HOMME vs FEMMES, il serait temps de déclarer match nul
ERREUR 404: le débat n’est surement pas de savoir en faveur de quel sexe il faut se placer, comme si l’on était dans une arène et qu’il ne pouvait y avoir qu’un vainqueur ! (voir à ce sujet la pièce d’Aristophane L’Assemblée des femmes). Pourtant c’est ce que veulent certains mouvements féministes. Le débat consiste plutôt à faire la part des choses entre deux notions aussi radicalement éloignées l’une de l’autre que ne l’est un homme du lit d’une femme lorsqu’il lui dit « on baise? »:
Bref, je parle de la similitude, d’une part, et de la complémentarité d’autre part.
La similitude est ce qui caractérise, par exemple, deux hommes ou deux femmes. Prônez la similitude entre hommes et femmes et, d’une part, vous ne l’atteindrez jamais à moins d’user de méthodes dictatoriales, d’autre part ce que vous n’aurez pas gommé deviendra parfaitement intolérable. Comme le démontrait Tocqueville ici, plus l’égalité progresse objectivement dans une société et plus l’inégalité résiduelle est ressentie comme insupportable. Pire que loi des rendements décroissants.
On se demande aujourd’hui pourquoi Mathurin et Margot, braves paysans du Moyen-âge, acceptaient si bien leur sort face à l’aristocratie. La réponse est simple : ils étaient persuadés d’être différents, voire inférieurs. Bien heureusement les lumières nous ont révélé que les hommes ont la même dignité et les mêmes droits quelle que soit leur naissance. Mais pas égaux tout court, attention. Et s’il est une différence de taille et impossible à réduire, c’est bien celle du sexe. C’est d’ailleurs la première information dont deux personnes s’enquièrent lorsqu’elles se rencontrent, très loin devant l’âge ou les études. Or beaucoup plus qu’une différence, c’est une vraie complémentarité. Alors que nos braves paysans auraient pu se débrouiller sans l’aristocratie ou le clergé, Margot ne peut se passer de Mathurin, Mathurin ne peut vivre heureux sans Margot. (Je précise qu’ils sont hétérosexuels)
De même que si je veux repeindre un pan de mon mur blanc je n’arriverai jamais à atteindre exactement la même teinte, et chaque tentative ne fera que faire jurer une peu plus les deux couleurs, aussi j’ai tout intérêt à repeindre cette partie du mur avec une couleur « complémentaire » ou « assortie », qui empêchera toute comparaison et créera une harmonie naturelle. Mais non, nos politiques, à défaut de trouver une teinte assortie veulent tout repeindre avec la nouvelle teinte et effacer l’autre, ils veulent tout mettre au ton du féminisme et en finir avec le vieux mâle (lire à ce sujet l’excellente analyse d’Eric Zemmour dans ce livre).
Ainsi, la complémentarité implique par nature l’égalité parfaite. Il n’y a plus de comparaison, plus matière à revendication. La femme porte la vie, elle a besoin de protection. L’homme lui apporte ce qu’elle n’a pas et réciproquement. Si je ne peux vivre sans toi, et toi sans mois, alors nous sommes absolument égaux.
La quête de l’égalité est, en réalité, une des pires idées fixes de la gauche. Elle ne sévit pas que dans le domaine de la représentation des sexes, loin de là.
La quête de l’égalité sans limite est une sorte de gros éléphant lancé à pleine vitesse et qui va balayer sur son passage la fragile porcelaine de la liberté individuelle, la fine faïence du bien commun, en ne laissant derrière lui que les débris du communautarisme et la division du pays…
Herve Legourvière (HerveLE)