5 mai 2014

Président, remboursez votre formation

Classé dans : économie — hervele @ 16 h 52 min

Monsieur Hollande.

Vous avez, deux ans durant, été payé par le contribuable français pour diriger la France. Aujourd’hui, à l’issue du scrutin municipal qui sanctionne le cinglant échec de votre politique, vous assumez un revirement vers des positions plus libérales seules à mêmes de nous redonner de la croissance et de limiter le chômage. C’est, implicitement, admettre votre première erreur.

Il serait donc malhonnête d’accepter que ce soit le citoyen français qui paye de ses deniers vos « tatonnements », vos « essais » malencontreux et, pourrait-on dire, votre « formation » au poste de président de la République.

Monsieur le Président, remboursez ces 22 mois de salaire qui sont autant de temps perdu à la France sur le chemin de la prospérité, admettez que vous avez fait des erreurs ou démissionnez.

Un citoyen français.

19 novembre 2013

haro sur les contribuables qui respectent trop bien les règles

Classé dans : actualité,économie,parodie — hervele @ 14 h 17 min

extrait de l’article de Contrepoints commentant le projet de loi en préparation:

« Une obligation de déclaration à l’administration fiscale, sous peine d’amende, serait introduite à charge de toute personne commercialisant un schéma d’optimisation fiscale ou l’élaborant ou le mettant en place.

Le texte définit un schéma d’optimisation fiscale soumis à déclaration comme :
« toute combinaison de procédés et instruments juridiques, fiscaux, comptables ou financiers :

  • Dont l’objet principal est de minorer la charge fiscale d’un contribuable, d’en reporter l’exigibilité ou le paiement ou d’obtenir le remboursement d’impôts, taxes ou contributions ;
  • Et qui remplit les critères prévus par décret en Conseil d’État.  »

C’est pourquoi, comme je le dis à mon épouse lorsqu’elle gagne de façon éhontée au Monopoly en respectant trop parfaitement toute les règles du jeu: « tu n’es qu’une mauvaise joueuse! ». Dans la même logique, je vous propose d’envoyer un mail à votre député pour vous dénoncer par avance, et peut-être bénéficier de la Clémence de Bercy:

« Monsieur le Député,

J’ai appris avec plaisir dans la presse que vous aviez sorti l’épée du fourreau pour lutter contre les abus des entreprises ou des particuliers qui profitent indument de notre système de réductions fiscales.

L’idée de demander une déclaration préalable obligatoire pour tout schéma d’optimisation fiscale, afin de le neutraliser, me semble excellente, saine et très prometteuse.

C’est pourquoi j’ai voulu, trop impatient d’attendre la lointaine échéance du 1er janvier 2015, faire acte de citoyenneté et déclarer dès aujourd’hui le schéma d’optimisation fiscale auquel je m’apprêtais malhonnêtement à me livrer, non sans en avoir fait grande publicité auprès de mes connaissances.

Il s’agit, dans un premier temps, de m’isoler dans une chambre, avec mon épouse (légitime, Dieu merci) et de pratiquer un abattement de 100% de nos différents habits. Dans un deuxième temps le schéma d’optimisation requiert de s’allonger sur le lit, et de procéder à certains mouvements capitaux ayant pour conséquence l’allongement de l’organe masculin à l’intérieur du dispositif féminin, puis la dépose ci-dedans du « germe d’optimisation fiscale » avant le délai de rétractation.

Il y a bien sûr un temps de traitement du dossier de 9 mois, qui aboutit, in fine, à alléger la charge fiscale du foyer d’une part entière, à l’insu de l’état.

J’espère, suite à ces éclaircissements, que vous éviterez de m’envoyer à mon domicile des inspecteurs d’optimisation conjugale qui me seraient d’un fort désagrément.

Salutations,

Un mauvais contribuable repenti. »

Hervé Legourvière (Hervele)

le contribuable chaste

le contribuable chaste

7 novembre 2013

Les nouveaux critères fiscaux de Bercy enfin dévoilés (lol)

Classé dans : actualité,économie,parodie — hervele @ 15 h 51 min

Tout étudiant en économie apprend ceci, que la sagesse économique vérifie d’ailleurs en tous temps, tout bon impôt doit satisfaire ces 4 caractéristiques:

1°) Assiette large

2°) Taux faible

3°) Simplicité

4°) justice/moralité (moralité, cette dernière étant plus « subjective »)

 

Cela demande de savoir compter jusqu’à quatre, et ça nos ministres savent encore faire! Mais au diable ce triptyque rébarbatif, voici les quatre nouveaux critères rigolos qu’ils ont inventés à la place:

 

1°) Est-ce qu’avec cet impôt j’emmerde bien tous ceux qui ne votent pas pour moi?

2°) Va-t-il y avoir un mouvement de protestation, sera-t-il suffisamment gros pour ne pas être étouffé par les médias?

3°) Combien rapporterait l’impôt si je l’appliquais rétroactivement à l’année dernière?

4°) Est-ce que c’est une promesse qui figurait au programme présidentiel?

4°) Puis-je faire porter la responsabilité à quelqu’un d’autre si ça foire?

Les nouveaux critères fiscaux de Bercy enfin dévoilés (lol) dans actualité fiscalite_amusante-150x150

 

 

 

 

 

Précisions:

Sur le point 2°) je ne peux que saluer l’art maritime du gouvernement pour navigant à vue,  en donnant un petit coup d’IFOP à bâbord d’INSEE à tribord. On lance une proposition de loi, on mesure au doigt mouillé les frémissements de protestation sur twitter et facebook, et on rétropédale si on sent que le cheval va piler devant l’obstacle. Hélas, pas de premier ministre courageux pour installer l’intérêt général comme gouvernail au navire! La majorité est dès lors condamnée à légiférer par renoncements, désaveux, essais avortés, contradictions et effets secondaires délétères. Avec la palme d’or du rétropédalage qui prétexte une erreur de copier-coller d’un stagiaire dans le texte préliminaire… Combo!

Ce gouvernement préfère avorter plutôt que d’assumer, et cette règle ne s’applique pas seulement à sa politique familiale!

Point 3°) La rétroactivité est en effet la seule parade à l’effet « Laffer » à savoir la courbe des rendements décroissants puis négatifs pour l’imposition et qui s’explique aussi par la faculté exceptionnelle des français à contourner l’impôt… Or il n’y a qu’un impôt rétroactif qui puisse garantir à coup sûr que les sommes estimées par les fiscalistes vont effectivement rentrer docilement et doduement dans les caisses de l’Etat. Sur ce coup, Hollande est tranquille: pour le contourner, on ne risque pas d’inventer de sitôt la machine à voyager dans le temps.

Hervé Legourvière

Retour à tous mes articles ici

Dans le même thème: la nature à la rescousse de l’impôt / l’inauguration de la politique-arbitre /la solution du PS pour l’immigration

28 octobre 2013

Ecotaxe, Léonarda… les compromis de l’échec

Classé dans : actualité,économie,res publica — hervele @ 18 h 54 min

Compromis, chose due.

S’il était encore besoin d’un nouvel exemple pour montrer à quel point toute politique menée par ce gouvernement se limite actuellement à gratter n’importe quel bouton de moustique qui se met à démanger dans ce pays, sans réaliser qu’il va réveiller tous ceux qui sont à côté et finir par avoir le bras vraiment, vraiment à vif, et bien je vous proposerais de réfléchir aux inquiétants points communs entre les affaires Léonarda, écotaxe, travail dominical, et imposition à 75% sur le football.

La primolocutocratie: ce pourrait être la mauvaise habitude de dire oui au premier qui a parlé, puis de s’en mordre les doigts.

Et oui, inlassablement, dans une sorte de mouvement perpétuel, nos dirigeants répètent les mêmes erreurs et les mêmes attitudes désastreuses pour la société: dans l’affaire Léonarda, face à la gronde lycéenne, l’éxécutif trancha par une sorte de compromis absurde qui eut le mérite d’à la fois mécontenter tout le monde et de diviser la famille même de Léonarda. De diviser, plus généralement, les sans papiers en ceux qui triment pour s’intégrer (mais n’y arrivent pas parce qu’ils ne font pas la Une de Libération) et ceux qui ont attrapé le pompon et ont droit à un tour gratuit.

Ecotaxe, Léonarda... les compromis de l'échec dans actualité gratter_argent

Une main qui gratte, une main qui distribue

Sur le bienfondé de l’écotaxe, je ne me prononcerai pas. Ce que je vois c’est qu’il y a une loi, que ce soit celle sur l’immigration, celle sur la taxe à 75% ou celle sur la fiscalité des transports routiers. Face à cette loi des lobbies du football se plaignent de manquer de millions, et manquent d’arracher à l’éxécutif un régime dérogatoire. Face à cette loi les agriculteurs bretons qui n’ont plus rien à perdre et manifestent dans un violent chant du cygne… La gouvernement, alors, magnanime et soucieux de rassurer les inquiétudes des français qu’ils découvre soudain, convoque les plus bruyants des grognons et leur glisse un petit chèque dans la main, aux yeux et à la barbe de tous.

Et vous, Français, peuple déjà divisé sur le mariage, sur les retraites, sur le droit au travail le dimanche… vous voici désormais montés les uns contre les autres selon votre région! Car si nous soutenons nos amis bretons, pourquoi ont-ils eu droit à un traitement de faveur et pas leurs confrères perdus au fond des alpages? Pourquoi le transporteur qui livre un industriel breton paiera alors quel l’industriel voisin situé à 500 mètres de la limite de département, lui ne paiera pas? Pourquoi ce gouvernement rémunère-t-il en petits arrangements à l’amiable le fait d’aller casser des infrastructures* et jeter des victuailles sur les CRS (pendant ce temps les étudiants, eux, sont réduits à mettre le feu à des poubelles vides c’est malheureux)?!

*(qui auraient pu être reconvertis le cas échéant en sympathiques panneaux de messages autoroutiers « il fait chaud: buvez »)

Mais gardons le cap, comme dirait Hollande! A l’enseignement d’un si bon maître, je n’ose me mesurer mais ne peux m’empêcher d’improviser un compromis à la « Hollande » pour, l’aéroport de Nantes, à la louche: vous expropriez les ruraux en les dédommageant du double du tarif légal, puis vous faites construire des grands parkings en béton plutôt qu’un aéroport qui fâche. Win-Win!

Bref. Ceux qui nous dirigent feraient bien de rouvrir leur gaffiot. Ils y apprendraient, par exemple, que l’étymologie du mot « compromis » signifie « pour mettre ensemble »… le sens des mots est parfois assez cruel, non?

Hervé Legourvière.

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30 septembre 2013

repos dominical

Classé dans : actualité,économie,res publica — hervele @ 23 h 13 min

Repos!

Il y a les libéraux, qui ne supportent pas qu’on empêche les gens de bonne volonté de travailler et qu’on se prive d’un surplus de croissance…

Il y a les anticléricaux, qui ne supportent pas que la loi française célèbre encore d’une certaine façon le jour du Seigneur..

Il y a les syndicalistes, qui ne supportent pas que les salariés passent des accords avec les patrons sans les consulter…

Parmi toutes ces voix assourdissantes, essayons de philosopher un peu sur ce méchant dimanche.

Primo, ne pas voir dans ce débat l’un des éternels combats entre la liberté et l’égalité serait passer à côté d’une mise en perspective intéressante. Liberté contre égalité, une lutte en filigrane de notre histoire moderne, on l’a vu dans les débats récente: liberté d’éduquer ses enfants librement contre égalité de l’éducation nationale. Liberté de se marier avec qui l’on veut contre égalité de tous les enfants, etc. Mais accroître l’égalité au prix de la liberté, c’est risquer de voir la liberté se venger un jour où l’autre, faire coucou par la fenêtre en disant: regarde, vous étiez plus égaux quand j’étais là… à ce sujet voir l’échec cuisant d’une mesure égalitaire phare: le CV anonyme a montré qu’il accentuait la discrimination entre candidats qui n’étaient plus jugés… que sur leurs fautes d’orthographe, facteur N°1 de distinction entre classes!

Qu’a à voir ce débat avec l’égalité? L’égalité entre les entrepreneurs, pardi. Et la liberté de ceux qui veulent se reposer le dimanche mais qui risquent bien d’être discriminés par un mécanisme très proche de la théorie des jeux puisque de deux commerces qui fermaient le dimanche, celui qui décide d’ouvrir mangera une énorme part de clientèle à l’autre, l’obligeant également à ouvrir sous peine de faillite. Au final, par contagion de proche en proche les commerçants travailleront à leur insu plus de jours pour un « gâteau » qui restera à peu près le même. On appelle cela une « lose-lose situation« .

Les économistes, les libéraux ont beau jeu de montrer l’efficacité sur l’emploi (ici), la consommation, la croissance. Mais quel est le prix social de cette croissance? Je pensais naïvement que l’état cherchait à rendre ses citoyens plus heureux et plus intelligents, non, il cherche à les faire consommer plus. Hélas, je ne pense pas qu’on ait jamais prouvé l’existence d’un lien entre consommation et bonheur individuel, à part dans les spots publicitaires. Voltaire, fervent athée, ne dédaignait pas la religion quand elle lui servait: « Il est à propos que le peuple soit guidé, et non pas qu’il soit instruit » et voyait en elle, comme chez certains révolutionnaires établis, un facteur d’ordre social au service des possédants dont il faisait partie. En lieu et place de religion, chanceux que nous sommes, nous avons le pouvoir d’achat! Et quelle divinité avide! Mais qu’a-t-on gagné, en somme, à troquer la messe du dimanche matin contre l’aller-retour au centre commercial?

Car entendons-nous bien, qui-est-ce qui demande à ce que l’on travaille le dimanche? Chez Sephora, ce sont les salariés avides d’un surplus de rémunération qui nous répètent à l’envi qu’ils y gagnent car « le dimanche est payé 50% de plus que les autres jours! » Il faut être stupide pour ne pas s’imaginer qu’une généralisation du travail le dimanche en fera un jour payé… comme les autres! Savez-vous ce qui me choque? Ce n’est pas qu’on refuse à des gens de travailler le dimanche. C’est c’est que notre économie soit tellement dévastée qu’on en arrive à devoir travailler le dimanche pour faire vivre sa famille convenablement. Alors que nous avons tout, je dis bien tout pour être un pays prospère et indépendant, nous nous sommes muselés et déplorons plaintivement cette situation… voulue. Voila pourquoi en Allemagne, il n’y a même pas débat…

Il est des arguments économiques, globalement pour le dimanche, et des arguments non-économiques globalement contre. Gardons toutefois en tête que ne plus laisser le consommateur oisif chez lui une seule journée, l’empêcher de réfléchir, de lire, de s’instruire, bref de se rendre compte qu’il peut être heureux autrement qu’en consommant, c’est aussi le but rêvé du capitalisme, un capitalisme d’asservissement qui emprunte à George Orwell. Et que dire du progrès social, ces luttes acharnées qui nous ont fait gagner petit à petit des jours de vacances, des horaires moins pénibles que ceux de nos pères? Est-ce le signal d’une prochaine machine-arrière? Non, nous ne sommes pas que des animaux en quête perpétuelle de pitance, et tant pis s’il nous en coûte 0,2 point de PIB!

Or on s’imagine bien que les magasins prêts à ouvrir le dimanche le feront aux mêmes horaires que les musées, les monuments, les bibliothèques… L’économie marchande rentrera en concurrence avec l’économie culturelle. Je vous laisse deviner laquelle gagnera. Mesure-t-on ce genre d’effet collatéral lorsqu’on avance des chiffres prometteurs?

C’est l’utilité contre la vertu en quelque sorte (voir mon autre billet sur cette question posée par Tocqueville). Peut-on concilier les deux? Sans doute, posez-vous la question suivante: que mangez-vous en famille le dimanche midi? Un gigot? Et croyez-vous que le bouchez qui vous vend le gigot pourrait maintenir sa boutique si vous passiez votre dimanche au centre commercial?

Hervé Legourvière (HerveLE)

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1 août 2013

La nature à la rescousse de l’impôt

Classé dans : économie,res publica — hervele @ 0 h 09 min

Hausse, progression, accroissement, élévation, augmentation, la langue française regorge de mots pour décrire le sort actuel de l’impôt en France. Il faut que les riches paient, alors parlons un peu des riches et de la façon de les faire « payer »: les deux voies royales étant les droits de succession et l’ISF (« incitation à sortir de France » en est l’acronyme ironique). Mon but ici est de prouver qu’il est possible de remplacer ces deux méchants impôts contre-productifs par un mécanisme neutre et tout aussi efficace. En guise d’introduction je rappelle ici les quatre caractéristiques d’un bon impôt:

1°) assiette large 2°) taux faible 3°) simplicité 4°) (moralité, cette dernière étant plus « subjective »)

Comme vous, j’ai passé de nombreuses soirées à discuter avec des amis de la légitimité de pouvoir transmettre à ses enfants une partie plus ou moins grosse des fruits de son travail. Or ces réflexions qui rythment notre existence ne sont pas étrangères à son but même: transmettre, laisser une trace, avoir un meilleur sort que celui de ses parents, n’est-ce pas, justement, le fil rouge de notre passage sur Terre? Voilà bien un sujet « Rousseauiste » où précisément l’intérêt particulier peut diverger fortement de l’intérêt général, comme on peut à la fois vouloir payer moins mais accepter que tout le monde paie plus…

Premièrement y-t-’il contradiction entre la recherche d’égalité des chances et la possibilité d’hériter d’un certain patrimoine? Comme d’habitude, étudions d’abord les extrêmes et poussons le raisonnement aux limites. Si l’État vous permet d’hériter d’un patrimoine très, très supérieur à ce qu’un français moyen pourra jamais économiser, alors que vous n’avez rien foutu de votre vie, là oui c’est vilain. Inversement, si l’État vous empêche de léguer à vos enfants ne serait-ce que le disque vinyle préféré de votre vieille mère, là aussi c’est vilain. C’est donc qu’il y a un juste milieu, chouette encore un problème de curseur!

Sur un plan de principe, j’entends parfaitement les voix qui réclament la fin d’un impôt sur la « mort », et sur des sommes déjà imposées une, parfois deux fois! D’aucuns argumentent sur le côté profondément immoral d’un impôt qui ne vous touche que si vous avez économisé sagement toute votre vie mais vous épargne si vous avez tout claqué sans vous soucier de vos enfants… Aussi je fais les propositions suivantes:

1°) Ne pas taxer* les héritages dans la limite de ce qu’une personne travaillant au salaire minimum parvient à économiser en toute une vie (à moduler selon le nombre d’enfants, conjoints, etc.).

2°) Au delà de ce « plancher », proportionner le montant qu’on peut recevoir à la richesse qu’on a réussi à accumuler de nos propres mains, comme par exemple taxer peu les sommes jusqu’à 50% de votre patrimoine** , et beaucoup au delà. Ce qui permet à quelqu’un qui le veut vraiment de conserver la « demeure familiale ».

3°) Permettre à l’héritage de « sauter une génération » car la durée de vie s’allongeant inexorablement, on en vient aujourd’hui à ne profiter du coup de pouce de nos parents qu’à notre retraite, c’est-à-dire quand on a enfin remboursé l’emprunt mais qu’on vient de se casser le col du fémur. Bref, créer une puissante incitation pour que les gens épargnent pour leurs enfants.

En somme, si le but (louable) est de récupérer (i.e. faire circuler) l’argent des très riches, j’ai beaucoup mieux à proposer: faites-leur faire des gosses! La fécondité a souvent tendance à être inversement proportionnelle aux revenus, c’est malheureux. Rien de plus efficace pour diviser un patrimoine que de le répartir entre les enfants. L’état se payant sur la circulation des biens (= le « frottement » économique, tout ce qui bouge laisse des miettes à l’état), il s’y retrouvera forcément d’une façon ou d’une autre (ex. lors de la revente des biens héhéhé). Avec des patrimoines divisés donc plus modestes, le risque d’évasion fiscale ou d’expatriation, au demeurant, est considérablement réduit, pour preuve il suffit de comparer les barèmes d’imposition de nos voisins pour déchanter assez vite sur leur taux d’imposition des classes moyennes supérieures… Il n’y a que pour les millionnaires que c’est intéressant.

Même l’histoire nous l’explique on ne peut plus clairement lorsque par exemple l’héritage de Charlemagne fut dramatiquement séparé entre ses trois fils condamnant la France à oublier ses velléités de domination européenne pour un moment.

Pourquoi inciter les riches à faire des enfants? Parce qu’en général, ils ont les moyens de les éduquer, de les cultiver au mieux, et que c’est bénéfique pour la société dans son ensemble. Ne vous en déplaise, les enfants des riches vont dans des écoles privées, coutent moins en assistantes sociales, en gardiens de prisons, sont moins au chômage, ont une meilleure santé, cotisent plus et plus longtemps, créent plus d’entreprises, etc. Bref même si vous ne les aimez pas, les riches font baisser vos impôts. Du coup, je fais entièrement confiance à l’État pour imaginer tout un tas de dispositifs conditionnels en ce sens, c’est son boulot. Or jusqu’à présent, il a de façon absolument stupide encouragé les riches à avoir le moins d’enfants possible pour échapper à la division du patrimoine, tout en les rendant malheureux par des taux d’imposition staliniens tandis que la filiation les rendrait au contraire heureux de voir leur biens divisés: heureux dans leur malheur, on ne pouvait rêver mieux et c’est la nature qui l’a fait (cf. cette magnifique théorie du gène égoïste)! Donc Haro sur les riches célibataires, et subventions à gogo pour les familles nombreuses millionnaires***, qui ne le resteront de toute façon pas très longtemps!

Reste à savoir si le gouvernement socialiste verra d’un bon œil cette prolifération de futurs électeurs de droite potentiels… mais on leur fait confiance pour le lavage de cerveau!

Hervé Legourvière (HerveLE)

 

*Non, ce n’est pas un cadeau gratuit. Franchement, l’État a bien d’autres moyens de récupérer intelligemment des sous que celui-là…

**En retirant of course les apports d’autres sources: autres héritages éventuels, euro-millions, etc.

*** familles nombreuses stables, de préférence, mais je traiterai de cela dans un prochain billet.

3 juillet 2013

Que se passerait-il si tout le monde avait son bac+5?

Classé dans : économie,pensées — hervele @ 18 h 47 min

Les meilleurs élèves du lycée obtenaient parfois un 21/20 grâce à la question « bonus ». Fair enough! Cette pratique alors anecdotique a été érigée en règle dans l’épreuve du baccalauréat aujourd’hui et les circulaires internes demandent aux correcteurs de noter non plus sur 20, mais sur 24, cela fait quand même une hausse de plus de 15%. Cela n’a pas l’air de trop choquer les gens, et pourtant. Et pourtant… c’est ce qu’on appelle en économie, sans tourner autour du pot, une dévaluation en bonne et due forme. Tu as une note de 18? Pas de chance, elle n’en vaut plus que 15 maintenant… La dévaluation en économie est efficace (Chine, Suède…), elle renchérit le cout de la denrée étrangère, et rend plus compétitive à l’export (elle n’est bien entendu efficace que si les voisins ne font pas la même chose!). Nos étudiants titulaires du nouveau « bac » seraient-ils plus compétitifs? Hélas rien d’équivalent dans le domaine humain… Il est regrettable que la France pratique sans vergogne la dévaluation éducative, vouée à l’échec, et ne l’envisage pas dans le domaine monétaire où cela serait salutaire. Ce qu’on constate, et d’une façon générale dans des domaines aussi divers que l’éducation, la culture, l’intégration des minorités, le déficit des comptes publics, et j’en passe, c’est un abandon généralisé de nos niveaux d’exigence.

Dévaluation éducative égal plus de diplômes et d’années d’études pour quoi?

La hausse continuelle des taux de réussite au bac, le nombre croissant des étudiants faisant des études supérieures toujours plus longues pour au final mendier un stage devrait inciter tout observateur possédant 2 bras,  2 jambes et un cerveau à se poser certaines questions prudentes:

1°) Est-il vrai que notre société a besoin de personnes toujours plus qualifiées? Pourtant cela fait un bout de temps que la structure de notre économie est stable (avec une désindustrialisation en fond de tableau mais passons)

2°) A quoi sont censées servir toutes ces années d’études supplémentaires?A qualifier les gens dans un domaine toujours plus précis, ou au contraire à leur donner une culture générale la plus large possible, c’est-à-dire les « élever intellectuellement » pour qu’ils soient de meilleurs citoyens?

3°) En quoi un système d’il y a 40 ans (où le bac était une garantie suffisante sur votre CV pour vous faire embaucher dans n’importe quelle boite du CAC40 sur-le-champ), est-il forcément inférieur à un système où on vous traine d’entretien en entretien pour finir par vous avouer qu’un type avec un double master génie des procédés-philosophie, la pratique d’une 4è langue et président d’un club de dégustation de vin vous a finalement damé le pion? (et sous-question 2: En quoi l’argument des gens qui me traitent de « réactionnaire nostalgique d’une époque révolue » est-il pertinent?)

4°) Si tout le monde doit faire des études supérieures, alors pourquoi ne pourrait-on pas tout simplement mettre le bac après le master? (article intéressant à ce sujet trouvé ici sur le rôle du bac)

5°) On dit toujours que le travail est ce qu’il y a de plus formateur… non?

6°) Accepter un travail sous-qualifié ne crée-t-il pas un mal-être, un manque de valorisation voire une dépression? (sisi)

7°) Qui est censé assumer la charge toujours croissante d’un enfant à la maison pendant X années supplémentaires à l’heure où les solidarités générationnelles disparaissent et où même les parents sont touchés par la crise?

8°) Alors qu’on sait très bien qu’une économie a besoin de main d’œuvre peu qualifiée, que le manque d’ouvriers en début de chaîne est un frein énorme à la croissance, pourquoi est-ce tabou de parler du rôle de l’immigration alors qu’on sait très bien que les immigrés prennent en majorité ces emplois peu qualifiés? Qui a voulu cela, qui soutient cette dynamique et quels intérêts sont derrière? (question qui est soulevée par un lecteur qui aurait été sur des sites « nauséabonds »).

9°) Si je fais trop d’années d’études, est-ce que je ne risque pas de ne jamais avoir assez de trimestres pour ma retraite?

Bref, dévaluation, dilution des études sur un temps plus long (la relativité sans doute…), courses aux armements sur des diplômes « d’affichage », décalage entre offre et demande, démotivation profonde des candidats, tout n’est pas joli joli sur le marché du travail pour la génération qui arrive…

Revenir à l’accueil du blog.

  Herve Legourvière (HerveLE)

15 juin 2013

A quoi sert une entreprise?

Classé dans : actualité,économie,Valeurs — hervele @ 1 h 09 min

La question est idiote, finalement à quoi servent les entreprises? Quel est leur but?

Faire de la politique? Assurer le bien des travailleurs? Protéger l’environnement?

Rien de tout cela en fait. Un chef d’entreprise est avant tout une personne comme vous ou moi, qui aimerait devenir riche et ne pas aller en prison. C’est pour cela qu’une entreprise (humaine) ne sert qu’à une chose et une seule: gagner de l’argent* en respectant les lois. Tout le reste n’est que de la « comm ».

Et pour illustrer tout ceci et les erreurs de jugement qui peuvent en découler, je voudrais parler d’une affaire récente, l’affaire du salarié de Veolia licencié pour avoir refusé de couper l’eau.

LES FAITS – un salarié du réseau d’eau qui, depuis plusieurs années fait sa popote dans son coin et va négocier avec les familles qui ne peuvent plus payer pour ne pas devoir leur couper l’eau. Un jour son chef en a assez, il le prend « la main dans le sac » et l’oblige à couper l’alimentation d’une famille. Refus. Licenciement. C’est dur, mais Véolia est dans son droit le plus total, il est très probable que les prudhommes donnent raison à la multinationale. Si rien n’est précisé dans le contrat de délégation, alors elle peut couper l’eau dans les conditions prévues par la loi.

Ma première réaction a été, comme vous j’espère, une sorte d’indignation devant l’horreur de ces méchantes multinationales.

Ensuite je me suis dit: mais au fait, comment le type est-il certain que les dites familles sont vraiment dans le besoin, qu’elles ont vraiment déjà rogné sur toutes les autres dépenses et que ce ne sont pas des escrocs? Mais passons…

Ensuite je me suis demandé: peut-on vraiment mourir de soif en France en 2013? Probablement pas, encore que, dans certaines campagnes isolées…

Enfin j’ai pris un bon recul, disons 5 ou 6 fois le recul que je prend d’habitude, et encore dix pas de plus. Je me suis reposé la question de savoir quelle était la mission de l’entreprise dans ce cas précis. Sa mission est-elle d’aider les familles démunies? Est-elle d’enquêter chez les gens pour savoir s’ils sont honnêtes ou non? Est-elle de promouvoir une politique sociale des services de première nécessité? Est-elle de tolérer que chacun interprète à sa guise les règles? Ou est-elle, simplement, comme je le rappelle plus haut, de gagner de l’argent en respectant les lois?

La presse a été unanime, surtout à bâbord, pour accuser la multinationale d’inhumanité. Mais est-on inhumain quand on joue en respectant les règles? Et si les règles sont inhumaines, à qui la fôte? Allons, j’attends une réponse!

Bref, je trouve cela particulièrement lâche, parce qu’une entreprise refuse de faire le « sale boulot » que l’état devrait faire, à savoir légiférer de façon responsable et claire sur l’accès à l’eau et l’éventuel maintien d’un service minimum pour des familles qui ne peuvent plus payer, qu’on se permette des lynchages médiatiques en règle. Je demande donc deux choses:

1°) Que le législateur prenne ses responsabilités afin que les entreprises ne soient pas perpétuellement mises devant des décisions impossibles et finalement « politiques » comme celle qu’a prise le responsable de secteur incriminé.

2°) Que la presse et les harangueurs politiques réalisent un jour qui est leur véritable adversaire: ceux qui votent des mauvaises règles, et non ceux qui les appliquent. On ne voit jamais l’extrême gauche manifester devant l’Assemblée Nationale, et c’est dommage qu’ils gâchent ainsi tous ces jours sans solde à hurler à la place devant des grilles de sites industriels déjà bien mal en point.

En conclusion, j’adresse tout mon soutien au salarié, martyre des lois injustes, et tout mon soutien à son chef, pour son attachement au respect de la règle.

Herve Legourvière (LerveLE)

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Convainquez-vous que le protectionnisme est n’est pas si méchant

Mes arguments pour un jour férié par semaine, au hasard: le dimanche. 

* Conception intéressante de Michel Rocard dans son livre de conversations Peut-on réformer la France?, « le capitalisme est le mariage entre la société anonyme et la machine à vapeur ». la société anonyme permettant à quelqu’un qui a un peu d’argent ou de bonnes idées, d’en gagner plus en ne prenant pas trop de risques, la machine à vapeur ajouter le côté « exponentiel ».

14 juin 2013

SUR LE PROTECTIONNISME – mise en perspective

Classé dans : économie — hervele @ 0 h 56 min

Vous êtes-vous déjà posé la question suivante:

« Aimeriez-vous vivre dans un pays qui n’a aucun contact avec l’extérieur, qui ne reçoit aucun touriste, aucune nouvelle, e-mail ou lettre, où la sortie des frontières est punie de mort, où les formes de protectionnisme les plus radicales sont imposées: pas d’importation, pas d’exportation ; aucun produit, qu’il soit alimentaire ou technologique n’arrive de l’étranger… ? »

Un tel pays serait sans doute invivable, direz-vous, son développement infiniment lent et ses citoyens dans un état de malheur et d’hébétude profonds!

Vous me voyez venir?

Non?

Et pourtant… Ce pays, vous y vivez, et vous ne vous en plaignez jamais! C’est tout simplement notre bonne vieille planète terre.

Un protectionnisme économique intelligent est-il donc si effrayant?

Un peu de recul et de mise en perspective fait parfois du bien.

  Herve Legourvière (HerveLE)

pourquoi il faut s’empresser de ne plus trier ses déchets

Classé dans : économie,pensées,res publica — hervele @ 0 h 48 min

Un coup de gueule pour un nouveau paradigme de l’écologie. Mais halte aux mots compliqués et allons droit au but: voici – assez brutalement – mon propos:

(DD=Développement Durable)

1°) Tout ce que vous faites individuellement en faveur du DD, est soit contre-productif, soit dérisoire, soit hypocrite.

2°) Ce n’est pas au citoyen ni aux entreprises d’agir volontairement en faveur du DD. 

3°) Il n’y aura jamais d’accord mondial à la fois sérieux et de bonne volonté sur le DD

4°) Il est aussi pertinent qu’il existe un parti écologiste que s’il existait un « parti sportif » ou un « parti des transports en commun ».

 

Je suis tombé sur plusieurs articles dans la presse anglo-saxonne (peu en France) qui expliquent le côté dérisoire de toute cette mayonnaise écologique, que si vous voulez participer au sauvetage de la planète il faut trier ses déchets, faire attention à l’impact carbone de la viande, prendre l’avion un minimum, faire du covoiturage… Mais pour un scientifique, toutes ces actions sont un peu comme si l’on demandait aux passagers du Titanic de faire pipi dans la mer pour faire fondre un peu l’iceberg qui arrive. L’impact observé de la somme de ces actions individuelles? Peut-être 5% du chemin à parcourir… La machine économique est une mécanique difficile à enrayer! En revanche, tenez-vous bien, la crise économique a eu un impact formidable sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Inespéré, du jamais vu! Comme quoi la « machine économique » n’est pas sans un certain cynisme!

 

Le côté profondément amoral de ces affichages soi-disant écologiques mérite de s’y arrêter: Un cas de sociologie (in Freakonomics) décrivait une école où les parents étaient toujours en retard pour chercher leurs enfants. Devant ces abus répétés de manque de respect, l’école a mis les parents à l’amende. Mais ceux-ci se sont dit que finalement l’amende était « libératoire » (comme disent les juristes) et moyennant le paiement ils pouvaient se « permettre » d’être en retard. Voyant l’effet contre-productif de la mesure l’école fit marche arrière… trop tard, car les parents avaient compris le message et sont restés à un niveau de retard supérieur à avant. Ils ont transformé un devoir moral (la mauvaise conscience) en un calcul coût/bénéfice. Pour moi, la situation est analogue: tout le monde pense « il est inutile de se préoccuper sérieusement de l’écologie, de vouloir sauver la planète car nous faisons déjà notre devoir citoyen en triant nos poubelles ». C’est ce que j’appelle de l’hypocrisie, et elle fait énormément de mal à l’écologie.
Même crime, même châtiment: le bio. De quoi s’agit-il? Le bio est avant tout un refus de polluer l’environnement. C’est une démarche issue des agriculteurs qui se sont rendus compte qu’ils faisaient vraiment beaucoup d’efforts et dépensaient beaucoup d’argent à essayer de limiter les dégâts causés par d’autres efforts et d’autres dépenses importantes… payer du désherbant, puis payer de l’engrais pour compenser l’absence de matière organique dans le sol par exemple! Donc faire moins d’efforts inutiles, arriver à une production moindre mais néanmoins satisfaisante, et ne pas avoir sur la conscience la pollution des nappes phréatiques et le meurtre des abeilles. Parallèlement, les vieux dictons populaires et l’éternelle nostalgie des anciens nous assuraient que les fruits actuels n’avaient plus aucun goût, qu’il fallait revenir aux anciennes pratiques, aux anciennes variétés. Stop, c’est là qu’est l’amalgame. Personne n’a jamais pu montrer que des produits bio avaient meilleur goût que les autres (voire même plutôt l’inverse puisque par définition les produits standards sont issus de sélections drastiques pour améliorer leurs propriétés). Niveau santé, il n’y a jamais eu un seul mort avéré à cause des produits chimiques présents sur les aliments. Il y a nécessairement moins de produits chimiques sur le bio, mais leur bénéfice potentiel est rattrapé par le taux supérieurs d’intoxications alimentaires, aussi je renvoie les deux dos à dos.
Le bio est le bio parce qu’il cultive des variétés rustiques, qui ont des goûts moins habituels, des aspects « maison », et qu’on se persuade que c’est meilleur au goût et pour la santé ce qui au passage peut marcher dans certains cas (un vin dans un verre à vin semble meilleur). Mais rappelons-le, le bio est avant tout un mode de culture qui préserve l’environnement, une façon de respecter les cycles et les équilibres naturels et de se « glisser » dedans, rien de plus (rien de plus de « prouvé »). Je suis un fervent partisan de ce bio-là, mais un adversaire de la « mode » bio qui ne parle que de santé.

J’estime qu’on fait semblant de faire porter au citoyen l’initiative de l’action écologique, alors que c’est à la puissance publique de la régir. En effet, l’économie ou le bénévolat seuls sont impuissants à gérer des biens universels et non chiffrables tels que la biodiversité, la qualité de l’air etc. Mais je ne dis pas que le citoyen a un rôle nul, au contraire: l’action la plus efficace est celle de voter, acte par lequel il mandate l’état à l’obliger* d’accomplir des actions écologiques fortes. Et à obliger*, par la même occasion, son voisin récalcitrant! Et tac! Voter, mais aussi parler, militer, faire des actions symboliques, mais pas se pénaliser soi-même.

(*ou inciter, cela est équivalent)

Mais mieux que d’obliger les gens à trier, pouvons-nous trouver plus intelligent? Des systèmes automatiques qui font les actions écologiques à notre place! Quoi? Vous me dites qu’elles existent déjà? Mais pourquoi ne sont-elles pas installées? Ah, elles coûteraient trop cher… Et voilà le vice: le bon citoyen, on lui demande de passer une partie de son temps à trier ses déchets. Le temps c’est de l’argent. Argent qui pourrait être dépensé à acheter ou développer des systèmes automatisés, mais non pourquoi s’embêter puisque l’état dispose de bénévoles pour faire le même travail!

 

Quel est le problème avec le volontariat écologique? J’ai l’impression que le tri sélectif a réparti les gens en deux groupes opposés: ceux qui faisaient un peu n’importe quoi, par manque de temps (= d’argent!) ou désinvolture VS ceux qui triaient bien et pestaient contre les premiers en mettant des petits mots sur la poubelle. On crée donc un double agacement parce que le local à poubelles est en pagaille, et parce – plus grave – on ressent une injustice, celle d’être la bonne poire face à ceux qui en profitent. L’espèce humaine est ainsi faite qu’il y aura toujours ces 10-20% de récalcitrants, peu importe le nombre d’heures d’écologie par semaine du primaire au baccalauréat.

 

Conclusion: en triant vos déchets

- Vous entravez la recherche, l’innovation, et le déploiement de technologies de pointe dans la filière tri

- Vous travaillez bénévolement pour des sociétés comme Sita, Veolia, qui sont très contentes de pouvoir revendre votre déchet trié (dont vous leur faites don au passage) à des prix plus attractifs en Chine grâce à vous.

- Vous vous faites le contribuable d’un impôt « moral » que l’Etat lève sur les personnes honnêtes uniquement.

- Vous vous donnez bonne conscience en vous évitant de regarder en face les vrais problèmes écologiques.

- Enfin, en vous trompant forcément de temps en temps de poubelle, vous énervez votre voisin du dessus qui est un extrémiste du tri.

Alors le tri, bonne ou mauvaise chose? C’est pareil pour le reste.

 

Bref, heureusement l’Etat a un peu avancé. Tarification des déchets au poids, réductions fiscales pour les installations moins gourmandes, etc. Tout ceci va dans le bon sens. Regardez: comment expliquez-vous qu’on parle depuis 30 ans de voitures électriques (le transport compte pour 40% dans le changement climatique!), et que les modèles sont sur le marché, mais on ne voit toujours rien arriver? C’est que l’état a fait stupidement confiance à l’honnête citoyen pour qu’il s’auto-pénalise et achète une voiture 30% plus cher, sauf que là c’était un peu gros. On attend encore aujourd’hui une vraie incitation, une vraie législation pour encourager tout ceci, comme pour le photovoltaïque ou l’isolement des habitations.

 

Dans la même logique, je considère que ce qu’on ne peut pas demander aux citoyens, on ne peut pas le demander aux entreprises. Toute entreprise a un et un seul objectif: gagner de l’argent en respectant les lois. La notion de « responsabilité sociale et environnementale » des entreprises est totalement abusive. Cela revient à admettre, de la part de l’Etat, une incapacité à promulguer des lois suffisamment écologiques ou sociales, et à demander aux entreprises de pallier volontairement cette incompétence. La bonne volonté des entreprises a des limites et elles biaisent en créant des « chartes » internes qu’elles s’empresseront de ne plus respecter en cas de souci. Est-ce vraiment sérieux?

 

La situation des pays entre eux est, à mon sens, exactement assimilable à celle de locataires d’un même immeuble. S’il n’y a pas une loi extérieure qui vient les contraindre, ils n’arriveront pas à trouver une solution qui satisfasse l’intérêt individualiste de chacun. La multiplication ces dernières années de conventions du développement durable est un véritable gâchis, en marge duquel les médias officiels cachent avec peine les échecs fracassants et les accords qui n’engagent personne à rien. Cette loi extérieure ne peut pas exister à moins d’une domination forte d’un pays sur les autres… A moins que les pays n’acceptent de se soumettre peut-être …au jugement impartial d’une machine, qui sait? La Terre, système fermé, fait que les actions de l’un pénalisent tous les autres ; notre seul espoir est de trouver des actions simples qui dé-pénalisent les autres: c’est ce que propose l’ingénierie climatique, dont je suis un fervent défenseur. Le Titanic fonçant vers l’iceberg, pourquoi ne pas tenter de mettre un peu de nitroglycérine dans le moteur et faire machine-arrière-toute!

 

J’en viens au dernier point, de l’absurdité d’un parti purement écologiste. L’écologie n’a pas de couleur, n’a pas d’appartenance politique. L’écologie devrait transcender les partis et être une composante de n’importe quel programme politique. Inversement vouloir protéger notre monde et lui assurer une pérennité n’engage en rien sur les autres thèmes politiques, a priori. L’écologie me semblerait toutefois être proche de la droite actuelle (non de la droite historiquement libérale) qui s’affirme de plus en plus comme protectrice et conservatrice des modèles naturels (frontières, famille, bien commun etc.). Placer l’écologie à gauche de la gauche est en fait incongru et implique d’avoir des idées sur l’homme en contradiction avec celles qu’on a sur la nature, c’est-à-dire exclure l’Homme de la sphère naturelle. C’est ce qui explique peut-être que les partis écologistes soient soumis à de violents clivages internes, ce n’est pas si étonnant. Au reste, comment peut-on rejeter en bloc le progrès scientifique dès il s’applique à la nature (OGM, Nucléaire, ingénierie climatique, etc.), et lui faire confiance aveuglément quand il s’applique à l’Homme (FIV, recherche sur l’embryon, etc.) ?

 

Si vous être arrivé jusque-là, chapeau, et merci par avance de vos réactions.

Hervé Legourvière (HerveLE)

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