20 septembre 2013

Aldous Huxley porte plainte contre hollande pour plagiat

Classé dans : actualité,homme & femme,parodie,res publica — hervele @ 10 h 30 min

 

« — Offrez-leur encore une fois les fleurs et les livres. Les infirmières obéirent; mais à l’approche des roses, à la simple vue de ces images gaiement coloriées du minet, du cocorico et du mouton noir qui fait bêê, bêê, les enfants se reculèrent avec horreur; leurs hurlements s’accrurent soudain en intensité. —  Observez, dit triomphalement le Directeur, observez. Les livres et les bruits intenses, les fleurs et les secousses électriques, déjà, dans l’esprit de l’enfant, ces couples étaient liés de façon compromettante ; et, au bout de deux cents répétitions de la même leçon ou d’une autre semblable, ils seraient mariés indissolublement. Ce que l’homme a uni, la nature est impuissante à le séparer. — Ils grandiront avec ce que les psychologues appelaient une haine « instinctive » des livres et des fleurs. Des réflexes inaltérablement conditionnés. Ils seront à l’abri des livres et de la botanique pendant toute leur vie. — » 

Aldous Huxley, Le Meilleur des Mondes

(Note: le titre du billet est fictif)

Sur l’incapacité congénitale et autruchière de nos politiques (surtout ceux en poste) à penser ne serait-ce que le prolongement d’une bête tendance linéaire, oui il y aurait fort à dire. De quelle tendance est-ce que je parle? Peu ou prou, celle qui consiste à marcher résolument droit vers le mur; celle qui consiste à accumuler loi après loi des propositions stupides visant à rendre par la force et contre leur gré les individus de plus en plus égaux et de moins en moins libres, exactement comme dans le roman d’anticipation cité, tout en leur rendant de plus en plus insupportable l’écart d’inégalité résiduelle. Voilà ce dont il est question aujourd’hui, il est question de cette fan(t)a(s)tique et œcuménique théorie du genre.

Tout commence il y a un peu plus d’un siècle. Mais la France, si elle s’est honorée très tôt dans l’abolition de d’esclavage, va à un rythme plutôt pépère sur le sujet des droits des femmes. Une fois l’égalité des droits enfin acquise, et la constitution saturée d’égalité homme-femme, on ne s’est pas arrêté en si bon chemin. On a commencé à en déverser un peu partout, comme dans le code du travail qui est bien plus volumineux et propice à épancher cette soif d’égalité. On s’est attaché à donner à la femme les mêmes chances, en espérant voir les mêmes résultats. Mais là hic: on butte sur un socle, l’objectif d’égalité parfaite est là, tout proche, à portée de main, mais impossible de l’atteindre complètement. Flûte alors! Et chez nos voisins itou! Qu’à cela ne tienne, fi des chartes, des jurisprudences et du droit des entreprises, on va sortir l’arme chimique* de la théorie du genre, inventée – pas si récemment d’ailleurs – aux US.

*Je dis « chimique » parce que la première grande réussite de cette théorie est d’avoir transformé un jeune garçon handicapé à la naissance en petite fille grâce aux hormones et de l’avoir quelques années plus tard conduit au suicide lui et son frère jumeau.

Elle dit, en gros, que si on n’arrive pas à réduire l’écart observé entre homme et femme, ce n’est pas du tout parce qu’il y aurait des différences biologiques, psychologiques et comportementales irréductibles, non non, c’est juste qu’il faut tout simplement changer notre définition de l’homme et de la femme

Bref, on le voit la théorie du genre est une locomotive folle qui est en train d’échapper complètement aux vraies féministes qui l’avaient lancée. Elle a été récupérée au passage par les lobbies gays, qui ont vu en elle le cheval de Troie leur permettant – il était temps! – d’imposer leur(s) modèle(s) sur la même marche du podium que le modèle PME (père-mère-enfants) voire un peu plus haut si possible, car rien n’est jamais tout à fait égal en ce bas monde. Oui: si l’homme et la femme ne sont que constructions culturelles et éducatives, alors toute combinaison quelconque des éléments {homme, femme} fait une aussi bonne famille. Affirmer le contraire, c’est caca.

Comme je le dis toujours, ne nous arrêtons pas au milieu du chemin (c’est dangereux surtout s’il y a des voitures), allons jusqu’au bout des raisonnements et poussons cette théorie du genre dans ses retranchements les plus obscurs.

L’exercice consiste à lister d’une part ce qui se trame dans le domaine de la lutte contre les discriminations homme-femme, et on verra qu’il y a quelques d’excellentes choses, et aussi tout ce qui peut encore être imaginé au-delà d’un point que je qualifierais de « raisonnable et sain »; c’est là que mon article deviendra tragicomique.

Les mesures de coercition égalitaire viennent bien sûr progressivement (vous vous rappelez la grenouille qu’on cuit à petit feu); je les décline en 5 catégories, celles qui n’existent pas encore, que je qualifierai d’hypothèses pures. Puis celles, bien réelles, qui se déclinent tout d’abord gentiment, comme des idées bien-pensantes sur les plateaux télé (phase 1), dans les blogs du Monde et les magazines féminins à la mode*. Puis les mesures seront testées dans les administrations et la fonction publique, vitrines de l’idéologie étatique (phase 2).  Malgré l’absence de résultats positifs, on enclenchera la phase 3 qui est l’élargissement aux entreprises, aux écoles, aux crèches, aux lieux accueillant du public et tutti quanti. Enfin, lorsque les citoyens auront été bien déconstruits, on passera à la dernière phase 4: la pénalisation des traitements inégalitaires dans la vie privée des gens, au sein mêmes des familles. Concrètement, oui, dans une volonté d’apaisement cela fonctionnera sur dénonciation. Mais assez de théorie, place à un avant-goût de la société égalitaire de demain.

 * Malin! Car les femmes enceintes, jeunes mamans ou en mal avec leur corps sont des personnes vulnérables en manque cruel de conseils de tout genre, bref un public parfait pour semer la bonne parole.

ENFANCE

Imposer au père à celui des deux parents qui n’a pas donné naissance à l’enfant de prendre un congé parental lui aussi, sous peine de sanction financière: perte ou réduction des allocations (phase 4).

Expérimenter des crèches « asexuées »: pas de jouets classiques de type voitures ou poupées, de peur de constater qu’effectivement il y a une orientation naturelle de certains… (déjà en cours: phase 2). Les enfants ne joueront qu’avec des formes géométriques sans article devant (le carré, le triangle, le cercle… beurk !).

Les contes pour enfant mettant en scène des familles « traditionnelles » uniquement ne seront plus proposés en crèche, voire carrément interdits, ces dernières remplacées par des couples multiformes, des ruptures fréquentes, quelques des relations homosexuelles (phase 3). Et il ne faut suuuurtout pas que les images de petites filles aient l’air de petites filles !

Les parents qui refusent de soumettre leurs enfants aux cours obligatoires d’éducation sexuelle seront envoyés en prison (phase 4 en Allemagne et Espagne). Si les parents décident de scolariser leurs enfants à la maison, ils risquent tout simplement de se les faire « enlever » (phase 4 en Allemagne).

Il sera créé un corps « d’inspecteurs de l’égalité » qui viendront pratiquer des contrôles aléatoires au domicile des parents ayant choisi d’élever chez eux leurs nourrissons. Parents qui risqueront la perte les allocations si jamais – shocking ! –  on découvrait dans les tiroirs du placard des vêtements bleu ou roses ; pire, si des petites voitures sont proposées au garçon, alors là on retirera carrément l’enfant à ces parents haineux (hypothèse). De quoi se plaignent-ils, tout enfant appartient à l’Etat (entendu récemment sur les bancs de l’A.N.) !

Enfin, un parent se faisant appeler « papa » ou « maman » par son enfant dans la rue pourra être conduit au poste pour une amende forfaitaire de 1500euros pour discrimination publique envers les couples de même sexe. (hypothèse)

ESPACE PUBLIC

Normes de construction des sanitaires pour imposer le même nombre de WC hommes et WC femmes dans tous les bâtiments administratifs ou accueillant du public (hypothèse). Au diable la sagesse populaire, on obligera par décret les femmes à uriner mois souvent, ou on les opérera de la vessie si c’est le prix de l’égalité!

Obligation pour les hommes d’uriner assis (phase 2 dans certains pays nordiques). Pour éviter toute récidive, on abattra les arbres sur les aires d’autoroute, trop propices aux épanchements virils.

Puisque les logos des toilettes (femme à jupe et homme avec chapeau/moustache, ou variantes) semblent perturber énormément certaines personnes qui y voient un vaste complot freudo-marxisto-machiste, supprimons-les carrément. Nous incluons également dans cette rubrique tous les panneaux du code de la route représentant des écoliers, des femmes, etc. (phase 1)

Instauration d’une amende de 2è classe pour tous ceux qui laisseraient leur place à une faible femme dans un transport en commun. Honte aux machos ! (hypothèse)

On aura enfin des prêtresses et des imamesses (quel joli mot !) (phase 1) ; on aura des vêtements unisexes pour les fonctionnaires (de bonnes idées à prendre chez nos amis les Khmers rouges)

Enfin pour faire un clin d’œil à l’introduction de l’article, de nombreux fleuristes feront faillite et une taxe prohibitive sur les fleurs servira à payer des mesures pro-égalité. La bonne nouvelle, c’est qu’il sera discriminatoire pour mon coiffeur de pratiquer un prix différent pour les hommes et les femmes : c’est la mienne qui va être contente ! (hypothèse)

LANGAGE

Aaaahh le langage… querelle des anciens et des modernes. Depuis la féminisation des noms de professions  (Madame la Ministre, phase 2), la grammaire est dans le viseur !

Modification de toutes les expressions de langage pouvant porter une discrimination, à commencer par les mots de père ou mère (phase 1/2) et leurs dérivés tentaculaires (il y en a partout dans la langue, quelle plaie !) ; en vrac : les femmes et les enfants d’abord / homme de main / homme à tout faire / barbapapa / pas mort d’homme / la mère de tous les vices / mère poule / remède de grand-mère / le père-Noël / l’instinct maternel / materner quelqu’un / école maternelle / prises mâles ou femelles / Ecole maternelle (phase 1) / maternité / investissement ou usage en père de famille / tel père tel fils, etc. Les dictionnaires récalcitrants perdront leur agrément scolaire. (hypothèse)

L’Homme pour désigner le genre humain ? Pouah ! Les noms latins de nos ancêtres préhistoriques ? Pouah ! (hypothèse)

A l’instar de nos amis anglo-saxons en avance sur tout, un genre neutre sera instauré* pour désigner tous les objets (dont les enfants avant qu’ils choisissent leur sexe). Pourquoi UN sac à main mais UNE voiture (phase 1) ? En attendant les censeurs se consoleront avec les participes passés et les petites parenthèses: « tout(e) femme** ou homme** enceint(e) devra suivre un(e) formation approprié(e) à l’égalité ». (phase 2/3)

*il existe déjà, c’est le masculin qui porte le neutre, mais peu importe…

**J’ai tiré au sort sur lequel des deux apparaîtrait en premier dans la phrase.

ENTREPRISES

Politique de quotas (phase 3), dans les fonctions électives puis dans les entreprises, avec lesquelles je suis plutôt en désaccord pour les raisons suivantes (précédent billet).

Stricte parité dans les effectifs des entreprises. Stricte, j’ai dit. En conséquence, aucune entreprise ne pourra avoir un nombre impair de salarié. Les embauches se feront par deux… Et vous pourrez très bien vous faire virer juste pour « équilibrer » le licenciement d’une personne de sexe opposé. (hypothèse) Attention à vous si vous organisez une réunion de travail entre 2 hommes et une femme.

Prisons (je mets ici à défaut d’une catégorie appropriée) : La mixité totale, bien sûr (hypothèse), afin d’empêcher des petits plaisantins de profiter indûment des facilités de changement de sexe ou de mariage bidon : ici ou ici.

ETAT CIVIL

Suppression du terme de Mademoiselle dans les papiers officiels (Phase 3)

Concernant les noms de familles lors du mariage, assez de la domination masculine: chacun gardera le sien, et les enfants auront un nouveau nom qui sera constitué de la moitié* du nom du père et de la moitié de la mère : on espère vivement que Mme DUBOIS et M. TROUVILLE n’auront que des chats … (Voir mon autre billet sur le sujet) (hypothèse)

autorisation de déclarer un enfant « sans sexe » (phase 4 en Allemagne dès le 1er Novembre!).

Les prénoms hermaphrodites/androgynes (Camille, Dominique, Térence, Noël, Claude, Lou, Jackie, Gwenaëll, Morgan, Sacha, Alex, tous les noms de voiture aussi, etc. **) seront largement répandus dans la presse people et les manuels d’école (phase 1). Avec à la clé une prime aux parents qui auront choisi un prénom qui « lutte contre les stéréotypes ». (hypothèse)

Il deviendra vite évident qu’il faudra interdire toute étude statistique demandant aux gens leur sexe. La CNIL y veillera soigneusement. (hypothèse) Vous imaginez, des statistiques de délinquance selon le sexe pourraient montrer que les femmes sont « naturellement » moins violentes, ce qui est une pure hérésie.

*Hélas on pourrait accoler les deux mais vous imaginez vite le problème au bout de 3 ou 4 générations…

**On me signale que Noël a été retiré de la liste pour une raison inconnue.

ART, PRESSE & SPECTACLE

Autant vous dire tout de suite que ça va chauffer pour les types comme John Gray (auteur du bestseller les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus) et un tel terroriste pourra s’estimer heureux si la Russie ou l’Equateur lui accorde l’asile politique. (hypothèse)

En littérature, cela va faire très, très mal, surtout dans les lettres classiques envahies à souhait de clichés nauséabonds (article). Il faudra censurer déprioriser des centaines de passages dans les classes de français. En définitive, l’ensemble de la peinture, de la sculpture classique n’est-il pas machiste et n’encourage-t-il pas l’homme à dire non aux travaux domestiques ? (hypothèse)

SPORT

On vient d’apprendre que le fameux match de tennis où une joueuse avait battu en 1973 un ancien champion retraité avait été truqué ! Honte aux journalistes vendus à l’ordre sexué qui ont osé publier ça. Il y a encore du chemin à faire et je propose désormais que les chaînes de sport doivent obligatoirement diffuser autant d’événements masculins que féminins. Non, mieux, toutes les disciplines seront mixtes, point barre. On imagine la rigolade pour des sports comme la boxe, l’haltérophilie… pour lesquels il faudra bien autoriser le « dopage pour tous » sans quoi les différences naturelles seraient trop « voyantes »… (hypothèse)

SEXUALITE

Ultime graal des sex-trémistes, la sexualité et sa douloureuse asymétrie. Que faire pour « normaliser » cette partie de la vie (plus très) privée où, quoi qu’on fasse, l’homme, parce qu’il pénètre la femme, se retrouve toujours en position plus ou moins dominante ? Et là, tenez-vous bien, nous sommes déjà entrés en phase 1. On commence à lire des choses, des gens qui disent que ça serait bien un jour de rendre symétriques les relations sexuelles. Quèsaco ? Concrètement, ils veulent promouvoir la sexualité orale et « manuelle », et supprimer le rapport sexuel traditionnel*.

– « Mais pour faire des enfants il faut bien encore en passer par la !? » Pas de panique, Madame Dubois, les enfants conçus à l’ancienne, c’est-à-dire hors Fécondation In Vitro, seront déclarés non-conformes » (hypothèse). Je m’arrête là, car l’avocat d’Aldous Huxley fronce les sourcils.

* Impossible? On suggère bien aux adolescents de s’essayer aux rapports homosexuels (phase 2

FIN

Un  jour la France entrera en guerre, et notre armée parfaitement mixte sera mise en déroute par une armée adverse 95% masculine, malgré les diverses menaces de procès qu’on leur aura envoyées (hypothèse).

*******

Que dire, que rajouter à ce tableau ? Juste qu’il y a des gens pour qui tout ceci est réellement un idéal de société, et que certains d’entre eux sont aux commandes de la France grâce à nos bulletins de vote…

Hervé Legourvière (HerveLE)

Note: le titre du post est fictif. Consultez mes autres articles sur le même thème:

La fête des « individus » une fête enfin égalitaire              Sur le point commun entre OGM et embryon humain      Parité et Egalité: les frères ennemis                    Un homme doit-il prendre le nom de sa femme?

10 septembre 2013

Femmes, prenez le pouvoir!

Classé dans : homme & femme — hervele @ 0 h 46 min

2/3 des mères célibataires sont en grande difficulté financière, d’après le Secours Populaire. Pendant ce temps, le gouvernement utilise les honoraires de ses fonctionnaires sur deux gros dossiers critiques sans lesquels la France perdrait sûrement son parmi les nations: il lance le débat sur la PMA pour tous (= créer des tas d’enfants sans père), et il lance les formations sur le gender dans les écoles pour faire comprendre aux élèves que hommes et femmes, zéro différence.

Vous souffrez du genou droit? Le gouvernement vous ampute la jambe gauche! Inadéquation la plus totale entre le problème et la réponse apportée…

Mais quoi de plus désolant, en réalité, qu’une mère contrainte d’élever seule son enfant?

On pourrait dire, dans un certain sens, les mouvements féministes d’émancipation ont creusé leur tombe: n’ont-elles pas voulu libérer les femmes du carcan du mariage, divorcer quand bon leur semble, vivre avec un homme puis un autre, avoir des enfants quand elles veulent? Et les voilà aujourd’hui qui s’en plaignent? La femme libre se retrouve à présent… libre avec ses enfants sur les bras*! Pas étonnant que certaines voix chez les féministes décrètent « tant que la femme ne sera pas libérée de l’enfantement, elle ne sera jamais libre« . Elles ont un peu raison, hélas, mais surtout tort car la liberté de la femme doit s’exercer, nous allons y revenir, avant la procréation! Et puis voir l’enfantement comme une prison, ne serait-ce qu’envers les couples stériles cela est parfaitement odieux.

Toute femme doit savoir au fond d’elle même une chose, c’est que jusqu’à nouvel ordre c’est elle qui porte l’enfant; ce simple fait la rend unique – presque totalitaire – décisionnaire sur l’homme qui méritera d’être le père. Ce que je dis là, ce ne sont pas que des mots, c’est Darwin n’en déplaise à tous ceux dont les cheveux se dressent sur la tête dès qu’on leur rappelle l’origine animale de notre espèce, parce qu’ils voudraient bien l’oublier. La sélection (inter)sexuelle, corolaire de la sélection naturelle fait que chez presque toutes les espèces animales, la femelle choisit son partenaire (et si c’était le mâle qui donnait la vie… eh bien il s’appellerait femelle!…, cf. les travaux de R. Trivers).

Femmes, prenez le pouvoir! Le pouvoir immense que vous avez, celui de dire « Non, ce ne sera pas toi », et sa variante « Oui, à condition que ». Mais combien il est difficile pour l’orgueil d’un homme de l’entendre, ne lui répète-t-on pas à longueur de journée que homme et femme sont identiques… alors il ne comprend pas! Bref, demandez aux hommes de s’engager, rendez public cet engagement devant le monde, célébrez-le sans lésiner. Ces trois bêtes conseils, c’est la définition du mariage: Mariez-vous! Et ne laissez pas des avocats régler vos problèmes : vous avez 50% de chances que l’autre ait un meilleur avocat que vous alors qu’un conseiller conjugal résout 90% de vos problèmes (et ceux de votre conjoint par la même occasion).

Ne soyons pas aveugles non plus, nous ne sommes pas tous des top-modèles et il y a des femmes qui ne peuvent pas se permettre de « choisir » parmi une foule de prétendants. A celles-là, je réponds que oui, la société est cruelle car elle semble ne s’adresser qu’à ceux qui ont tout pour eux**. Qu’elles n’abandonnent pas leurs prérogatives! Qu’elles gardent confiance en elles, qu’elles n’acceptent pas de se mentir à elles-mêmes en croyant qu’un enfant retiendra et rendra « sédentaire » le partenaire (pari ô combien risqué): au reste cela n’a jamais été le cas, la multiplication des familles recomposées – dont le bonheur paisible et « moderne » reste la plupart du temps un miroir aux alouettes – est là pour le rappeler. Qu’elles réalisent qu’une femme exigeante possède déjà au moins une qualité très appréciée des hommes: cette exigence est ce qui nous oblige à nous faire violence et nous tirer vers le haut. En la matière, d’ailleurs, la présidence actuelle nous fournit un excellent contre-exemple!

Nous vivons une époque de profonde crise de l’engagement avec en face de nous toute une génération à qui on a expliqué qu’il suffisait de porter un jeans Levis et des Ray-Ban pour rester éternellement libres et épanouis… Et au bout du compte, voter des lois comme le PACS (qui n’est que la légalisation de la répudiation par simple e-mail à la préfecture) sans rien expliquer aux jeunes sur l’engagement, c’est faire avancer une forme néfaste de liberté qui engendre beaucoup de souffrance. Car si il est heureux que la société aide les mères seules, elle a la fâcheuse tendance à en fabriquer… au lieu de tout faire pour encourager les femmes à obtenir le maximum de garanties que leur enfant sera élevé dans les meilleurs conditions.

J’aime à proposer, par exemple, que le PACS se transforme automatiquement en mariage dès lors que le femme attend un enfant (l’arrivée d’un enfant est un engagement « subi » qui en fait fuir beaucoup). Cela serait, oui, une loi responsable.

Hervé Legourvière (HerveLE)

* Où libre, peut-être, comme Simone de Beauvoir et son pacte d’infidélité avec Sartre qui nous semble plus, avec le recul, comme un pacte du « je fais ce que je veux et tu souffres de jalousie en silence »

** Malheureusement il n’y a qu’Israël qui légifère sur la maigreur des mannequins dans les publicités…

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30 août 2013

Un homme doit-il prendre le nom de sa femme

Classé dans : homme & femme,parodie — hervele @ 1 h 13 min

A l’heure de la lutte contre le terrorisme de la discrimination sexuelle, voila une question brûlante! Et posée pour une fois à l’envers… héhé

Tout est question d’histoire, d’usages et fait étonnant, nulle part dans la loi ne figure l’obligation pour une femme de prendre le nom de son mari, c’est même l’inverse qui est recommandé depuis la Révolution. Toutefois l’attachement à la cellule familiale et l’importance donnée à la protection de la filiation justifie que, culturellement, on choisisse un même nom pour les deux parents, manifestation de l’amour et de l’union du couple, qui prend le nom de famille que prendront aussi ses fruits. N’est-ce pas beau?

Le législateur a cependant cru bon de devoir rappeler la possibilité pour la femme (ou le mari) d’accoler leurs deux noms et de les transmettre ainsi aux enfants. Je ne peux que déplorer la stupidité borgne d’une telle loi qui, armée du fusil Egalité à un coup, n’imagine même pas que les-dits enfants se marieront un jour, et ne fait que renvoyer lâchement la gestion du problème à la génération suivante condamnée à voir la longueur de ses noms de famille gagner une puissance de 2 tous les 25 ans. Bingo, au bout d’un siècle, tous les formulaires de l’état seront passés au format A0!* Voila donc la belle lucidité de nos députés, qui ne s’occupent comme il savent faire, que des électeurs déjà nés et non de ceux à venir.

Historiquement qu’est-ce qui justifie que ce soit le nom de l’homme qui soit usuellement gardé? Le patriarcat, et peut-être aussi l’antique loi salique. N’allons pas y voir de démarche sexiste, personne à l’époque n’eut songé à s’en plaindre. Eusse été le nom de la femme à la place, il y aurait seulement eu injustice inverse et l’important, comprenons-nous, était plutôt la stabilité spatio-temporelle de la convention choisie, quelle qu’elle soit. Imaginez sinon les déboires des historiens et des généalogistes de tous poils chargés de retracer l’histoire des familles avec des noms qui valsent à chaque génération! Il n’y pas qu’eux, on n’imagine pas toutes les études génétiques, sociologiques, économiques faisant appel aux archives des vieilles familles.

Hélas aujourd’hui, alors que plus que jamais la cellule familiale se décompose et les statistiques de personnes vivant dans la solitude ou la dépression explosent littéralement, aujourd’hui on s’apprête à brouiller encore plus ce lien qui relie les personnes à leur histoire, à leurs origines**. C’est pourquoi si un jour nos féministes à court d’idées se prennent à venger les épouses brimées des millénaires passés, et imposent aux enfants le seul nom de la mère, je dirai OUI! OUI! OUI! Mais par pitié, qu’on n’en change plus…

Vous avez deviné, faute de conclusion, où va ma préférence. Car à l’inverse, imagine-t-on le désarroi d’un enfant de 5 ans à qui un copain explique que si sa maman a voulu garder son nom de jeune fille, c’est pour que ça soit plus simple administrativement en cas de divorce… Quel romantisme! Quel gage d’amour à la clé! Et que de dégâts n’occasionne-t-on pas autour de nous en n’écoutant que notre petit orgueil égoïste…

Hervé Legourvière (HerveLE)

* « Allô la CAF? Oui, j’avais demandé un acte de naissance et là j’ai un camion garé devant chez moi??? »
** Mais non! Tout est stocké dans des fichiers informatiques, pas de panique!

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27 août 2013

refus + délégation = acceptation?

Classé dans : actualité,homme & femme,res publica,Valeurs — hervele @ 19 h 38 min

On a beaucoup parlé de liberté de conscience ces derniers temps. Celle des maires, des élus face à des lois moralement critiquables comme l’est la loi Taubira. Mais toute liberté de conscience qui s’oppose doit prouver qu’elle est directement moralement impliquée par les conséquences de la loi. On peut très bien argumenter qu’un mariage homosexuel (et surtout tout ce qui s’ensuit) cause un tort direct au maire. Mais mon point est que le fait de déléguer la célébration d’un mariage à un autre employé municipal, c’est admettre, in fine, que ledit mariage ne dérangeait pas tant que cela l’impétrant puisqu’il se fera quand même sous un autre stylo!

Or n’oublions pas que toute signature déléguée a même valeur que l’originale, et engage de la même façon. Car quelle différence entre un maire et son remplaçant? Le maire est responsable de tout ce qui se passe dans sa commune. S’il délègue, c’est qu’il cautionne. Point final. Si le maire veut manifester réellement son opposition, il refuse la délégation et s’expose au pénal, c’est cela le vrai courage. Car déléguer, c’est se défiler, ou c’est espérer tranquillement qu’éventuellement tous les autres s’y opposeront aussi et on aura juste bloqué le schmilblick sans que l’un ou l’autre soit tout à fait responsable… Du joli quoi! *

Prenons l’exemple d’un catholique qui refuserait un poste de méchant trader parce que le job est immoral: à votre avis qui prendra sa place? Un autre gentil catholique? Perdu: un type sans foi ni loi, il y a fort à parier, my dear. Ainsi de nombreuses personnes bien intentionnées épargnent leur conscience en n’assumant aucune responsabilité. Non, il faut faire le sale boulot soi-même, et il faut surtout le faire moins salement qu’un autre, là seulement on pourra être fier de soi. La droite se plaint que les étudiants journalistes aient tous voté hollande au 2è tour**? eh bien ils n’ont qu’à faire faire à leurs enfants des études de journalisme!

Les expériences de Milgram sur la psychologie sociale montrent qu’il est facile de se décharger de sa responsabilité sur quelqu’un d’autre, et que la conscience est très douée pour se dédouaner dès lors que ce n’est plus moi qui appuie sur la détente.

Hervé Legourvière (HerveLE)

 

* je ne blâme pas les maires, au contraire. Au salaire de misère auquel ils sont payés, je comprends qu’ils rechignent à prendre des risques pénaux! Quant on voit nos ministres, grassement payés mais responsables de rien…

** ce qui, au passage, rend caduque la confidentialité du vote! lol

13 août 2013

Si vous ne digérez pas les principes, prenez une dose de pragmatisme!

Classé dans : actualité,homme & femme,pensées,res publica,Valeurs — hervele @ 0 h 32 min

Parcourant le métro londonien, j’arrêtai mon regard sur la plaque fixée sous la tirette d’arrêt d’urgence. M’attendant à y voir la sèche mention d’un article de loi en punissant l’usage abusif et le rappel à la règle (qu’il est toujours tentant de défier), quelle ne fut pas ma surprise en découvrant un petit texte sympathique expliquant qu’en cas de malaise il est tout à fait contre-productif d’utiliser ce dispositif parce que les secours mettraient trois fois plus de temps à arriver au beau milieu d’un tunnel qu’à la prochaine station…

Exemple insignifiant, mais absolument symptomatique du gouffre qui existe entre l’état d’esprit anglais et français au regard de la règle commune, minuscule coin de rame de métro où était symbolisé le précepte qui avait vraisemblablement porté la culture anglo-saxonne à la première place des nations depuis 3 siècles.

Le formidable ouvrage De La Démocratie en Amérique vante les mérites d’une jeune nation qui a toujours su se donner comme règle l’utilité d’une action pour la société plutôt que sa moralité. Ou alors, l’utilité avec la moralité comme effet collatéral, comme « bonus ». Mais si presque toujours les deux vont de conserve, l’utilité mène plus surement au but recherché et le principe, quoique plus noble, manque souvent sa cible*. L’idée n’est même pas anglaise et c’est notre bon Montaigne qui l’a énoncée au XVIè siècle: « Quand, pour sa droicture, je ne suyvray pas le droict chemin, je le suyvray pour avoir trouve, par expérience, qu’au bout du compte c’est communément le plus heureux et le plus utile.» Tocqueville enfonce le clou: « Je doute que les hommes fussent plus vertueux dans les siècles aristocratiques que dans les autres, mais il est certain qu’on y parlait sans cesse des beautés de la vertu; ils n’étudiaient qu’en secret par quel côté elle est utile. (…) Aux États-Unis, on ne dit presque point que la vertu est belle. On soutient qu’elle est utile, et on le prouve tous les jours. » Il est inutile de tirer l’arrêt d’urgence, alors effectivement… personne ne s’amuse à le faire comme chez nous!

Le français dans sa grande noblesse n’a jamais daigné vendre son âme au « pragmatisme » – pouah – et y a toujours préféré l’idéal plus difficile de la vertu.

Où est-ce que je veux en venir et quelle application au débat politique?

Eh bien je dis que depuis mai 68, nous avons abandonné la vertu mais paradoxalement, de façon assez pitoyable, on n’a jamais autant hurlé au respect des principes républicains. Les principes républicains, ils sont inscrits au dessus de tous nos édifices. Hélas, il faudrait qu’un jour ils en descendent pour aller s’appliquer dans nos lois: quel principe intangible est encore respecté par l’État? Quelle autorité publique ne recule pas désormais devant l’émotion médiatique? Ne surtout pas choquer, mais la lâcheté, c’est justement quand on ne veut froisser personne et qu’on finit par tout détruire! Quand plus aucun politicien n’a le courage de démissionner après un désaveu public, quand la justice s’émeut et ne prononce que pour ménager les sensibilités et les intentions de votes communautaires, quand la laïcité se marchande comme une monnaie d’échange pour calmer un temps des revendications, quand le deux poids deux mesures et le clientélisme sont le diapason de l’action socialiste… il est temps de nous tourner vers nos ennemis jurés pour prendre une bonne leçon de pragmatisme! Et j’en suis le premier désolé, moi qui militait dans un précédent billet pour des lois affranchies du compromis, des principes clairs et intangibles…

Pourtant, dans l’affaire du voile islamique qui nous intéresse aujourd’hui, ce ne sont pas les idées qui manquent: il eut été facile de faire passer la pilule avec l’utilité de la sécurité intérieure: dissimulation = interdiction (pas de cagoules pendant les manifestations, pas de masques de Mickey pendant les braquages, pas de vitres teintées sur les voitures, pas de voile dans l’espace public**). Il eut été possible, quoique plus cocasse, d’interdire pour l’hygiène, le problème du manque de vitamine D, les risques accrus de noyades, la sécurité routières des piétons, l’absence de bandes réfléchissantes la nuit, que sais-je encore! Ça, c’est le pragmatisme, ça apaise, ça permet d’avancer, mais ça ne marche pas chez nous…

Hervé Legourvière (HerveLE)

 

*Plus loin: « L’intérêt bien entendu est une doctrine peu haute, mais claire et sûre. Elle ne cherche pas à atteindre de grands objets; mais elle atteint sans trop d’efforts tous ceux auxquels elle vise. Comme elle est à la portée de toutes les intelligences, chacun la saisit aisément et la retient sans peine. S’accommodant merveilleusement aux faiblesses des hommes, elle obtient facilement un grand empire, et il ne lui est point difficile de le conserver, parce qu’elle retourne l’intérêt personnel contre lui-même et se sert, pour diriger les passions, de l’aiguillon qui les excite. La doctrine de l’intérêt bien entendu ne produit pas de grands dévouements; mais elle suggère chaque jour de petits sacrifices; à elle seule, elle ne saurait faire un homme vertueux; mais elle forme une multitude de citoyens, réglés, tempérants, modérés, prévoyants, maîtres d’eux-mêmes; et, si elle ne conduit pas directement à la vertu par la volonté, elle en rapproche insensiblement par les habitudes. Si la doctrine de l’intérêt bien entendu venait à dominer entièrement le monde moral, les vertus extraordinaires seraient sans doute plus rares. Mais je pense aussi qu’alors les grossières dépravations seraient moins communes. La doctrine de l’intérêt bien entendu empêche peut-être quelques hommes de monter fort au-dessus du niveau ordinaire de l’humanité; mais un grand nombre d’autres qui tombaient au-dessous la rencontrent et s’y retiennent. Considérez quelques individus, elle les abaisse. Envisagez l’espèce, elle l’élève. »

**il ne s’agit aucunement d’une comparaison, juste une énumération…

 

22 juin 2013

Parité et Egalité, les frères ennemis

Classé dans : homme & femme,Valeurs — hervele @ 1 h 16 min

Parmi les figures de style inculquées en cours de français, il en est une dont je me souviens bien, c’est l’oxymore. Mais les exemples illustres servis par Victor Hugo ou Corneille  – cette obscure clarté… – sont aujourd’hui largement surclassés par l’imagination de nos politiciens, dans le terme de « discrimination positive ».

« Discrimination positive ». Prenez une seconde pour méditer le choc des deux mots…

Cet étrange principe vise à favoriser telle ou telle catégorie de personne pour corriger une inégalité de fait. Très à la mode chez certains de nos voisins (Nordiques, USA, etc.) , il connaît de plus en plus de détracteurs, tant sur ses résultats que sur son principe. Mais notre pays est champion pour redécouvrir les idées des voisins après qu’elle se sont avérées mauvaises. On parle bien de la même chose lorsqu’on fait de la parité des sexes, c’est à dire demander par exemple qu’il y ait 40% de femmes dans les conseils d’administration.

Or les juristes qui se sont penchés sur le mariage pour tous l’ont répété: deux situations différentes doivent être traitées différemment en droit et l’égalité s’entend entre situations comparables. Bref, imaginez une seconde des manifestations de célibataires sans enfants réclamant, au nom de « l’égalité » d’avoir droit aux allocations familiales! Tous les médias s’exclameraient « Mais c’est absurde! Ils n’ont rien compris! ».

L’égalité étant bien le principe selon lequel l’État doit s’efforcer de garantir le même traitement à deux situations de même nature, la question est alors de savoir si un homme et une femme sont nécessairement de même nature ou pas? De deux choses l’une,

- soit ils sont de même nature, comparables en tous points à quelques différences anatomiques près, alors l’État garantit le même traitement et la même législation et il est insupportable que des textes de loi s’appliquent différemment à des hommes et à des femmes. Cela tue dans l’œuf toute politique de parité, et à fortiori celles qu’on rencontre actuellement à savoir une version asymétrique: la loi pénalise les organisations où les hommes sont majoritaires, mais pas celles où ce sont les femmes! Insupportable asymétrie – qui est au passage dénoncée par certaines féministes de bon sens en ce qu’elles assimilent la femme à un être inférieur! L’hypothèse « de même nature » mène à des positions intenables et on ne construit jamais des urinoirs dans les toilettes dames.

- soit on déclare qu’une politique de parité homme-femme est légitime et bonne, à ce moment on est OBLIGE d’entériner le fait que hommes et femmes n’ont pas la même nature. C’est d’ailleurs le bon sens. Un texte de loi qui attribue un congé allaitement à un homme serait écrit par des idiots.

Il existe pourtant des domaines où le législateur comprend très bien ce genre de différences. Dans les jeux paralympiques, les sourds n’ont jamais le droit de concourir aux mêmes épreuves que les invalides. On a créé des catégories pour compenser les différents niveaux de handicap (c’est l’équivalent des quotas). On valide donc implicitement le fait que chaque type de handicap est de « nature » différente. Car si tel n’était pas le cas, on n’aurait qu’à faire concourir tout le monde en même temps, et les sourds gagneraient toujours car leur handicap est minime pour la plupart des épreuves sportives. (C’est un raisonnement, loin de moi l’idée de dire que l’un ou l’autre des sexes serait « handicapé »)

En fait, vouloir à la fois traiter les deux sexes comme une seule réalité indifférenciée, et faire bénéficier les femmes d’une politique de quotas en leur faveur, c’est vouloir le beurre et l’argent du beurre. Et c’est aussi être contre-productif, en créant un sentiment d’injustice et au bout du compte un clivage entre les deux groupes qu’on cherche justement à « réconcilier ». Ainsi vouloir égaliser à tout prix les salaires moyens des femmes alors même qu’il est prouvé qu’elles ne travaillent pas (et ne souhaitent pas travailler) autant d’heures par semaine que les hommes en moyenne, n’est-ce pas déjà créer une inégalité supérieure à celle qu’on veut gommer?

Au demeurant, voir les mêmes qui distillent l’idéologie du genre réclamer des quotas paritaires m’amuse beaucoup, car ils admettent par là même qu’il y a bien une différence de nature irréductible entre les sexes… quel journaliste honnête (encore une figure de style?) osera les mettre devant leurs contradictions?

Herve Legourvière (LerveLE)

16 juin 2013

La fête des parents

Classé dans : actualité,homme & femme,Valeurs — hervele @ 0 h 31 min

Si vous aviez la télévision ou Wikipedia, vous auriez sans doute appris récemment qu’avant d’être une fête surtout commerciale, la fête des mères est célébrée dans de très nombreux pays et civilisations depuis des siècles. La fête des pères, qui a aussi existé dans le catholicisme, n’est en revanche officialisée que depuis une cinquantaine d’années; elle est moins fêtée mais prétend aujourd’hui à un statut équivalent.

Analyse: il est difficile de ne pas faire le parallèle entre cette différence de « notoriété » qui s’estompe petit à petit, et la convergence égalitaire entre les hommes et les femmes dans la vie quotidienne et les comportements. A l’heure où l’homme fait la vaisselle, prend un congé paternité, s’épile, en face les comportements féminins se « masculinisent » (et c’est la triste vérité de l’explosion des chiffres du cancer du poumon chez les femmes), pourquoi devrait-on encore célébrer plus la fête des mères que celle des pères?

Il me semble que le « schéma » familial de la mère au foyer accomplissant la quasi-totalité des tâches ménagères et de garde des enfants, en vigueur pendant des décennies, justifiait cent fois la célébration toute particulière de la mère pour son dévouement sans limites, une injustice au quotidien pourrait-on dire. Et une journée par an pour réparer cette injustice (On me signale « deux », ah oui il y a la journée de la femme), c’était bien peu.

Qu’à cela ne tienne. La joyeuse théorie du genre veut, depuis, nous faire avaler que hommes et femmes être blanc bonnet bonnet blanc kif kif bourricot. C’est d’ailleurs prouvé: une psychologue féministe américaine (jeu: devinez son orientation sexuelle) y a réfléchi pendant longtemps et a reçu beaucoup de subventions pour en parler. Du coup, au diable la tradition, hop on fusionne les deux fêtes sus-mentionnées en une seule fête des parents! Et ça prouve bien au passage que la théorie du genre est vraie puisqu’on l’applique dans certaines écoles!

Quoiiiiii? Des critiques? Qui ose? Et paf, la parade vient instantanément:

- « Oui mais la fête des mères était discriminatoire pour tous les orphelins, Monsieur! »

Silence gêné dans la salle. M. Dufoin se demande s’il n’existerait pas un lobby des orphelins qui pourrait par malheur lui coller un procès s’il continuait de s’acharner à fêter sa maman…

L’argument de la discrimination, un petit coup de culpabilisation… ET VAINQUEUR PAR K/O !

Un petit malin au fond de la salle:

« Pourquoi alors on n’interdit pas le mariage, c’est discriminatoire envers les moches qui ne trouvent pas de partenaire? »

Là, ils ont carrément appelé la sécurité.

 

C’est pourquoi, comme je dis souvent à mes enfants quand ils traversent la rue: il ne faut jamais s’arrêter au milieu du chemin; alors poussons les raisonnements jusqu’au bout, voyons où cela nous mène: si discrimination il y a je propose carrément de remplacer toutes ces fêtes par une seule (qui durerait 1 semaine du coup): La FETE des INDIDIVUS. Enfin un terme technique et statistique qui n’est discriminatoire pour personne, enfin une société réenchantée où chacun se fête lui-même sans avoir à penser aux autres.

 

Tout ceci est quand même bien triste, heureusement personne ne m’empêchera de finir cet article sur une note joyeuse: le fa#.

 

Herve Legourvière (HerveLE)

 

14 juin 2013

HOMME vs FEMMES, il serait temps de déclarer match nul

Classé dans : homme & femme,Valeurs — hervele @ 18 h 08 min

ERREUR 404: le débat n’est surement pas de savoir en faveur de quel sexe il faut se placer, comme si l’on était dans une arène et qu’il ne pouvait y avoir qu’un vainqueur ! (voir à ce sujet la pièce d’Aristophane L’Assemblée des femmes). Pourtant c’est ce que veulent certains mouvements féministes. Le débat consiste plutôt à faire la part des choses entre deux notions aussi radicalement éloignées l’une de l’autre que ne l’est un homme du lit d’une femme lorsqu’il lui dit « on baise? »:

Bref, je parle de la similitude, d’une part, et de la complémentarité d’autre part.

 

La similitude est ce qui caractérise, par exemple, deux hommes ou deux femmes. Prônez la similitude entre hommes et femmes et, d’une part, vous ne l’atteindrez jamais à moins d’user de méthodes dictatoriales, d’autre part ce que vous n’aurez pas gommé deviendra parfaitement intolérable. Comme le démontrait Tocqueville ici, plus l’égalité progresse objectivement dans une société et plus l’inégalité résiduelle est ressentie comme insupportable. Pire que loi des rendements décroissants.

 

On se demande aujourd’hui pourquoi Mathurin et Margot, braves paysans du Moyen-âge, acceptaient si bien leur sort face à l’aristocratie. La réponse est simple : ils étaient persuadés d’être différents, voire inférieurs. Bien heureusement les lumières nous ont révélé que les hommes ont la même dignité et les mêmes droits quelle que soit leur naissance. Mais pas égaux tout court, attention. Et s’il est une différence de taille et impossible à réduire, c’est bien celle du sexe. C’est d’ailleurs la première information dont deux personnes s’enquièrent lorsqu’elles se rencontrent, très loin devant l’âge ou les études. Or beaucoup plus qu’une différence, c’est une vraie complémentarité. Alors que nos braves paysans auraient pu se débrouiller sans l’aristocratie ou le clergé, Margot ne peut se passer de Mathurin, Mathurin ne peut vivre heureux sans Margot. (Je précise qu’ils sont hétérosexuels)

 

De même que si je veux repeindre un pan de mon mur blanc je n’arriverai jamais à atteindre exactement la même teinte, et chaque tentative ne fera que faire jurer une peu plus les deux couleurs, aussi j’ai tout intérêt à repeindre cette partie du mur avec une couleur « complémentaire » ou « assortie », qui empêchera toute comparaison et créera une harmonie naturelle. Mais non, nos politiques, à défaut de trouver une teinte assortie veulent tout repeindre avec la nouvelle teinte et effacer l’autre, ils veulent tout mettre au ton du féminisme et en finir avec le vieux mâle (lire à ce sujet l’excellente analyse d’Eric Zemmour dans ce livre).

 

Ainsi, la complémentarité implique par nature l’égalité parfaite. Il n’y a plus de comparaison, plus matière à revendication. La femme porte la vie, elle a besoin de protection. L’homme lui apporte ce qu’elle n’a pas et réciproquement. Si je ne peux vivre sans toi, et toi sans mois, alors nous sommes absolument égaux.

 

La quête de l’égalité est, en réalité, une des pires idées fixes de la gauche. Elle ne sévit pas que dans le domaine de la représentation des sexes, loin de là.

 

La quête de l’égalité sans limite est une sorte de gros éléphant lancé à pleine vitesse et qui va balayer sur son passage la fragile porcelaine de la liberté individuelle, la fine faïence du bien commun, en ne laissant derrière lui que les débris du communautarisme et la division du pays…

 

 Herve Legourvière (HerveLE)

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