2013

« J’vais le dire à mes parents » contre « même pas mal »: résumé désabusé des relations internationales

Classé dans : pensées — hervele @ 2 h 22 min

Pourquoi a-ton parfois l’impression que les pays se comportent entre eux comme des enfants dans une cour de récréation? Alors qu’une nouvelle version de la guerre froide est en train de se dessiner en Syrie (OTAN vs RUSSIE, avec des complications locales), alors que les conférences de paix se font dans des hôtels de plus en plus luxueux, avec toujours plus de petits-fours et de discussions courtoises dans le langage feutré et alambiqué qui est celui des ambassades, les relations entre états demeurent désespérément dans le registre comportemental d’un enfant de 8 ans, starring:

- La loi du talion et son éternel cycle de vengeances (tu m’as volé ma bille, je te vole ton yo-yo, etc.)

- Le donnant/donnant: pas question que je fasse une bonne action avant que toi tu en fasses une, donc statu quo.

- Le chantage: je ne t’inviterai jamais à ma boum tant que tu ne feras pas ça et ça… et son pendant, la protection mafieuse: tu n’as pas à t’inquiéter et on est en bonnes relations tant que…

- Le manichéisme: si tu n’es pas avec nous tu es contre nous.

- L’intimidation: je peux appeler mon grand-frère si je veux.

L’exemple récent des velléités nucléaires de l’Iran (de la méfiance d’Israël et de son grand frère américain) ou encore des sanctions commerciales de type « Talion » entre la Chine et l’Europe étaient assez édifiant de ce point de vue.

La réponse est peut-être simple, simple comme de dire que plus les intérêts en jeu s’accroissent, plus le type de relation s’appauvrit et se radicalise, ou que cela tient au fait que les États souverains ne peuvent pas être assimilés à des individus d’une société qui se soumettent à une loi commune décidée à la majorité et garantissant un ordre juste. La loi qui s’applique entre pays souverains est la loi du plus fort, point. Au reste il est intéressant de se demander alors pourquoi partant d’un état de nature (Rousseau) soumis à la violence les états n’ont pas suivi la même trajectoire en se mettant d’accord sur une gouvernance commune, en déléguant leur souveraineté à un pouvoir supérieur. Pourquoi l’Europe ne fonctionne-t-elle pas? N’est-ce pas que le risque encouru par un individu qui sort de la société est tout simplement la mort, alors qu’il est moindre pour un état, toujours capable de vivre en autarcie… ou de survivre sous le joug d’un autre?

Est-ce que, au contraire, l’éloignement de l’éventualité d’une guerre (l’annihilation d’un plus faible par un plus fort) entre nations occidentales n’a pas justement conduit à ce durcissement des relations, à ce jeu d’esbroufe et d’intimidation qui vient remplacer l’affrontement direct entre blocs alliés?

Mais ce ne sont là que des hypothèses lancées en l’air.

On aimerait, hélas, voir de temps à autres des comportements altruistes, de la « politesse » que diable! On aimerait qu’un jour un pays ayant reçu une aide financière ou une remise de dette fasse un remerciement public aux citoyens du pays créditeur. Eh quoi, est-ce parce que la bonne action était motivée par des raisons peu avouables que le receveur se passe de remerciement? Que de mauvaise éducation dans les relations internationales: A quand des excuses pour un avion détruit à la frontière?

Qu’est-ce que cela ferait du bien d’entendre un dirigeant jouer le jeu de la vérité: « voila, nous ne signons pas ce traité car nous n’avons pas envie de froisser tel pays et nous avons peur d’être en position de faiblesse »…au lieu des sempiternels mots creux et concepts fleuves. Mais je m’égare et j’idéalise.

Toujours est-il que la cour de récréation, ça a toujours plu aux masses. Les peuples se flattent de voir leur chef déclarer en substance « si tu me touches, je te tape très fort ». Et je me demande si en démocratie les citoyens ne sont pas « gavés », saturés de vivre au quotidien dans des relations bridées, feutrées et hypocrites (qu’est-ce que la politesse, sinon de l’hypocrisie?) et alors une part d’eux-mêmes rêve d’en découdre avec cette loi du plus fort, de se frotter à l’autre! Ça doit être la raison pour laquelle la politique internationale occupe autant de pages dans les journaux quotidiens.

  Herve Legourvière (LerveLE)

22 juin 2013

Parité et Egalité, les frères ennemis

Classé dans : homme & femme,Valeurs — hervele @ 1 h 16 min

Parmi les figures de style inculquées en cours de français, il en est une dont je me souviens bien, c’est l’oxymore. Mais les exemples illustres servis par Victor Hugo ou Corneille  – cette obscure clarté… – sont aujourd’hui largement surclassés par l’imagination de nos politiciens, dans le terme de « discrimination positive ».

« Discrimination positive ». Prenez une seconde pour méditer le choc des deux mots…

Cet étrange principe vise à favoriser telle ou telle catégorie de personne pour corriger une inégalité de fait. Très à la mode chez certains de nos voisins (Nordiques, USA, etc.) , il connaît de plus en plus de détracteurs, tant sur ses résultats que sur son principe. Mais notre pays est champion pour redécouvrir les idées des voisins après qu’elle se sont avérées mauvaises. On parle bien de la même chose lorsqu’on fait de la parité des sexes, c’est à dire demander par exemple qu’il y ait 40% de femmes dans les conseils d’administration.

Or les juristes qui se sont penchés sur le mariage pour tous l’ont répété: deux situations différentes doivent être traitées différemment en droit et l’égalité s’entend entre situations comparables. Bref, imaginez une seconde des manifestations de célibataires sans enfants réclamant, au nom de « l’égalité » d’avoir droit aux allocations familiales! Tous les médias s’exclameraient « Mais c’est absurde! Ils n’ont rien compris! ».

L’égalité étant bien le principe selon lequel l’État doit s’efforcer de garantir le même traitement à deux situations de même nature, la question est alors de savoir si un homme et une femme sont nécessairement de même nature ou pas? De deux choses l’une,

- soit ils sont de même nature, comparables en tous points à quelques différences anatomiques près, alors l’État garantit le même traitement et la même législation et il est insupportable que des textes de loi s’appliquent différemment à des hommes et à des femmes. Cela tue dans l’œuf toute politique de parité, et à fortiori celles qu’on rencontre actuellement à savoir une version asymétrique: la loi pénalise les organisations où les hommes sont majoritaires, mais pas celles où ce sont les femmes! Insupportable asymétrie – qui est au passage dénoncée par certaines féministes de bon sens en ce qu’elles assimilent la femme à un être inférieur! L’hypothèse « de même nature » mène à des positions intenables et on ne construit jamais des urinoirs dans les toilettes dames.

- soit on déclare qu’une politique de parité homme-femme est légitime et bonne, à ce moment on est OBLIGE d’entériner le fait que hommes et femmes n’ont pas la même nature. C’est d’ailleurs le bon sens. Un texte de loi qui attribue un congé allaitement à un homme serait écrit par des idiots.

Il existe pourtant des domaines où le législateur comprend très bien ce genre de différences. Dans les jeux paralympiques, les sourds n’ont jamais le droit de concourir aux mêmes épreuves que les invalides. On a créé des catégories pour compenser les différents niveaux de handicap (c’est l’équivalent des quotas). On valide donc implicitement le fait que chaque type de handicap est de « nature » différente. Car si tel n’était pas le cas, on n’aurait qu’à faire concourir tout le monde en même temps, et les sourds gagneraient toujours car leur handicap est minime pour la plupart des épreuves sportives. (C’est un raisonnement, loin de moi l’idée de dire que l’un ou l’autre des sexes serait « handicapé »)

En fait, vouloir à la fois traiter les deux sexes comme une seule réalité indifférenciée, et faire bénéficier les femmes d’une politique de quotas en leur faveur, c’est vouloir le beurre et l’argent du beurre. Et c’est aussi être contre-productif, en créant un sentiment d’injustice et au bout du compte un clivage entre les deux groupes qu’on cherche justement à « réconcilier ». Ainsi vouloir égaliser à tout prix les salaires moyens des femmes alors même qu’il est prouvé qu’elles ne travaillent pas (et ne souhaitent pas travailler) autant d’heures par semaine que les hommes en moyenne, n’est-ce pas déjà créer une inégalité supérieure à celle qu’on veut gommer?

Au demeurant, voir les mêmes qui distillent l’idéologie du genre réclamer des quotas paritaires m’amuse beaucoup, car ils admettent par là même qu’il y a bien une différence de nature irréductible entre les sexes… quel journaliste honnête (encore une figure de style?) osera les mettre devant leurs contradictions?

Herve Legourvière (LerveLE)

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