15 juin 2013

A quoi sert une entreprise?

Classé dans : actualité,économie,Valeurs — hervele @ 1 h 09 min

La question est idiote, finalement à quoi servent les entreprises? Quel est leur but?

Faire de la politique? Assurer le bien des travailleurs? Protéger l’environnement?

Rien de tout cela en fait. Un chef d’entreprise est avant tout une personne comme vous ou moi, qui aimerait devenir riche et ne pas aller en prison. C’est pour cela qu’une entreprise (humaine) ne sert qu’à une chose et une seule: gagner de l’argent* en respectant les lois. Tout le reste n’est que de la « comm ».

Et pour illustrer tout ceci et les erreurs de jugement qui peuvent en découler, je voudrais parler d’une affaire récente, l’affaire du salarié de Veolia licencié pour avoir refusé de couper l’eau.

LES FAITS – un salarié du réseau d’eau qui, depuis plusieurs années fait sa popote dans son coin et va négocier avec les familles qui ne peuvent plus payer pour ne pas devoir leur couper l’eau. Un jour son chef en a assez, il le prend « la main dans le sac » et l’oblige à couper l’alimentation d’une famille. Refus. Licenciement. C’est dur, mais Véolia est dans son droit le plus total, il est très probable que les prudhommes donnent raison à la multinationale. Si rien n’est précisé dans le contrat de délégation, alors elle peut couper l’eau dans les conditions prévues par la loi.

Ma première réaction a été, comme vous j’espère, une sorte d’indignation devant l’horreur de ces méchantes multinationales.

Ensuite je me suis dit: mais au fait, comment le type est-il certain que les dites familles sont vraiment dans le besoin, qu’elles ont vraiment déjà rogné sur toutes les autres dépenses et que ce ne sont pas des escrocs? Mais passons…

Ensuite je me suis demandé: peut-on vraiment mourir de soif en France en 2013? Probablement pas, encore que, dans certaines campagnes isolées…

Enfin j’ai pris un bon recul, disons 5 ou 6 fois le recul que je prend d’habitude, et encore dix pas de plus. Je me suis reposé la question de savoir quelle était la mission de l’entreprise dans ce cas précis. Sa mission est-elle d’aider les familles démunies? Est-elle d’enquêter chez les gens pour savoir s’ils sont honnêtes ou non? Est-elle de promouvoir une politique sociale des services de première nécessité? Est-elle de tolérer que chacun interprète à sa guise les règles? Ou est-elle, simplement, comme je le rappelle plus haut, de gagner de l’argent en respectant les lois?

La presse a été unanime, surtout à bâbord, pour accuser la multinationale d’inhumanité. Mais est-on inhumain quand on joue en respectant les règles? Et si les règles sont inhumaines, à qui la fôte? Allons, j’attends une réponse!

Bref, je trouve cela particulièrement lâche, parce qu’une entreprise refuse de faire le « sale boulot » que l’état devrait faire, à savoir légiférer de façon responsable et claire sur l’accès à l’eau et l’éventuel maintien d’un service minimum pour des familles qui ne peuvent plus payer, qu’on se permette des lynchages médiatiques en règle. Je demande donc deux choses:

1°) Que le législateur prenne ses responsabilités afin que les entreprises ne soient pas perpétuellement mises devant des décisions impossibles et finalement « politiques » comme celle qu’a prise le responsable de secteur incriminé.

2°) Que la presse et les harangueurs politiques réalisent un jour qui est leur véritable adversaire: ceux qui votent des mauvaises règles, et non ceux qui les appliquent. On ne voit jamais l’extrême gauche manifester devant l’Assemblée Nationale, et c’est dommage qu’ils gâchent ainsi tous ces jours sans solde à hurler à la place devant des grilles de sites industriels déjà bien mal en point.

En conclusion, j’adresse tout mon soutien au salarié, martyre des lois injustes, et tout mon soutien à son chef, pour son attachement au respect de la règle.

Herve Legourvière (LerveLE)

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* Conception intéressante de Michel Rocard dans son livre de conversations Peut-on réformer la France?, « le capitalisme est le mariage entre la société anonyme et la machine à vapeur ». la société anonyme permettant à quelqu’un qui a un peu d’argent ou de bonnes idées, d’en gagner plus en ne prenant pas trop de risques, la machine à vapeur ajouter le côté « exponentiel ».

3 réponses à “A quoi sert une entreprise?”

  1. hervele dit :

    Je rajouterai que des « cas de conscience » similaires se posent aux entreprises, à leurs RH, dès qu’il s’agit de traiter les cas des salariés avec des situations familiales non traditionnelles: PACS, concubinages, homoparentalité, (maintenant GPA etc.) comment tout ceci rentre ou ne rentre pas dans les cases prédéfinies des CE (naissance d’un enfant, mutation du conjoint, etc.)

    On m’avait parlé du cas d’un salarié qui s’est pacsé et dépacsé (c’est très simple, un petit email et hop) trois fois dans l’année et a réclamé trois primes de pacs et 3X 3 jours de congé de plus… ca a du faire tiquer la RH!
    Bref, tout ceci finit souvent aux prudhommes pour discriminations en tout genre et c’est bien dommage.

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  2. Sub dit :

    Très mauvaise compréhension de l’entreprise. Gagner de l’argent, devenir riche comme c’est réducteur et magique… Soyons sérieux. Une entreprise, c’est fournir un service, des efforts ou un produit intéressant en échange d’être payé pour cela, sans quoi ce ne serait pas possible et le produit n’existerait pas. Résultat, on est tous des entreprises. La seule différence est le niveau de paperasserie exigé. Bien sûr, toutes ces différences sont artificielles alors arrêtons les clichés.

  3. hervele dit :

    Merci pour votre contribution. Ce que je dis est que tous les bienfaits de l’entreprise, dont vous parlez (les beaux projets, la responsabilité sociale, etc…), ne sont que des effets collatéraux positifs d’un seul grand principe: c’est que l’homme est « égoiste » et l’entreprise lui permet d’assouvir sa grande passion, gagner de l’argent, en la transformant en bienfaits pour la société, et de façon encadrée. C’est à l’état, et à lui exclusivement, de fournir les règles pour que cette transformation soit optimale.

    Et oui, on peut me répondre qu’il y a des cas particuliers: le bénévolat, l’humanitaire, l’entreprise sociale, etc… mais qui resteront toujours des cas particuliers.

    Le pouvoir en place, hélas, n’a pas compris cela et considère l’entreprise comme son « ennemie ». c’est dommage.

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