22 juin 2013

Parité et Egalité, les frères ennemis

Classé dans : homme & femme,Valeurs — hervele @ 1 h 16 min

Parmi les figures de style inculquées en cours de français, il en est une dont je me souviens bien, c’est l’oxymore. Mais les exemples illustres servis par Victor Hugo ou Corneille  – cette obscure clarté… – sont aujourd’hui largement surclassés par l’imagination de nos politiciens, dans le terme de « discrimination positive ».

« Discrimination positive ». Prenez une seconde pour méditer le choc des deux mots…

Cet étrange principe vise à favoriser telle ou telle catégorie de personne pour corriger une inégalité de fait. Très à la mode chez certains de nos voisins (Nordiques, USA, etc.) , il connaît de plus en plus de détracteurs, tant sur ses résultats que sur son principe. Mais notre pays est champion pour redécouvrir les idées des voisins après qu’elle se sont avérées mauvaises. On parle bien de la même chose lorsqu’on fait de la parité des sexes, c’est à dire demander par exemple qu’il y ait 40% de femmes dans les conseils d’administration.

Or les juristes qui se sont penchés sur le mariage pour tous l’ont répété: deux situations différentes doivent être traitées différemment en droit et l’égalité s’entend entre situations comparables. Bref, imaginez une seconde des manifestations de célibataires sans enfants réclamant, au nom de « l’égalité » d’avoir droit aux allocations familiales! Tous les médias s’exclameraient « Mais c’est absurde! Ils n’ont rien compris! ».

L’égalité étant bien le principe selon lequel l’État doit s’efforcer de garantir le même traitement à deux situations de même nature, la question est alors de savoir si un homme et une femme sont nécessairement de même nature ou pas? De deux choses l’une,

- soit ils sont de même nature, comparables en tous points à quelques différences anatomiques près, alors l’État garantit le même traitement et la même législation et il est insupportable que des textes de loi s’appliquent différemment à des hommes et à des femmes. Cela tue dans l’œuf toute politique de parité, et à fortiori celles qu’on rencontre actuellement à savoir une version asymétrique: la loi pénalise les organisations où les hommes sont majoritaires, mais pas celles où ce sont les femmes! Insupportable asymétrie – qui est au passage dénoncée par certaines féministes de bon sens en ce qu’elles assimilent la femme à un être inférieur! L’hypothèse « de même nature » mène à des positions intenables et on ne construit jamais des urinoirs dans les toilettes dames.

- soit on déclare qu’une politique de parité homme-femme est légitime et bonne, à ce moment on est OBLIGE d’entériner le fait que hommes et femmes n’ont pas la même nature. C’est d’ailleurs le bon sens. Un texte de loi qui attribue un congé allaitement à un homme serait écrit par des idiots.

Il existe pourtant des domaines où le législateur comprend très bien ce genre de différences. Dans les jeux paralympiques, les sourds n’ont jamais le droit de concourir aux mêmes épreuves que les invalides. On a créé des catégories pour compenser les différents niveaux de handicap (c’est l’équivalent des quotas). On valide donc implicitement le fait que chaque type de handicap est de « nature » différente. Car si tel n’était pas le cas, on n’aurait qu’à faire concourir tout le monde en même temps, et les sourds gagneraient toujours car leur handicap est minime pour la plupart des épreuves sportives. (C’est un raisonnement, loin de moi l’idée de dire que l’un ou l’autre des sexes serait « handicapé »)

En fait, vouloir à la fois traiter les deux sexes comme une seule réalité indifférenciée, et faire bénéficier les femmes d’une politique de quotas en leur faveur, c’est vouloir le beurre et l’argent du beurre. Et c’est aussi être contre-productif, en créant un sentiment d’injustice et au bout du compte un clivage entre les deux groupes qu’on cherche justement à « réconcilier ». Ainsi vouloir égaliser à tout prix les salaires moyens des femmes alors même qu’il est prouvé qu’elles ne travaillent pas (et ne souhaitent pas travailler) autant d’heures par semaine que les hommes en moyenne, n’est-ce pas déjà créer une inégalité supérieure à celle qu’on veut gommer?

Au demeurant, voir les mêmes qui distillent l’idéologie du genre réclamer des quotas paritaires m’amuse beaucoup, car ils admettent par là même qu’il y a bien une différence de nature irréductible entre les sexes… quel journaliste honnête (encore une figure de style?) osera les mettre devant leurs contradictions?

Herve Legourvière (LerveLE)

Laisser un commentaire

Cocoa5badge |
Gouvirdc |
Thibaultvillalta |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Honfleur2014
| Dans les coulisses de Bruxe...
| iya wis ola papa