28 octobre 2013

Ecotaxe, Léonarda… les compromis de l’échec

Classé dans : actualité,économie,res publica — hervele @ 18 h 54 min

Compromis, chose due.

S’il était encore besoin d’un nouvel exemple pour montrer à quel point toute politique menée par ce gouvernement se limite actuellement à gratter n’importe quel bouton de moustique qui se met à démanger dans ce pays, sans réaliser qu’il va réveiller tous ceux qui sont à côté et finir par avoir le bras vraiment, vraiment à vif, et bien je vous proposerais de réfléchir aux inquiétants points communs entre les affaires Léonarda, écotaxe, travail dominical, et imposition à 75% sur le football.

La primolocutocratie: ce pourrait être la mauvaise habitude de dire oui au premier qui a parlé, puis de s’en mordre les doigts.

Et oui, inlassablement, dans une sorte de mouvement perpétuel, nos dirigeants répètent les mêmes erreurs et les mêmes attitudes désastreuses pour la société: dans l’affaire Léonarda, face à la gronde lycéenne, l’éxécutif trancha par une sorte de compromis absurde qui eut le mérite d’à la fois mécontenter tout le monde et de diviser la famille même de Léonarda. De diviser, plus généralement, les sans papiers en ceux qui triment pour s’intégrer (mais n’y arrivent pas parce qu’ils ne font pas la Une de Libération) et ceux qui ont attrapé le pompon et ont droit à un tour gratuit.

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Une main qui gratte, une main qui distribue

Sur le bienfondé de l’écotaxe, je ne me prononcerai pas. Ce que je vois c’est qu’il y a une loi, que ce soit celle sur l’immigration, celle sur la taxe à 75% ou celle sur la fiscalité des transports routiers. Face à cette loi des lobbies du football se plaignent de manquer de millions, et manquent d’arracher à l’éxécutif un régime dérogatoire. Face à cette loi les agriculteurs bretons qui n’ont plus rien à perdre et manifestent dans un violent chant du cygne… La gouvernement, alors, magnanime et soucieux de rassurer les inquiétudes des français qu’ils découvre soudain, convoque les plus bruyants des grognons et leur glisse un petit chèque dans la main, aux yeux et à la barbe de tous.

Et vous, Français, peuple déjà divisé sur le mariage, sur les retraites, sur le droit au travail le dimanche… vous voici désormais montés les uns contre les autres selon votre région! Car si nous soutenons nos amis bretons, pourquoi ont-ils eu droit à un traitement de faveur et pas leurs confrères perdus au fond des alpages? Pourquoi le transporteur qui livre un industriel breton paiera alors quel l’industriel voisin situé à 500 mètres de la limite de département, lui ne paiera pas? Pourquoi ce gouvernement rémunère-t-il en petits arrangements à l’amiable le fait d’aller casser des infrastructures* et jeter des victuailles sur les CRS (pendant ce temps les étudiants, eux, sont réduits à mettre le feu à des poubelles vides c’est malheureux)?!

*(qui auraient pu être reconvertis le cas échéant en sympathiques panneaux de messages autoroutiers « il fait chaud: buvez »)

Mais gardons le cap, comme dirait Hollande! A l’enseignement d’un si bon maître, je n’ose me mesurer mais ne peux m’empêcher d’improviser un compromis à la « Hollande » pour, l’aéroport de Nantes, à la louche: vous expropriez les ruraux en les dédommageant du double du tarif légal, puis vous faites construire des grands parkings en béton plutôt qu’un aéroport qui fâche. Win-Win!

Bref. Ceux qui nous dirigent feraient bien de rouvrir leur gaffiot. Ils y apprendraient, par exemple, que l’étymologie du mot « compromis » signifie « pour mettre ensemble »… le sens des mots est parfois assez cruel, non?

Hervé Legourvière.

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17 octobre 2013

Hurlez ou mourez: voici la politique-arbitre

Classé dans : actualité,pensées,res publica,Valeurs — hervele @ 17 h 17 min

Notre démocratie est-elle devenue un nid d’oisillons hurlant pour leur pitance, leurs droits, leurs « bisous » ? Nous assistons, presque impuissants, à une évolution dangereuse qui avait pourtant été prédite il y a plus de 150 ans par Tocqueville. Analyse.

Hurlez ou mourez: voici la politique-arbitre dans actualité oisillons_an-150x150

Un nid avec des oisillons qui s’égosillent à qui mieux mieux. Ceux qui hurlent, les oisillons obèses, obtiennent la bouillie de leur maman, et poussent les autres par dessus bord ou les laissent dépérir misérablement…Voici la vision qui me vient à l’esprit lorsque je pense au fonctionnement de notre démocratie.

Partout, des groupes se lèvent pour réclamer de nouveaux droits. Les oisillons se font plus véhéments… Parfois ils en redemandent sans même avoir faim, des droits per se, en collectionneur compulsif. Attention! La somme des droits des individus, en démocratie, loin d’un champ sans limites est tout au plus un jardin clos de murs qu’il faut, comme le brownie, partager. Tout nouveau droit s’acquiert au détriment d’un autre, comme le droit au logement vient grignoter le droit de propriété, et comme le droit au mariage gay grignote le droit des enfants à un père et une mère.

Droit contre droit, lobby contre lobby, voila l’étendue des vains combats à venir dont la société américaine nous montre un avant-goût. L’avènement d’une telle société, judiciarisée au maximum, nous usera en frottements inutiles et en division des uns contre les autres, divisions dont se délecteront les politiques et les médias avides de bonnes aubaines électorales et de manichéisme facile. Une société diabolique, dans son sens étymologique de « celui qui divise« .

Garant historique de l’abolition du droit du plus fort, ainsi que le proclamait Rousseau dans son Contrat Social, l’Etat socialiste (car les précédents gouvernements l’étaient aussi) vient entériner un nouveau droit du plus fort dans celui qui sera le plus « revendicatif ». Régression démocratique inédite qui institue le citoyen lambda a-communautaire comme le nouveau « serf » de la société, celui qui n’a plus que des dîmes à payer et des devoirs aux droits atrophiés par les autres oisillons. Le français d’origine, mâle, blanc, hétérosexuel, petit employé non syndiqué de zone rurale est le nouveau maillon faible. Ou la femme seuleavec ses enfants, au physique quelconque et dans pauvreté: elle n’a l’oreille de personne. Les derniers servis, les sans-voix sont ceux qui ne sont pas encore nés, générations futures victimes du relativisme qui se font carrément évacuer leur œuf du nid, sont plus méprisées chaque jour: retraites à payer, dette à éponger… Ne dit-on pas pourtant que le degré de civilisation se mesure à la façon dont une société traite ses plus faibles?

Ouvrez un dictionnaire des blagues d’il y a vingt ans. Combien d’entre elles oseriez-vous faire en public devant un micro sans au préalable avoir appelé un bon avocat pour qu’il vous dise si vous avez le droit de rire de telle ou telle groupe social.

L’exemple le plus frappant est sans doute tiré de l’homosexualité. Il n’y avait jamais eu, jusqu’à date récente, de « communauté gay » constituée. Il n’existait pas, en face, de mot pour désigner un couple homme-femme, c’était juste… un couple normal. Contre cette normalité au sens pourtant statistique de « majorité numéraire », les homosexuels regroupés en communauté « discriminée » par les moqueries potaches (et un certain nombre de passages à l’acte plus graves dont il serait salutaire d’analyser la psychologie, phobie ou  peur, la peur étant l’incompréhension qui vient de l’absence de communication), incertaine embarcation qu’il a fallu flanquer d’une bouée « bi » et d’une bouée « trans », de déclarer un jour: « vous autres les couples normaux, vous êtes en fait des « hétérosexuels« ! PAF! Et que je te communautarise d’un coup de novlangue! L’objectif d’abattre la norme: atteint. Voire même un peu trop atteint et ça, ils ne l’avaient pas calculé: en supprimant la « norme », le père quoi, vous vous retrouvez à présent avec un frère…. rival et ennemi juré: une autre communauté, les hétérosexuels, qui se découvre elle aussi revendicatrice et, bien plus nombreuse dans les manifestations, donc dangereuse! Une communauté trop revendicatrice en fabrique une opposée par réaction.

De même les féministes, qui demandent la parité, risquent de se voir bientôt refuser les professions où elles étaient naturellement majoritaires! Les immigrés, se sont créé un ennemi dans le peuple plus ou moins imaginaire des « français de souche »; les blondes victimes de « stéréotypes », entraînent les roux dans leur sillage victimes eux de roucisme (terme officialisé), les syndicats refusant le travail du dimanche se voient contester leur domination par les salariés eux-mêmes, qui à leur tour se mettent à dos les artisans, forcés d’ouverture le dimanche sous peine de faillite, les clubs de foots qui font des pieds et des « mains » (pour une fois qu’ils peuvent lol) pour échapper à la taxe à 75%… Chacun se constituant en association, des pigeons, poussins, ou autres tondus rassemblent à présent les professions libérales contre les professions garanties. Que fait l’Etat? Il discute avec le premier arrivé, cherche à éviter le moussage médiatique, pis fait machine arrière toute lorsque arrive le second… Couac couac.

« J’entends ceux qui manifestent, mais j’entends aussi ceux qui ne manifestent pas«  assénait Villepin au moment du CPE. Phrase ô combien prophétique et à la fois déjà dépassée par la facilité déconcertante avec laquelle on crée maintenant un groupe facebook de 10000 personnes. Jadis, on entendait surtout ceux qui disaient « NON », maintenant c’est tout le monde, et voila une belle cacophonie ma foi! Une petite voix timide, sourde, disparaît dans le brouhaha, celle de l’intérêt général, qu’on serait d’ailleurs bien en peine de définir dans un micro-trottoir. Oui, car le « droit à » est devenu le dernier supermarché où l’on peut encore faire ses courses lorsqu’on a perdu tout pouvoir d’achat et tout projet commun. Frédérik Hayek l’avait prophétisé il y a un demi-siècle: voir ici.

Or il est gênant pour le pouvoir en place de découvrir que chaque citoyen a vocation à appartenir à plusieurs groupes constitués (par exemple: un médecin, homosexuel, automobiliste, parent d’élève, et catholique). En faisant cette constatation, le pouvoir découvre une nouvelle source de mécontentement profond et de baisse de popularité: un parti politique verra ses seuls soutiens indéfectibles dans ceux des citoyens dont toutes les appartenances sont « satisfaites » par le programme. On comprend vite, dès lors, qu’en élevant 0,5 à la puissance nn étant le nombre d’appartenances, on tend rapidement vers zéro.

Multiplication des communautarismes en lieu et place de la confiance en l’intérêt général 

impopularité et défiance croissante envers le politique

L’homme politique en est réduit à l’impopularité d’un arbitre de match de foot

…réduit à des bains de foule derrière une grille ou une voiture blindée

La voie de sortie est délicate devant un tel emballement: le retour à la réalité risque d’être violent pour un citoyen « drogué » à se voir acheté par des « bisous », comme dirait un célèbre bloggeur… Je prescris donc une cure de recul médiatique sur le fil d’actualité, une leçon d’apprentissage à dire « non » aux lobbies, une cuillère de patriotisme, et une séance de reprise en main de notre souveraineté qui nous échappe. Véritables OVNIs du paysage, sachons écouter ces deux ou trois hommes politiques qui n’ont jamais retourné leur veste depuis 30 ans et dont les médias ne parlent plus parce qu’ils disent justement toujours la même chose… ils pourraient, ceux-là, détenir une parcelle de cette sagesse perdue, de ce Graal de l’intérêt général aujourd’hui dévoyé.

Hervé Legourvière. Vous aimerez également mes autres billets :

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10 octobre 2013

Éloge de la télévision

Classé dans : parodie — hervele @ 15 h 33 min

Un plaidoyer pour un passe-temps trop souvent la cible d’attaques infondées et réactionnaires: la télévision.

La télévision n’a pas d’intérêt économique pour le pays, admettons-le, étant la plupart du temps fabriquée à l’étranger. La mention « fabriqué en France » peut désigner le fait que le petit logo en métal de la marque est appliqué sur notre territoire souverain. C’était donc bien la peine de battre César à Gergovie, de repousser les Anglais à Orléans, les russes à Austerlitz, de décapiter un monarque, de constituer un empire colonial sur les 5 continents, de disposer de l’arme atomique et d’un porte-avion nucléaire pour au final devenir une puissance économique tout juste capable d’apposer un logo métallique sur des téléviseurs asiatiques*.

Donc bénéfice économique, faible, mais il faut savoir reconnaître ses torts et ne pas dresser un tableau par trop idéaliste. Concentrons-nous à présent sur les bienfaits domestiques et culturels de l’appareil.

D’un point de vue du bonheur de vivre il faut bien admettre que l’arrivée de la télévision a apporté aux français une source indéniable d’éclairage supplémentaire dans leur salon ou chambre à coucher**. La fameuse lumière bleutée des tubes au mercure, à travers les fenêtres, immanquable marqueur de la présence rassurante du téléviseur au domicile.

L’appareil ne se contente pas d’émettre sa bienveillante teinte bleutée, il diffuse également une chaleur douce ainsi qu’un bourdonnement aigu auquel on pourrait prêter des vertus répulsives sur les moustiques.

Au plan strictement médical, outre qu’elle peut être prescrite par n’importe quel généraliste pour la lutte contre l’insomnie ou le traitement de l’hyperactivité chez l’enfant, la télévision est également, dans toutes les maisons de retraite/EHPAD l’un des appareils incontournables de la panoplie de soins palliatifs terminaux.

L’impact culturel de la télévision, quant à lui, est juste… gigantesque. Chaque citoyen qui acquiert une télévision acquiert en même temps un support sur le dessus lequel dit support pourra être posé un nombre incalculable de livres, allant des œuvres classiques de La Fontaine aux romans de Zola en passant par les guides touristiques en tout genre… Quoi de plus douillet que de relire les Pensées de Pascal à la lumière du poste et d’avoir entre ses mains la tiédeur du livre chauffé par la convection de l’écran. Seul bémol hélas, le niveau culturel de la télévision d’aujourd’hui a beaucoup baissé depuis l’apparition des écrans plats dont les malheureux acquéreurs se voient obligés de débourser 99€ (+ 84€ en bougies chauffe-plats et serviettes diverses) chez Ikea pour un Billy de rangement.

Enfin le téléviseur toujours branché sera particulièrement utile pour diagnostiquer une panne de courant ou des plombs qui auraient sauté. L’absence du téléviseur, au contraire, est l’indice immédiat et infaillible de l’occurrence récente d’un cambriolage  qui peut le cas échéant passer inaperçu dans des appartements mal rangés ou hébergeant un labrador trop peu promené; cambriolage qui, au passage, n’aurait pas eu lieu si le quidam avait laissé la télé allumée avec le son à fond pendant son absence.

Source de paix dans les ménages et de silence au cours des repas, calmant naturel et efficace pour les bébés ou les vieux turbulents (turbulent dans le sens « qui voudraient parler »), franchement, non franchement, 137euros ça n’est pas cher payé pour tout ceci.

* Ne caricaturons pas : parfois le petit logo est fabriqué en Allemagne.

** ou les deux, pour les foyers les plus pauvres.

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30 septembre 2013

repos dominical

Classé dans : actualité,économie,res publica — hervele @ 23 h 13 min

Repos!

Il y a les libéraux, qui ne supportent pas qu’on empêche les gens de bonne volonté de travailler et qu’on se prive d’un surplus de croissance…

Il y a les anticléricaux, qui ne supportent pas que la loi française célèbre encore d’une certaine façon le jour du Seigneur..

Il y a les syndicalistes, qui ne supportent pas que les salariés passent des accords avec les patrons sans les consulter…

Parmi toutes ces voix assourdissantes, essayons de philosopher un peu sur ce méchant dimanche.

Primo, ne pas voir dans ce débat l’un des éternels combats entre la liberté et l’égalité serait passer à côté d’une mise en perspective intéressante. Liberté contre égalité, une lutte en filigrane de notre histoire moderne, on l’a vu dans les débats récente: liberté d’éduquer ses enfants librement contre égalité de l’éducation nationale. Liberté de se marier avec qui l’on veut contre égalité de tous les enfants, etc. Mais accroître l’égalité au prix de la liberté, c’est risquer de voir la liberté se venger un jour où l’autre, faire coucou par la fenêtre en disant: regarde, vous étiez plus égaux quand j’étais là… à ce sujet voir l’échec cuisant d’une mesure égalitaire phare: le CV anonyme a montré qu’il accentuait la discrimination entre candidats qui n’étaient plus jugés… que sur leurs fautes d’orthographe, facteur N°1 de distinction entre classes!

Qu’a à voir ce débat avec l’égalité? L’égalité entre les entrepreneurs, pardi. Et la liberté de ceux qui veulent se reposer le dimanche mais qui risquent bien d’être discriminés par un mécanisme très proche de la théorie des jeux puisque de deux commerces qui fermaient le dimanche, celui qui décide d’ouvrir mangera une énorme part de clientèle à l’autre, l’obligeant également à ouvrir sous peine de faillite. Au final, par contagion de proche en proche les commerçants travailleront à leur insu plus de jours pour un « gâteau » qui restera à peu près le même. On appelle cela une « lose-lose situation« .

Les économistes, les libéraux ont beau jeu de montrer l’efficacité sur l’emploi (ici), la consommation, la croissance. Mais quel est le prix social de cette croissance? Je pensais naïvement que l’état cherchait à rendre ses citoyens plus heureux et plus intelligents, non, il cherche à les faire consommer plus. Hélas, je ne pense pas qu’on ait jamais prouvé l’existence d’un lien entre consommation et bonheur individuel, à part dans les spots publicitaires. Voltaire, fervent athée, ne dédaignait pas la religion quand elle lui servait: « Il est à propos que le peuple soit guidé, et non pas qu’il soit instruit » et voyait en elle, comme chez certains révolutionnaires établis, un facteur d’ordre social au service des possédants dont il faisait partie. En lieu et place de religion, chanceux que nous sommes, nous avons le pouvoir d’achat! Et quelle divinité avide! Mais qu’a-t-on gagné, en somme, à troquer la messe du dimanche matin contre l’aller-retour au centre commercial?

Car entendons-nous bien, qui-est-ce qui demande à ce que l’on travaille le dimanche? Chez Sephora, ce sont les salariés avides d’un surplus de rémunération qui nous répètent à l’envi qu’ils y gagnent car « le dimanche est payé 50% de plus que les autres jours! » Il faut être stupide pour ne pas s’imaginer qu’une généralisation du travail le dimanche en fera un jour payé… comme les autres! Savez-vous ce qui me choque? Ce n’est pas qu’on refuse à des gens de travailler le dimanche. C’est c’est que notre économie soit tellement dévastée qu’on en arrive à devoir travailler le dimanche pour faire vivre sa famille convenablement. Alors que nous avons tout, je dis bien tout pour être un pays prospère et indépendant, nous nous sommes muselés et déplorons plaintivement cette situation… voulue. Voila pourquoi en Allemagne, il n’y a même pas débat…

Il est des arguments économiques, globalement pour le dimanche, et des arguments non-économiques globalement contre. Gardons toutefois en tête que ne plus laisser le consommateur oisif chez lui une seule journée, l’empêcher de réfléchir, de lire, de s’instruire, bref de se rendre compte qu’il peut être heureux autrement qu’en consommant, c’est aussi le but rêvé du capitalisme, un capitalisme d’asservissement qui emprunte à George Orwell. Et que dire du progrès social, ces luttes acharnées qui nous ont fait gagner petit à petit des jours de vacances, des horaires moins pénibles que ceux de nos pères? Est-ce le signal d’une prochaine machine-arrière? Non, nous ne sommes pas que des animaux en quête perpétuelle de pitance, et tant pis s’il nous en coûte 0,2 point de PIB!

Or on s’imagine bien que les magasins prêts à ouvrir le dimanche le feront aux mêmes horaires que les musées, les monuments, les bibliothèques… L’économie marchande rentrera en concurrence avec l’économie culturelle. Je vous laisse deviner laquelle gagnera. Mesure-t-on ce genre d’effet collatéral lorsqu’on avance des chiffres prometteurs?

C’est l’utilité contre la vertu en quelque sorte (voir mon autre billet sur cette question posée par Tocqueville). Peut-on concilier les deux? Sans doute, posez-vous la question suivante: que mangez-vous en famille le dimanche midi? Un gigot? Et croyez-vous que le bouchez qui vous vend le gigot pourrait maintenir sa boutique si vous passiez votre dimanche au centre commercial?

Hervé Legourvière (HerveLE)

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20 septembre 2013

Aldous Huxley porte plainte contre hollande pour plagiat

Classé dans : actualité,homme & femme,parodie,res publica — hervele @ 10 h 30 min

 

« — Offrez-leur encore une fois les fleurs et les livres. Les infirmières obéirent; mais à l’approche des roses, à la simple vue de ces images gaiement coloriées du minet, du cocorico et du mouton noir qui fait bêê, bêê, les enfants se reculèrent avec horreur; leurs hurlements s’accrurent soudain en intensité. —  Observez, dit triomphalement le Directeur, observez. Les livres et les bruits intenses, les fleurs et les secousses électriques, déjà, dans l’esprit de l’enfant, ces couples étaient liés de façon compromettante ; et, au bout de deux cents répétitions de la même leçon ou d’une autre semblable, ils seraient mariés indissolublement. Ce que l’homme a uni, la nature est impuissante à le séparer. — Ils grandiront avec ce que les psychologues appelaient une haine « instinctive » des livres et des fleurs. Des réflexes inaltérablement conditionnés. Ils seront à l’abri des livres et de la botanique pendant toute leur vie. — » 

Aldous Huxley, Le Meilleur des Mondes

(Note: le titre du billet est fictif)

Sur l’incapacité congénitale et autruchière de nos politiques (surtout ceux en poste) à penser ne serait-ce que le prolongement d’une bête tendance linéaire, oui il y aurait fort à dire. De quelle tendance est-ce que je parle? Peu ou prou, celle qui consiste à marcher résolument droit vers le mur; celle qui consiste à accumuler loi après loi des propositions stupides visant à rendre par la force et contre leur gré les individus de plus en plus égaux et de moins en moins libres, exactement comme dans le roman d’anticipation cité, tout en leur rendant de plus en plus insupportable l’écart d’inégalité résiduelle. Voilà ce dont il est question aujourd’hui, il est question de cette fan(t)a(s)tique et œcuménique théorie du genre.

Tout commence il y a un peu plus d’un siècle. Mais la France, si elle s’est honorée très tôt dans l’abolition de d’esclavage, va à un rythme plutôt pépère sur le sujet des droits des femmes. Une fois l’égalité des droits enfin acquise, et la constitution saturée d’égalité homme-femme, on ne s’est pas arrêté en si bon chemin. On a commencé à en déverser un peu partout, comme dans le code du travail qui est bien plus volumineux et propice à épancher cette soif d’égalité. On s’est attaché à donner à la femme les mêmes chances, en espérant voir les mêmes résultats. Mais là hic: on butte sur un socle, l’objectif d’égalité parfaite est là, tout proche, à portée de main, mais impossible de l’atteindre complètement. Flûte alors! Et chez nos voisins itou! Qu’à cela ne tienne, fi des chartes, des jurisprudences et du droit des entreprises, on va sortir l’arme chimique* de la théorie du genre, inventée – pas si récemment d’ailleurs – aux US.

*Je dis « chimique » parce que la première grande réussite de cette théorie est d’avoir transformé un jeune garçon handicapé à la naissance en petite fille grâce aux hormones et de l’avoir quelques années plus tard conduit au suicide lui et son frère jumeau.

Elle dit, en gros, que si on n’arrive pas à réduire l’écart observé entre homme et femme, ce n’est pas du tout parce qu’il y aurait des différences biologiques, psychologiques et comportementales irréductibles, non non, c’est juste qu’il faut tout simplement changer notre définition de l’homme et de la femme

Bref, on le voit la théorie du genre est une locomotive folle qui est en train d’échapper complètement aux vraies féministes qui l’avaient lancée. Elle a été récupérée au passage par les lobbies gays, qui ont vu en elle le cheval de Troie leur permettant – il était temps! – d’imposer leur(s) modèle(s) sur la même marche du podium que le modèle PME (père-mère-enfants) voire un peu plus haut si possible, car rien n’est jamais tout à fait égal en ce bas monde. Oui: si l’homme et la femme ne sont que constructions culturelles et éducatives, alors toute combinaison quelconque des éléments {homme, femme} fait une aussi bonne famille. Affirmer le contraire, c’est caca.

Comme je le dis toujours, ne nous arrêtons pas au milieu du chemin (c’est dangereux surtout s’il y a des voitures), allons jusqu’au bout des raisonnements et poussons cette théorie du genre dans ses retranchements les plus obscurs.

L’exercice consiste à lister d’une part ce qui se trame dans le domaine de la lutte contre les discriminations homme-femme, et on verra qu’il y a quelques d’excellentes choses, et aussi tout ce qui peut encore être imaginé au-delà d’un point que je qualifierais de « raisonnable et sain »; c’est là que mon article deviendra tragicomique.

Les mesures de coercition égalitaire viennent bien sûr progressivement (vous vous rappelez la grenouille qu’on cuit à petit feu); je les décline en 5 catégories, celles qui n’existent pas encore, que je qualifierai d’hypothèses pures. Puis celles, bien réelles, qui se déclinent tout d’abord gentiment, comme des idées bien-pensantes sur les plateaux télé (phase 1), dans les blogs du Monde et les magazines féminins à la mode*. Puis les mesures seront testées dans les administrations et la fonction publique, vitrines de l’idéologie étatique (phase 2).  Malgré l’absence de résultats positifs, on enclenchera la phase 3 qui est l’élargissement aux entreprises, aux écoles, aux crèches, aux lieux accueillant du public et tutti quanti. Enfin, lorsque les citoyens auront été bien déconstruits, on passera à la dernière phase 4: la pénalisation des traitements inégalitaires dans la vie privée des gens, au sein mêmes des familles. Concrètement, oui, dans une volonté d’apaisement cela fonctionnera sur dénonciation. Mais assez de théorie, place à un avant-goût de la société égalitaire de demain.

 * Malin! Car les femmes enceintes, jeunes mamans ou en mal avec leur corps sont des personnes vulnérables en manque cruel de conseils de tout genre, bref un public parfait pour semer la bonne parole.

ENFANCE

Imposer au père à celui des deux parents qui n’a pas donné naissance à l’enfant de prendre un congé parental lui aussi, sous peine de sanction financière: perte ou réduction des allocations (phase 4).

Expérimenter des crèches « asexuées »: pas de jouets classiques de type voitures ou poupées, de peur de constater qu’effectivement il y a une orientation naturelle de certains… (déjà en cours: phase 2). Les enfants ne joueront qu’avec des formes géométriques sans article devant (le carré, le triangle, le cercle… beurk !).

Les contes pour enfant mettant en scène des familles « traditionnelles » uniquement ne seront plus proposés en crèche, voire carrément interdits, ces dernières remplacées par des couples multiformes, des ruptures fréquentes, quelques des relations homosexuelles (phase 3). Et il ne faut suuuurtout pas que les images de petites filles aient l’air de petites filles !

Les parents qui refusent de soumettre leurs enfants aux cours obligatoires d’éducation sexuelle seront envoyés en prison (phase 4 en Allemagne et Espagne). Si les parents décident de scolariser leurs enfants à la maison, ils risquent tout simplement de se les faire « enlever » (phase 4 en Allemagne).

Il sera créé un corps « d’inspecteurs de l’égalité » qui viendront pratiquer des contrôles aléatoires au domicile des parents ayant choisi d’élever chez eux leurs nourrissons. Parents qui risqueront la perte les allocations si jamais – shocking ! –  on découvrait dans les tiroirs du placard des vêtements bleu ou roses ; pire, si des petites voitures sont proposées au garçon, alors là on retirera carrément l’enfant à ces parents haineux (hypothèse). De quoi se plaignent-ils, tout enfant appartient à l’Etat (entendu récemment sur les bancs de l’A.N.) !

Enfin, un parent se faisant appeler « papa » ou « maman » par son enfant dans la rue pourra être conduit au poste pour une amende forfaitaire de 1500euros pour discrimination publique envers les couples de même sexe. (hypothèse)

ESPACE PUBLIC

Normes de construction des sanitaires pour imposer le même nombre de WC hommes et WC femmes dans tous les bâtiments administratifs ou accueillant du public (hypothèse). Au diable la sagesse populaire, on obligera par décret les femmes à uriner mois souvent, ou on les opérera de la vessie si c’est le prix de l’égalité!

Obligation pour les hommes d’uriner assis (phase 2 dans certains pays nordiques). Pour éviter toute récidive, on abattra les arbres sur les aires d’autoroute, trop propices aux épanchements virils.

Puisque les logos des toilettes (femme à jupe et homme avec chapeau/moustache, ou variantes) semblent perturber énormément certaines personnes qui y voient un vaste complot freudo-marxisto-machiste, supprimons-les carrément. Nous incluons également dans cette rubrique tous les panneaux du code de la route représentant des écoliers, des femmes, etc. (phase 1)

Instauration d’une amende de 2è classe pour tous ceux qui laisseraient leur place à une faible femme dans un transport en commun. Honte aux machos ! (hypothèse)

On aura enfin des prêtresses et des imamesses (quel joli mot !) (phase 1) ; on aura des vêtements unisexes pour les fonctionnaires (de bonnes idées à prendre chez nos amis les Khmers rouges)

Enfin pour faire un clin d’œil à l’introduction de l’article, de nombreux fleuristes feront faillite et une taxe prohibitive sur les fleurs servira à payer des mesures pro-égalité. La bonne nouvelle, c’est qu’il sera discriminatoire pour mon coiffeur de pratiquer un prix différent pour les hommes et les femmes : c’est la mienne qui va être contente ! (hypothèse)

LANGAGE

Aaaahh le langage… querelle des anciens et des modernes. Depuis la féminisation des noms de professions  (Madame la Ministre, phase 2), la grammaire est dans le viseur !

Modification de toutes les expressions de langage pouvant porter une discrimination, à commencer par les mots de père ou mère (phase 1/2) et leurs dérivés tentaculaires (il y en a partout dans la langue, quelle plaie !) ; en vrac : les femmes et les enfants d’abord / homme de main / homme à tout faire / barbapapa / pas mort d’homme / la mère de tous les vices / mère poule / remède de grand-mère / le père-Noël / l’instinct maternel / materner quelqu’un / école maternelle / prises mâles ou femelles / Ecole maternelle (phase 1) / maternité / investissement ou usage en père de famille / tel père tel fils, etc. Les dictionnaires récalcitrants perdront leur agrément scolaire. (hypothèse)

L’Homme pour désigner le genre humain ? Pouah ! Les noms latins de nos ancêtres préhistoriques ? Pouah ! (hypothèse)

A l’instar de nos amis anglo-saxons en avance sur tout, un genre neutre sera instauré* pour désigner tous les objets (dont les enfants avant qu’ils choisissent leur sexe). Pourquoi UN sac à main mais UNE voiture (phase 1) ? En attendant les censeurs se consoleront avec les participes passés et les petites parenthèses: « tout(e) femme** ou homme** enceint(e) devra suivre un(e) formation approprié(e) à l’égalité ». (phase 2/3)

*il existe déjà, c’est le masculin qui porte le neutre, mais peu importe…

**J’ai tiré au sort sur lequel des deux apparaîtrait en premier dans la phrase.

ENTREPRISES

Politique de quotas (phase 3), dans les fonctions électives puis dans les entreprises, avec lesquelles je suis plutôt en désaccord pour les raisons suivantes (précédent billet).

Stricte parité dans les effectifs des entreprises. Stricte, j’ai dit. En conséquence, aucune entreprise ne pourra avoir un nombre impair de salarié. Les embauches se feront par deux… Et vous pourrez très bien vous faire virer juste pour « équilibrer » le licenciement d’une personne de sexe opposé. (hypothèse) Attention à vous si vous organisez une réunion de travail entre 2 hommes et une femme.

Prisons (je mets ici à défaut d’une catégorie appropriée) : La mixité totale, bien sûr (hypothèse), afin d’empêcher des petits plaisantins de profiter indûment des facilités de changement de sexe ou de mariage bidon : ici ou ici.

ETAT CIVIL

Suppression du terme de Mademoiselle dans les papiers officiels (Phase 3)

Concernant les noms de familles lors du mariage, assez de la domination masculine: chacun gardera le sien, et les enfants auront un nouveau nom qui sera constitué de la moitié* du nom du père et de la moitié de la mère : on espère vivement que Mme DUBOIS et M. TROUVILLE n’auront que des chats … (Voir mon autre billet sur le sujet) (hypothèse)

autorisation de déclarer un enfant « sans sexe » (phase 4 en Allemagne dès le 1er Novembre!).

Les prénoms hermaphrodites/androgynes (Camille, Dominique, Térence, Noël, Claude, Lou, Jackie, Gwenaëll, Morgan, Sacha, Alex, tous les noms de voiture aussi, etc. **) seront largement répandus dans la presse people et les manuels d’école (phase 1). Avec à la clé une prime aux parents qui auront choisi un prénom qui « lutte contre les stéréotypes ». (hypothèse)

Il deviendra vite évident qu’il faudra interdire toute étude statistique demandant aux gens leur sexe. La CNIL y veillera soigneusement. (hypothèse) Vous imaginez, des statistiques de délinquance selon le sexe pourraient montrer que les femmes sont « naturellement » moins violentes, ce qui est une pure hérésie.

*Hélas on pourrait accoler les deux mais vous imaginez vite le problème au bout de 3 ou 4 générations…

**On me signale que Noël a été retiré de la liste pour une raison inconnue.

ART, PRESSE & SPECTACLE

Autant vous dire tout de suite que ça va chauffer pour les types comme John Gray (auteur du bestseller les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus) et un tel terroriste pourra s’estimer heureux si la Russie ou l’Equateur lui accorde l’asile politique. (hypothèse)

En littérature, cela va faire très, très mal, surtout dans les lettres classiques envahies à souhait de clichés nauséabonds (article). Il faudra censurer déprioriser des centaines de passages dans les classes de français. En définitive, l’ensemble de la peinture, de la sculpture classique n’est-il pas machiste et n’encourage-t-il pas l’homme à dire non aux travaux domestiques ? (hypothèse)

SPORT

On vient d’apprendre que le fameux match de tennis où une joueuse avait battu en 1973 un ancien champion retraité avait été truqué ! Honte aux journalistes vendus à l’ordre sexué qui ont osé publier ça. Il y a encore du chemin à faire et je propose désormais que les chaînes de sport doivent obligatoirement diffuser autant d’événements masculins que féminins. Non, mieux, toutes les disciplines seront mixtes, point barre. On imagine la rigolade pour des sports comme la boxe, l’haltérophilie… pour lesquels il faudra bien autoriser le « dopage pour tous » sans quoi les différences naturelles seraient trop « voyantes »… (hypothèse)

SEXUALITE

Ultime graal des sex-trémistes, la sexualité et sa douloureuse asymétrie. Que faire pour « normaliser » cette partie de la vie (plus très) privée où, quoi qu’on fasse, l’homme, parce qu’il pénètre la femme, se retrouve toujours en position plus ou moins dominante ? Et là, tenez-vous bien, nous sommes déjà entrés en phase 1. On commence à lire des choses, des gens qui disent que ça serait bien un jour de rendre symétriques les relations sexuelles. Quèsaco ? Concrètement, ils veulent promouvoir la sexualité orale et « manuelle », et supprimer le rapport sexuel traditionnel*.

– « Mais pour faire des enfants il faut bien encore en passer par la !? » Pas de panique, Madame Dubois, les enfants conçus à l’ancienne, c’est-à-dire hors Fécondation In Vitro, seront déclarés non-conformes » (hypothèse). Je m’arrête là, car l’avocat d’Aldous Huxley fronce les sourcils.

* Impossible? On suggère bien aux adolescents de s’essayer aux rapports homosexuels (phase 2

FIN

Un  jour la France entrera en guerre, et notre armée parfaitement mixte sera mise en déroute par une armée adverse 95% masculine, malgré les diverses menaces de procès qu’on leur aura envoyées (hypothèse).

*******

Que dire, que rajouter à ce tableau ? Juste qu’il y a des gens pour qui tout ceci est réellement un idéal de société, et que certains d’entre eux sont aux commandes de la France grâce à nos bulletins de vote…

Hervé Legourvière (HerveLE)

Note: le titre du post est fictif. Consultez mes autres articles sur le même thème:

La fête des « individus » une fête enfin égalitaire              Sur le point commun entre OGM et embryon humain      Parité et Egalité: les frères ennemis                    Un homme doit-il prendre le nom de sa femme?

10 septembre 2013

Femmes, prenez le pouvoir!

Classé dans : homme & femme — hervele @ 0 h 46 min

2/3 des mères célibataires sont en grande difficulté financière, d’après le Secours Populaire. Pendant ce temps, le gouvernement utilise les honoraires de ses fonctionnaires sur deux gros dossiers critiques sans lesquels la France perdrait sûrement son parmi les nations: il lance le débat sur la PMA pour tous (= créer des tas d’enfants sans père), et il lance les formations sur le gender dans les écoles pour faire comprendre aux élèves que hommes et femmes, zéro différence.

Vous souffrez du genou droit? Le gouvernement vous ampute la jambe gauche! Inadéquation la plus totale entre le problème et la réponse apportée…

Mais quoi de plus désolant, en réalité, qu’une mère contrainte d’élever seule son enfant?

On pourrait dire, dans un certain sens, les mouvements féministes d’émancipation ont creusé leur tombe: n’ont-elles pas voulu libérer les femmes du carcan du mariage, divorcer quand bon leur semble, vivre avec un homme puis un autre, avoir des enfants quand elles veulent? Et les voilà aujourd’hui qui s’en plaignent? La femme libre se retrouve à présent… libre avec ses enfants sur les bras*! Pas étonnant que certaines voix chez les féministes décrètent « tant que la femme ne sera pas libérée de l’enfantement, elle ne sera jamais libre« . Elles ont un peu raison, hélas, mais surtout tort car la liberté de la femme doit s’exercer, nous allons y revenir, avant la procréation! Et puis voir l’enfantement comme une prison, ne serait-ce qu’envers les couples stériles cela est parfaitement odieux.

Toute femme doit savoir au fond d’elle même une chose, c’est que jusqu’à nouvel ordre c’est elle qui porte l’enfant; ce simple fait la rend unique – presque totalitaire – décisionnaire sur l’homme qui méritera d’être le père. Ce que je dis là, ce ne sont pas que des mots, c’est Darwin n’en déplaise à tous ceux dont les cheveux se dressent sur la tête dès qu’on leur rappelle l’origine animale de notre espèce, parce qu’ils voudraient bien l’oublier. La sélection (inter)sexuelle, corolaire de la sélection naturelle fait que chez presque toutes les espèces animales, la femelle choisit son partenaire (et si c’était le mâle qui donnait la vie… eh bien il s’appellerait femelle!…, cf. les travaux de R. Trivers).

Femmes, prenez le pouvoir! Le pouvoir immense que vous avez, celui de dire « Non, ce ne sera pas toi », et sa variante « Oui, à condition que ». Mais combien il est difficile pour l’orgueil d’un homme de l’entendre, ne lui répète-t-on pas à longueur de journée que homme et femme sont identiques… alors il ne comprend pas! Bref, demandez aux hommes de s’engager, rendez public cet engagement devant le monde, célébrez-le sans lésiner. Ces trois bêtes conseils, c’est la définition du mariage: Mariez-vous! Et ne laissez pas des avocats régler vos problèmes : vous avez 50% de chances que l’autre ait un meilleur avocat que vous alors qu’un conseiller conjugal résout 90% de vos problèmes (et ceux de votre conjoint par la même occasion).

Ne soyons pas aveugles non plus, nous ne sommes pas tous des top-modèles et il y a des femmes qui ne peuvent pas se permettre de « choisir » parmi une foule de prétendants. A celles-là, je réponds que oui, la société est cruelle car elle semble ne s’adresser qu’à ceux qui ont tout pour eux**. Qu’elles n’abandonnent pas leurs prérogatives! Qu’elles gardent confiance en elles, qu’elles n’acceptent pas de se mentir à elles-mêmes en croyant qu’un enfant retiendra et rendra « sédentaire » le partenaire (pari ô combien risqué): au reste cela n’a jamais été le cas, la multiplication des familles recomposées – dont le bonheur paisible et « moderne » reste la plupart du temps un miroir aux alouettes – est là pour le rappeler. Qu’elles réalisent qu’une femme exigeante possède déjà au moins une qualité très appréciée des hommes: cette exigence est ce qui nous oblige à nous faire violence et nous tirer vers le haut. En la matière, d’ailleurs, la présidence actuelle nous fournit un excellent contre-exemple!

Nous vivons une époque de profonde crise de l’engagement avec en face de nous toute une génération à qui on a expliqué qu’il suffisait de porter un jeans Levis et des Ray-Ban pour rester éternellement libres et épanouis… Et au bout du compte, voter des lois comme le PACS (qui n’est que la légalisation de la répudiation par simple e-mail à la préfecture) sans rien expliquer aux jeunes sur l’engagement, c’est faire avancer une forme néfaste de liberté qui engendre beaucoup de souffrance. Car si il est heureux que la société aide les mères seules, elle a la fâcheuse tendance à en fabriquer… au lieu de tout faire pour encourager les femmes à obtenir le maximum de garanties que leur enfant sera élevé dans les meilleurs conditions.

J’aime à proposer, par exemple, que le PACS se transforme automatiquement en mariage dès lors que le femme attend un enfant (l’arrivée d’un enfant est un engagement « subi » qui en fait fuir beaucoup). Cela serait, oui, une loi responsable.

Hervé Legourvière (HerveLE)

* Où libre, peut-être, comme Simone de Beauvoir et son pacte d’infidélité avec Sartre qui nous semble plus, avec le recul, comme un pacte du « je fais ce que je veux et tu souffres de jalousie en silence »

** Malheureusement il n’y a qu’Israël qui légifère sur la maigreur des mannequins dans les publicités…

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30 août 2013

Un homme doit-il prendre le nom de sa femme

Classé dans : homme & femme,parodie — hervele @ 1 h 13 min

A l’heure de la lutte contre le terrorisme de la discrimination sexuelle, voila une question brûlante! Et posée pour une fois à l’envers… héhé

Tout est question d’histoire, d’usages et fait étonnant, nulle part dans la loi ne figure l’obligation pour une femme de prendre le nom de son mari, c’est même l’inverse qui est recommandé depuis la Révolution. Toutefois l’attachement à la cellule familiale et l’importance donnée à la protection de la filiation justifie que, culturellement, on choisisse un même nom pour les deux parents, manifestation de l’amour et de l’union du couple, qui prend le nom de famille que prendront aussi ses fruits. N’est-ce pas beau?

Le législateur a cependant cru bon de devoir rappeler la possibilité pour la femme (ou le mari) d’accoler leurs deux noms et de les transmettre ainsi aux enfants. Je ne peux que déplorer la stupidité borgne d’une telle loi qui, armée du fusil Egalité à un coup, n’imagine même pas que les-dits enfants se marieront un jour, et ne fait que renvoyer lâchement la gestion du problème à la génération suivante condamnée à voir la longueur de ses noms de famille gagner une puissance de 2 tous les 25 ans. Bingo, au bout d’un siècle, tous les formulaires de l’état seront passés au format A0!* Voila donc la belle lucidité de nos députés, qui ne s’occupent comme il savent faire, que des électeurs déjà nés et non de ceux à venir.

Historiquement qu’est-ce qui justifie que ce soit le nom de l’homme qui soit usuellement gardé? Le patriarcat, et peut-être aussi l’antique loi salique. N’allons pas y voir de démarche sexiste, personne à l’époque n’eut songé à s’en plaindre. Eusse été le nom de la femme à la place, il y aurait seulement eu injustice inverse et l’important, comprenons-nous, était plutôt la stabilité spatio-temporelle de la convention choisie, quelle qu’elle soit. Imaginez sinon les déboires des historiens et des généalogistes de tous poils chargés de retracer l’histoire des familles avec des noms qui valsent à chaque génération! Il n’y pas qu’eux, on n’imagine pas toutes les études génétiques, sociologiques, économiques faisant appel aux archives des vieilles familles.

Hélas aujourd’hui, alors que plus que jamais la cellule familiale se décompose et les statistiques de personnes vivant dans la solitude ou la dépression explosent littéralement, aujourd’hui on s’apprête à brouiller encore plus ce lien qui relie les personnes à leur histoire, à leurs origines**. C’est pourquoi si un jour nos féministes à court d’idées se prennent à venger les épouses brimées des millénaires passés, et imposent aux enfants le seul nom de la mère, je dirai OUI! OUI! OUI! Mais par pitié, qu’on n’en change plus…

Vous avez deviné, faute de conclusion, où va ma préférence. Car à l’inverse, imagine-t-on le désarroi d’un enfant de 5 ans à qui un copain explique que si sa maman a voulu garder son nom de jeune fille, c’est pour que ça soit plus simple administrativement en cas de divorce… Quel romantisme! Quel gage d’amour à la clé! Et que de dégâts n’occasionne-t-on pas autour de nous en n’écoutant que notre petit orgueil égoïste…

Hervé Legourvière (HerveLE)

* « Allô la CAF? Oui, j’avais demandé un acte de naissance et là j’ai un camion garé devant chez moi??? »
** Mais non! Tout est stocké dans des fichiers informatiques, pas de panique!

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27 août 2013

refus + délégation = acceptation?

Classé dans : actualité,homme & femme,res publica,Valeurs — hervele @ 19 h 38 min

On a beaucoup parlé de liberté de conscience ces derniers temps. Celle des maires, des élus face à des lois moralement critiquables comme l’est la loi Taubira. Mais toute liberté de conscience qui s’oppose doit prouver qu’elle est directement moralement impliquée par les conséquences de la loi. On peut très bien argumenter qu’un mariage homosexuel (et surtout tout ce qui s’ensuit) cause un tort direct au maire. Mais mon point est que le fait de déléguer la célébration d’un mariage à un autre employé municipal, c’est admettre, in fine, que ledit mariage ne dérangeait pas tant que cela l’impétrant puisqu’il se fera quand même sous un autre stylo!

Or n’oublions pas que toute signature déléguée a même valeur que l’originale, et engage de la même façon. Car quelle différence entre un maire et son remplaçant? Le maire est responsable de tout ce qui se passe dans sa commune. S’il délègue, c’est qu’il cautionne. Point final. Si le maire veut manifester réellement son opposition, il refuse la délégation et s’expose au pénal, c’est cela le vrai courage. Car déléguer, c’est se défiler, ou c’est espérer tranquillement qu’éventuellement tous les autres s’y opposeront aussi et on aura juste bloqué le schmilblick sans que l’un ou l’autre soit tout à fait responsable… Du joli quoi! *

Prenons l’exemple d’un catholique qui refuserait un poste de méchant trader parce que le job est immoral: à votre avis qui prendra sa place? Un autre gentil catholique? Perdu: un type sans foi ni loi, il y a fort à parier, my dear. Ainsi de nombreuses personnes bien intentionnées épargnent leur conscience en n’assumant aucune responsabilité. Non, il faut faire le sale boulot soi-même, et il faut surtout le faire moins salement qu’un autre, là seulement on pourra être fier de soi. La droite se plaint que les étudiants journalistes aient tous voté hollande au 2è tour**? eh bien ils n’ont qu’à faire faire à leurs enfants des études de journalisme!

Les expériences de Milgram sur la psychologie sociale montrent qu’il est facile de se décharger de sa responsabilité sur quelqu’un d’autre, et que la conscience est très douée pour se dédouaner dès lors que ce n’est plus moi qui appuie sur la détente.

Hervé Legourvière (HerveLE)

 

* je ne blâme pas les maires, au contraire. Au salaire de misère auquel ils sont payés, je comprends qu’ils rechignent à prendre des risques pénaux! Quant on voit nos ministres, grassement payés mais responsables de rien…

** ce qui, au passage, rend caduque la confidentialité du vote! lol

13 août 2013

Si vous ne digérez pas les principes, prenez une dose de pragmatisme!

Classé dans : actualité,homme & femme,pensées,res publica,Valeurs — hervele @ 0 h 32 min

Parcourant le métro londonien, j’arrêtai mon regard sur la plaque fixée sous la tirette d’arrêt d’urgence. M’attendant à y voir la sèche mention d’un article de loi en punissant l’usage abusif et le rappel à la règle (qu’il est toujours tentant de défier), quelle ne fut pas ma surprise en découvrant un petit texte sympathique expliquant qu’en cas de malaise il est tout à fait contre-productif d’utiliser ce dispositif parce que les secours mettraient trois fois plus de temps à arriver au beau milieu d’un tunnel qu’à la prochaine station…

Exemple insignifiant, mais absolument symptomatique du gouffre qui existe entre l’état d’esprit anglais et français au regard de la règle commune, minuscule coin de rame de métro où était symbolisé le précepte qui avait vraisemblablement porté la culture anglo-saxonne à la première place des nations depuis 3 siècles.

Le formidable ouvrage De La Démocratie en Amérique vante les mérites d’une jeune nation qui a toujours su se donner comme règle l’utilité d’une action pour la société plutôt que sa moralité. Ou alors, l’utilité avec la moralité comme effet collatéral, comme « bonus ». Mais si presque toujours les deux vont de conserve, l’utilité mène plus surement au but recherché et le principe, quoique plus noble, manque souvent sa cible*. L’idée n’est même pas anglaise et c’est notre bon Montaigne qui l’a énoncée au XVIè siècle: « Quand, pour sa droicture, je ne suyvray pas le droict chemin, je le suyvray pour avoir trouve, par expérience, qu’au bout du compte c’est communément le plus heureux et le plus utile.» Tocqueville enfonce le clou: « Je doute que les hommes fussent plus vertueux dans les siècles aristocratiques que dans les autres, mais il est certain qu’on y parlait sans cesse des beautés de la vertu; ils n’étudiaient qu’en secret par quel côté elle est utile. (…) Aux États-Unis, on ne dit presque point que la vertu est belle. On soutient qu’elle est utile, et on le prouve tous les jours. » Il est inutile de tirer l’arrêt d’urgence, alors effectivement… personne ne s’amuse à le faire comme chez nous!

Le français dans sa grande noblesse n’a jamais daigné vendre son âme au « pragmatisme » – pouah – et y a toujours préféré l’idéal plus difficile de la vertu.

Où est-ce que je veux en venir et quelle application au débat politique?

Eh bien je dis que depuis mai 68, nous avons abandonné la vertu mais paradoxalement, de façon assez pitoyable, on n’a jamais autant hurlé au respect des principes républicains. Les principes républicains, ils sont inscrits au dessus de tous nos édifices. Hélas, il faudrait qu’un jour ils en descendent pour aller s’appliquer dans nos lois: quel principe intangible est encore respecté par l’État? Quelle autorité publique ne recule pas désormais devant l’émotion médiatique? Ne surtout pas choquer, mais la lâcheté, c’est justement quand on ne veut froisser personne et qu’on finit par tout détruire! Quand plus aucun politicien n’a le courage de démissionner après un désaveu public, quand la justice s’émeut et ne prononce que pour ménager les sensibilités et les intentions de votes communautaires, quand la laïcité se marchande comme une monnaie d’échange pour calmer un temps des revendications, quand le deux poids deux mesures et le clientélisme sont le diapason de l’action socialiste… il est temps de nous tourner vers nos ennemis jurés pour prendre une bonne leçon de pragmatisme! Et j’en suis le premier désolé, moi qui militait dans un précédent billet pour des lois affranchies du compromis, des principes clairs et intangibles…

Pourtant, dans l’affaire du voile islamique qui nous intéresse aujourd’hui, ce ne sont pas les idées qui manquent: il eut été facile de faire passer la pilule avec l’utilité de la sécurité intérieure: dissimulation = interdiction (pas de cagoules pendant les manifestations, pas de masques de Mickey pendant les braquages, pas de vitres teintées sur les voitures, pas de voile dans l’espace public**). Il eut été possible, quoique plus cocasse, d’interdire pour l’hygiène, le problème du manque de vitamine D, les risques accrus de noyades, la sécurité routières des piétons, l’absence de bandes réfléchissantes la nuit, que sais-je encore! Ça, c’est le pragmatisme, ça apaise, ça permet d’avancer, mais ça ne marche pas chez nous…

Hervé Legourvière (HerveLE)

 

*Plus loin: « L’intérêt bien entendu est une doctrine peu haute, mais claire et sûre. Elle ne cherche pas à atteindre de grands objets; mais elle atteint sans trop d’efforts tous ceux auxquels elle vise. Comme elle est à la portée de toutes les intelligences, chacun la saisit aisément et la retient sans peine. S’accommodant merveilleusement aux faiblesses des hommes, elle obtient facilement un grand empire, et il ne lui est point difficile de le conserver, parce qu’elle retourne l’intérêt personnel contre lui-même et se sert, pour diriger les passions, de l’aiguillon qui les excite. La doctrine de l’intérêt bien entendu ne produit pas de grands dévouements; mais elle suggère chaque jour de petits sacrifices; à elle seule, elle ne saurait faire un homme vertueux; mais elle forme une multitude de citoyens, réglés, tempérants, modérés, prévoyants, maîtres d’eux-mêmes; et, si elle ne conduit pas directement à la vertu par la volonté, elle en rapproche insensiblement par les habitudes. Si la doctrine de l’intérêt bien entendu venait à dominer entièrement le monde moral, les vertus extraordinaires seraient sans doute plus rares. Mais je pense aussi qu’alors les grossières dépravations seraient moins communes. La doctrine de l’intérêt bien entendu empêche peut-être quelques hommes de monter fort au-dessus du niveau ordinaire de l’humanité; mais un grand nombre d’autres qui tombaient au-dessous la rencontrent et s’y retiennent. Considérez quelques individus, elle les abaisse. Envisagez l’espèce, elle l’élève. »

**il ne s’agit aucunement d’une comparaison, juste une énumération…

 

6 août 2013

Ce que l’affaire Haziza montre des mauvais réflexes de la gauche…

Classé dans : actualité,res publica — hervele @ 1 h 47 min

L’actualité de la buzzosphère nous a fourni sur un plateau d’argent un véritable cas d’école de l’idéologie PS. Je me pince encore pour savoir si je ne rêve pas, mais non. L’affaire Haziza – Ayoub – Filippetti, deuxième prise:

Les faits sont les suivants: un type A diffuse une pétition demandant le licenciement d’un journaliste-présentateur B, sous prétexte que son travail de journaliste est militant et contraire à la déontologie du métier. La démarche est inédite, mais pourquoi pas. Tout se serait arrêté là si A n’était pas un blogueur influent d’extrême droite et si B n’était pas un journaliste en faveur de la cause israélienne. On comprend dès lors que rien qu’avec ces deux informations, on a l’huile, le jaune d’œuf et la crémière dans le même sac.

Mais ce n’est que le début. Les réactions de la gauche ont été de trois sortes (et de trois sortes exclusivement) à savoir:

1°) Une condamnation unanime de la pétition parce qu’elle a déclenché une avalanche (véridique!) de commentaires injurieux et antisémites.

2°) Une condamnation unanime de la pétition elle-même comme étant antisémite et nauséabonde.

3°) Des messages de soutien nombreux provenant d’élus et de ministres du gouvernement.

Donc je récapitule. Primo, il est rassurant de savoir que la France est un pays paisible qui coule des jours heureux et prospères puisque des ministres en vacances se sont dérangés pour une affaire aussi dérisoire qu’un échauffement des réseaux sociaux sur une pétition de 1500 signataires (une rame de métro, en somme).

Deuxio, il est intéressant de noter que toute critique du travail d’une personne, à partir du moment où elle est juive et de gauche, devient nécessairement antisémite aux yeux du PS (qui, au passage, n’a de cesse de dénoncer les attaques ad hominem mais se lâche en toute impunité pour l’occasion…)

Tertio, il faut bien remarquer que toute action qui aurait pour effet collatéral d’occasionner des débordements est condamnable. Méditez une seconde: cela revient à dire que l’acte, par exemple, de construire une maison richement meublée vous rendrait automatiquement complice et coupable du cambriolage qui pourrait vous arriver rien que parce que vous avez « tenté » et « favorisé » des actes délictueux. (On a vu ce type de raisonnement lors des manif pour tous dont les participants se sont tous soudain transformés en violents homophobes)

Enfin, l’apothéose nous fut donnée quelques jours plus tard par la réaction de la ministre de la culture. Cette dame publie (ou fait publier) un tweet de soutien au journaliste bourré de fautes d’orthographes*, bref prise en flagrant délit notre belle fait la pirouette et dénie toute responsabilité qu’elle rejette habilement sur d’hypothétiques collaborateurs.  Nous sommes donc là en plein syndrome CAHUZAC: « il y a eu cafouillage, on n’a pas été informé, c’était des lois du précédent quinquennat, c’est la canicule, la faute à Sarkozy, et puis même si c’est grave c’est justement l’occasion de s’améliorer c’est génial! » Tout, mais pas responsables. En ce qui me concerne, je suis heureux: j’ai enfin trouvé un travail où on est payé gros sans avoir aucune responsabilité, je vais être ministre de gauche.

Pour conclure, dans toute cette affaire qui est au final une affaire de critique des dérives du journalisme, jamais – je dis bien JAMAIS – une seule réaction de la gauche n’est venue pour soutenir et défendre, sur le fond, le TRAVAIL du fameux employé de France Télévision. Au lieu de cela, l’écran de fumée de la dénonciation et de la discrimination a été déployé à grand renforts de moyens et d’argent du contribuable.

Dormez tranquilles, citoyens!

Hervé Legourvière (HerveLE)

 

* La question de la délégation des comptes tweeter officiel est un autre sujet… la question de la transformation de la politique en communication-spectacle en est un autre encore…

 

 

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